La ville de Carthage a été fondée
par des Phéniciens près de l'actuelle Tunis. Devenue prospère grâce au commerce
méditerranéen, elle entre très vite en conflit avec Rome. La cité latine sortira
vainqueur de trois guerres à mort contre sa rivale maritime. Ce sera le début de la
vocation impériale de Rome.
Origines de Carthage
Les guerres puniques
|
|
Les habitants de
l'antique cité de Carthage sont originaires du pays de Canaan,
c'est-à-dire du Proche-Orient actuel (Liban, Israël et Palestine).
Egalement appelés Phéniciens, les Cananéens étaient d'habiles navigateurs et des
commerçants hors pair. Ils étaient connus des Egyptiens contemporains de Ramsès II sous
le nom de Peuples de la Mer. Ils furent à l'origine de notre alphabet phonétique.
Les cités phéniciennes comme Sidon ou Tyr créèrent des colonies tout autour de la mer
Méditerranée, autour de anses rocheuses propices à l'amarrage des navires et appelées cothons.
Gadès et Utique furent fondées par les Phéniciens dans l'actuelle Tunisie entre le XIIe
et le Xe siècles.
Carthage (ou Qart hadasht, la Ville neuve) fut fondée plus tard, en 663 avant
JC, par des marins de Tyr, sur une presqu’île entourée de lagunes, au nord de
l'actuelle Tunis. Au sommet de sa gloire, la cité comptera 700.000 habitants si l'on en
croit Strabon, un historien romain du IIe siècle avant JC.
Carthage a un gouvernement de forme républicaine. Le Sénat, qui regroupe les hommes
libres, élit chaque année deux Rois ou suffètes. Les Rois sont assistés par
un Conseil des Anciens, recruté parmi les sénateurs. Ils sont choisis au début dans la
famille des Magonides puis dans celle des Hannonides.
Dans les faits, le gouvernement est accaparé par les principales familles de marchands.
C'est une oligarchie comme plus tard Venise ou Florence.
L’agriculture savante, l’arboriculture et la céramique sont les principales
ressources de Carthage, sans oublier surtout le commerce... «Les Puniques
inventèrent le commerce» écrit l'historien romain Pline l’Ancien.
Comme Tyr, Carthage fait le négoce des métaux (argent, étain) avec Gadès ou Cadix, en
Espagne, et avec les îles Cassitérides de l'Atlantique.
L'Histoire garde le souvenir du prodigieux voyage du suffète Hannon, qui longea les
côtes africaines avec une flotte de nombreux navires et un total de 30.000 hommes (!). Il
atteignit le golfe de Guinée avant de regagner la mère patrie.
Les Carthaginois adorent Tanit et surtout Ba’al Hammon. A ce dieu, selon une coutume
originaire de Tyr, ils offrent en sacrifice des enfants au cours d'une cérémonie
appelée «molek» (ou Moloch). Les malheureux sont jetés dans une fournaise et
leurs cendres sont conservées dans un endroit appelé «tophet». Les
archéologues en ont retrouvé les traces sur le site de Carthage.
Bibliographie
Carthage, méconnue, fait l'objet d'un petit ouvrage très complet de François Decret: «Carthage
ou l'empire de la mer» (Seuil, Points Histoire).
Il vaut la peine de lire ou relire aussi «Salammbô». Gustave Flaubert raconte
dans ce roman épique la guerre des mercenaires, qui mit en péril la grande cité après
la première guerre punique.
|
|