La guerre des mercenaires a été relatée par Flaubert dans son magnifique roman, Salammbô.
Rappelons les première et dernière phrases:
"C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar. (...)
Ainsi mourut la fille d'Hamilcar pour avoir touché au manteau de Tanit".
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Rome sort
victorieuse de cette première guerre en 241 avant JC. Mais la ville est à bout de
souffle. Carthage lui verse une robuste indemnité et lui cède la Sicile. L'île devient
la première province de ce qui deviendra l'empire romain.
A peine la guerre finie, Hamilcar doit rentrer précipitamment à Carthage pour combattre
un soulèvement des mercenaires. Ceux-ci sont conduits par le campanien Spendios et le
libyen Matho. Cette «guerre inexpiable» durera plus de 3 ans. Elle se terminera
par l'extermination de 40.000 mercenaires dans le défilé de la Hache, au sud de
Carthage.
Fin de l'acte 1.
Deuxième guerre punique
(219 à 202 avant
JC)
Rome profite de la guerre des mercenaires pour annexer la Sardaigne et la Corse. Elle
devient une grande puissance maritime.
De son côté, Hamilcar, après l'écrasement des mercenaires, reconstitue les forces de
Carthage et entreprend la conquête de l'Espagne. Les Carthaginois y fondent plusieurs
colonies parmi lesquelles... Carthagène (ou Carthago nova, la nouvelle
Carthage).
En 219 avant JC, le fils d’Hamilcar, Hannibal (27 ans), devient général en chef des
troupes carthaginoises. Il attaque Sagonte, une ville espagnole alliée de Rome. Il offre
ce faisant un prétexte fallacieux aux Romains pour reprendre la guerre.
Hannibal entreprend une longue marche à travers la Gaule en vue de punir Rome.
Bénéficiant de la neutralité bienveillante des tribus gauloises, il atteint le Rhône
mais il doit ensuite s'éloigner de la côte pour éviter Marseille, fidèle aux Latins.
Il franchit audacieusement les Alpes en 218 avec ses éléphants, 50.000 fantassins et
9.000 cavaliers. Il recrute des Gaulois et soulève l’Italie. Il perd un œil
dans la difficile traversée des marais du Pô.
Le génial stratège bat successivement les armées romaines sur le Tessin et la Trébie,
deux affluents du Pô.
Le 21 juin de l'an 217 avant JC, le consul romain Flaminius tombe dans
un piège que lui a tendu Hannibal, sur les bords du lac Trasimène, en Étrurie (Italie
centrale). Les Romains perdent 15.000 légionnaires et laissent autant de prisonniers.
Pour Rome, le pire est à venir. Le dictateur Fabius Cunctator, surnommé le Temporisateur,
préconise la tactique de l’usure mais les consuls Varron et Paul Emile préfèrent
engager le combat et subissent une écrasante défaite à Cannes, en
Apulie, le 2 août de l'année suivante. Plus de 60.000 légionnaires sont mis hors de
combat sur un total de 86.000. On compte en sus 10.000 prisonniers.
Rome, provisoirement sauvée, revient à la tactique de la temporisation tandis
qu'Hannibal prend ses quartiers d'hiver à Capoue (on lui reprochera non sans abus d'avoir
cédé aux délices de Capoue).
Les délices de Capoue
L'historien
Tite-Live prête cette admonestation en latin à Maharbal,
l'un des chefs carthaginois:
«Non omnia Hannibali dei dederunt: vincere scis, Hannibal; victoriae fructum capere
nescis [ou victoria uti nescis]. Cur quiescis? Cur Romam non petis?»
«Les dieux n'avaient pas tout donné à Hannibal : tu sais vaincre, Hannibal, mais tu ne
sais pas tirer profit de la victoire. Pourquoi te reposes-tu? Pourquoi ne cherches-tu pas
à atteindre Rome?»
L'admonestation, sans doute apocryphe, est injuste. Sans doute Hannibal n'avait-il pas en effet des forces suffisantes pour poursuivre son offensive et assiéger Rome après sa victoire de Cannes.
Hannibal attend en
vain à Capoue des renforts d'Afrique. Les sénateurs de Carthage rechignent à lui en
envoyer, craignant que sa gloire ne leur porte ombrage.
En désespoir de cause, le jeune généralissime tente de retourner les alliés de Rome en
sa faveur. Mais son propre allié, Philippe de Macédoine, lui fait faux bond.
Il lance en 211 un ultime raid sur Rome. Affolement dans la Ville: «Hannibal ad
portas est» (Hannibal est à nos portes). On s'empresse de reconstruire les
murailles dans la crainte de l'assaut. Mais les Carthaginois sont épuisés et manquent de
machines de siège.
Profitant de l'inaction forcée d'Hannibal, le consul romain Claudius Marcellus assiège Syracuse, en Sicile. La ville résiste pendant trois ans grâce aux
machines conçues par le plus génial de ses habitants, le savant Archimède en personne. Celui-ci trouve la mort pendant la mise
à sac de la ville par les Romains en 212.
Au sud des Pyrénées, le jeune Publius Cornélius Scipion (24 ans) s'empare de
Carthagène et l'Espagne est bientôt transformée en province romaine. Bousculé par
Scipion, le frère d’Hannibal, Hasdrubal, trouve moyen de se porter en Italie, au
secours de son frère, mais il est battu à l'embouchure du Métaure, sur la mer
Adriatique, en 207.
Scipion, devenu consul, obtient du sénat romain l'autorisation de porter la guerre en
Afrique, aux portes de Carthage. Il y gagnera le surnom «L'Africain». Hannibal
quitte l'Italie à sa poursuite et le rejoint sur le sol africain.
La défaite du Carthaginois est consommée à l'automne 202 sous les murs de Zama, la capitale du royaume numide voisin de Carthage. L'armée
d'Hannibal est battue par les Romains alliés aux cavaliers numides du roi Massinissa.
Reprenant en main le gouvernement de Carthage, Hannibal tente de réformer au plus vite
les institutions et de préparer la revanche. Mais l'oligarchie carthaginoise, jalouse de
ses privilèges, l’oblige à l'exil.
Le génial stratège se réfugie d'abord chez Antiochos, roi de Syrie, qu'il aide contre
Rome, puis chez Prusias, roi de Bithynie. Trahi, il s'empoisonne en 183 pour échapper une
dernière fois aux Romains.
Fin de l'acte 2.
Troisième guerre punique
(149 à 146 avant
JC)
Réduite à l'impuissance, humiliée et abaissée, Carthage voit son territoire sans
cesse grignoté par le vieux roi numide Massinissa, le vainqueur de Zama. Elle tente de
riposter en 150.
Les Romains, sermonnés par le sénateur Caton l'Ancien qui
ne finit pas un discours sans lancer : «Delenda Carthago» (Il faut détruire
Carthage), prennent ce prétexte pour intervenir.
C'est le coup de grâce. L'orgueilleuse cité est rasée en 146 après un siège de 3 ans
par Scipion Emilien (fils adoptif d'un fils de Scipion l'Africain). Jules César
reconstruira plus tard une ville romaine sur son emplacement.
Les possessions africaines de Carthage deviennent la province romaine d'Afrique
(le nom s'étendra plus tard à l'ensemble du continent noir). On peut encore visiter des
ruines puniques et surtout romaines sur le site de Carthage, dans la banlieue nord de
Tunis.
Désormais et pour longtemps, rien ne résiste plus à Rome. Cette cité italienne parmi
d'autres est devenue à la faveur des guerres puniques un empire à vocation universelle.
L'année même où Carthage est rasée, les Romains s'emparent de Corinthe et transforment
la Grèce prestigieuse en province ordinaire.
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