Le Japon se
replie sur lui-même
Le 22 juin 1636, interdiction est faite aux Japonais de
quitter leurs îles et de construire des bateaux. Avec cette décision du pouvoir central,
le Japon se replie sur lui-même pour plus de deux cents ans.
Au siècle précédent, les commerçants européens avaient pu pénétrer au Japon, cet
empire mythique du bout du monde que Marco Polo appelait Cipango et que
Christophe Colomb rêvait d'atteindre avec ses caravelles.
Les Portugais puis leurs rivaux Hollandais avaient introduit dans l'archipel les
techniques et les idées de la Renaissance
occidentale.
Les Japonais, qui vivaient sous un régime féodal analogue au Moyen Âge européen,
avaient adopté ces nouveautés avec
empressement. Beaucoup s'étaient aussi convertis au catholicisme sous l'impulsion de
saint François Xavier et des Jésuites.
Mais au début du XVIIe siècle, les seigneurs plus ou moins indépendants de l'archipel
durent se soumettre à Tokugawa Ieyasu.
Celui-ci prit
le titre de «shogun» (abrégé de général en chef contre les Barbares) avec
des fonctions analogues à celles d'un maire du palais.
L'empereur traditionnel du Japon ne conserva plus qu'une autorité très symbolique et
d'ordre spirituel.
Craignant que les Européens ne tentent un débarquement armé ou ne suscitent quelque
rébellion, les Tokugawa prirent la décision de fermer leur pays de la façon la plus
radicale qui soit.
Tandis que le shogun Tokugawa Iemitsu interdisait tout déplacement à
l'étranger, une révolte éclata chez les catholiques de la région de Nagasaki.
Le shogun réussit à la mater avec l'aide des Hollandais. Pour finir, il expulsa
tous les Européens, ne tolérant que quelques
Hollandais dans les ports.
Le shogunat allait durer jusqu'à son renversement en 1867 par l'empereur Meiji,
désireux de réouvrir enfin son pays à la
modernité.