Le 9 juillet
1816, la bourgeoisie créole de Buenos Aires proclame officiellement l'indépendance de
l'ancienne vice-royauté espagnole du Rio de la Plata sous le nom de «Provinces unies
de la Plata».
C'est l'aboutissement de six années de revendications et
de luttes contre la métropole madrilène.
La proclamation fait suite au congrès de Tucuman, qui a permis quatre mois plus tôt aux
différentes factions créoles de se mettre d'accord sur l'avenir de leur territoire, les
uns tenant pour un gouvernement centralisé, les autres pour une fédération.
Le nouvel Etat réunit un immense territoire à peu près vide, entre les Andes et
l'océan Atlantique.
Le mérite de sa création revient pour l'essentiel au général José de San Martin y
Matorras, un Argentin fin stratège qui a permis à la petite armée des insurgés de
chasser l'armée espagnole au terme d'une guerre sanglante.
San Martin ne s'attarde pas à Buenos Aires. Il traverse les Andes avec quatre mille
hommes et va libérer le Pérou et le Chili.
A l'est, cependant, les dissensions se multiplient. L'Etat jésuite du Paraguay, que les
Espagnols avaient rattaché à la vice-royauté du Rio de la Plata, devient très vite
indépendant. Au terme d'une guerre contre le Brésil, c'est bientôt le tour de
l'Uruguay.