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Assassinat
du duc de Berry
Le soir du 13 février 1820, rue de Richelieu, à
Paris, un spectateur s'écroule sur les marches de l'Opéra.
Le duc de Berry vient d'être frappé d'un coup de couteau à la poitrine par un
ouvrier cordonnier, Louis Louvel. Il a la force d'arracher lui-même
la lame mais tombe aussitôt en syncope et meurt peu après.
La victime est le neveu du vieux roi Louis XVIII et le
fils du comte d'Artois, le futur Charles X. C'est la seule personne susceptible de donner
un héritier à la famille royale.
L'assassin est un républicain fanatique qui a voulu éteindre par son geste la dynastie
des Bourbons.
Son crime suscite dans le camp royaliste une émotion immense que n'apaisera pas son
exécution.
Les ultra-royalistes dénoncent les idées libérales et la Charte constitutionnelle. Ils
donnent libre cours à leur colère et s'en prennent au président du Conseil, Decazes,
qu'ils accusent de laxisme.
Le vicomte de Chateaubriand, écrivain célèbre, n'hésite pas à écrire: «Le pied
lui a glissé dans le sang».
Le 20 février, le duc Elie Decazes remet sa démission au roi, au grand regret de
celui-ci.
Il est remplacé par le comte Jean-Baptiste de Villèle, ancien maire de Toulouse et
représentant des ultras. C'en est fini des tentatives de conciliation entre la monarchie
constitutionnelle et la gauche libérale.
La censure est rétablie et la loi électorale réformée au profit de la bourgeoisie
conservatrice. L'opposition libérale ne trouve plus à s'exprimer que dans les conspirations secrètes comme la Charbonnerie.
L'enfant du miracle
Pourtant, très bientôt, l'espoir renaît chez les Bourbons. On apprend en effet que
l'épouse du duc de Berry est enceinte!
Le 29 septembre 1820, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile donne le jour à un fils posthume,
Henri, duc de Bordeaux.
Les poètes Alphonse de Lamartine et Victor Hugo joignent leur jeune talent aux
réjouissances qui accompagnent la naissance de cet «enfant du miracle».
Une souscription publique est organisée pour lui offrir le domaine de Chambord. D'où le
titre de comte de Chambord qui sera désormais le sien.
Après la révolution des Trois Glorieuses (27-28-29 juillet 1830), qui chasse Charles X
et porte sur le trône son cousin Louis-Philippe d'Orléans, l'enfant, âgé de dix ans,
doit suivre son grand-père dans l'exil.
Marie-Caroline de Bourbon, fille du roi des Deux-Siciles, a 18 ans
quand elle épouse le duc de Berry, en 1816.
Vouée à l'exil avec son fils, le comte de Chambord,
cette femme de tempérament tente en 1832 de soulever la Vendée contre
Louis-Philippe 1er.
Elle est emprisonnée à Blaye où elle accouche d'une
fillette qu'elle reconnaît avoir eu d'un amant italien devenu secrètement son mari, le
comte Hector Lucchesi-Palli.
Devenue la risée des légitimistes, elle finira sa
vie en Italie en 1870, riche d'une nombreuse descendance.
Élevé dans la haine de la Révolution et l'ignorance de la France, il ne saura pas
saisir l'occasion qui lui sera offerte de monter sur le
trône en 1871, après la chute de Napoléon III.
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