Premières
victimes de la guerre à Joncherey
Avec l'amicale collaboration de Jacques Bauer
L'Europe est engagée dans une folle course à la guerre suite à l'attentat de Sarajevo.
Le dimanche 2 août 1914, bien que la France et l'Allemagne soit déjà mobilisées, tout espoir n'est pas perdu d'un
arrangement de dernière minute.
Pour éviter tout incident, les troupes françaises ont reçu l'ordre de s'éloigner de la
frontière allemande d'une dizaine de kilomètres.
C'est ainsi que le 44ème RI se replie jusqu'à Joncherey, sur le territoire de Belfort.
Un poste de surveillance, en direction de Faverois, est confié à l'escouade du caporal
Peugeot.
Vers 10 heures un cri retentit: “Voilà les Prussiens ! ”. Le caporal
Peugeot saisit son arme et s'élance vers la route: effectivement, un officier allemand à
cheval vient de culbuter la sentinelle.
“Halte-là ! ” Trois coups de revolver répondent aux sommations du
caporal qui fait feu à son tour. Les deux hommes sont mortellement blessés. Ce sont les
premières victimes d'un conflit qui fera huit millions de morts.
Le caporal Jules André Peugeot (19 ans) est un instituteur originaire d'Etupes. Le
lieutenant Camille Mayer (20 ans) est originaire de Illfurth, au sud de Mulhouse (sa
province natale, l'Alsace, est une terre de l'empire allemand depuis la guerre
franco-prussienne de 1870).
Un monument, élevé en 1922 à Joncherey, a été détruit en juillet 1940 par les
troupes allemandes, puis reconstruit en 1959.