Premiers omnibus à Nantes

Le 10 août 1826, Stanislas Baudry ouvre à Nantes la première ligne de transports en commun du monde.

La première ligne de la compagnie relie les quartiers de Richebourg et Salorges. Elle est couverte par deux voitures à chevaux d'une capacité de 16 personnes chacune.

 Omnibus parisien en 1855 (caricature), collection RATP/CNAM

Pascal déjà

L'idée de liaisons urbaines régulières remonte au génial Blaise Pascal.

Le savant, qui n'en était pas à une invention près, avait obtenu en 1662 du roi Louis XIV le privilège d'ouvrir cinq lignes au départ du palais du Luxembourg et dont l'une devait faire le tour de la capitale, avec des horaires fixes.

Le parcours de base coûtait cinq sous (un prix modique). Tout serait allé pour le mieux si les parlementaires ne s'en étaient mêlés.

Ces nouveaux nobles imbus de leurs privilèges ne supportaient pas la perspective de partager les «carrosses à cinq sols» avec des gens de peu. Ils ne les autorisèrent qu'à la condition que «soldats, pages, laquais et autres gens de bras» en soient exclus!

Avec une clientèle limitée à la bourgeoisie, la compagnie ne tarda pas à péricliter et dut arrêter son activité au bout de 15 ans.

A la même époque, un entrepreneur du nom de Nicolas Sauvage inaugure à Paris une activité de voitures de louage avec chauffeur (l'ancêtre des taxis). Le dépôt se situe à l'est de la capitale, près d'un hôtel du nom de Saint-Fiacre... d'où le nom de fiacre donné à ces voitures de louage.

Retour à la case départ

Près de 150 ans plus tard, à Nantes, un jeune homme, Étienne Bureau, imagine un véhicule pour transporter les employés de son grand-père, un armateur, entre ses bureaux de la rue Jean-Jacques Rousseau et les services de la Douane, dans le quartier de Salorges.

Le véhicule stationne devant la boutique d'un chapelier nommé Omnès, dont l'enseigne indiquait «Omnes Omnibus», ce qui signifie en latin de cuisine: Omnès pour tous!

C'est ainsi que les usagers de la ligne prennent l'habitude de dire: «Je prends (ou je vais à)... l'omnibus!» Le mot fera le tour du monde et se déclinera de toutes les façons possibles dans toutes les langues: bus, autobus,...

Dans le même temps, dans la même ville, Stanislas Baudry, un colonel en demi-solde de l'armée de Napoléon, monte une minoterie dans le quartier de Richebourg.

Pour utiliser au mieux la vapeur de son usine, il crée un établissement de bains à côté de celle-ci. Et il a lui aussi l'idée d'ouvrir une ligne régulière de transport pour amener les habitants du centre de Nantes dans son établissement.

Très vite, Stanislas Baudry s'aperçoit que les Nantais utilisent sa ligne de transport pour leurs propres besoins et non pour les bains.

Il comprend qu'il y a là une opportunité de marché. C'est ainsi qu'il abandonne la minoterie et obtient de la municipalité de Nantes l'autorisation d'ouvrir la première ligne régulière d'omnibus!

L'entrepreneur ouvre sans attendre au printemps 1828 à Paris l'Entreprise Générale des Omnibus. Le succès est là aussi au rendez-vous, les omnibus se révélant beaucoup moins coûteux que les fiacres (l'équivalent de nos modernes taxis).

Manque de chance, Stanislas Baudry est très vite laminé par la concurrence. Désespéré, il se suicide en 1830 sans attendre de voir le fantastique développement de son idée.

 

Mise à jour le 23 février 2003