Premiers
omnibus à Nantes
Le 10 août 1826, Stanislas Baudry ouvre à Nantes la
première ligne de transports en commun du monde.
La première ligne de la compagnie relie les quartiers de Richebourg et Salorges. Elle est
couverte par deux voitures à chevaux d'une capacité de 16 personnes chacune.

Pascal déjà
L'idée de liaisons urbaines régulières remonte au génial Blaise
Pascal.
Le savant, qui n'en était pas à une invention près, avait obtenu en 1662 du roi Louis
XIV le privilège d'ouvrir cinq lignes au départ du palais du Luxembourg et dont l'une
devait faire le tour de la capitale, avec des horaires fixes.
Le parcours de base coûtait cinq sous (un prix modique). Tout serait allé pour le mieux
si les parlementaires ne s'en étaient mêlés.
Ces nouveaux nobles imbus de leurs privilèges ne supportaient pas la perspective de
partager les «carrosses à cinq sols» avec des gens de peu. Ils ne les autorisèrent
qu'à la condition que «soldats, pages, laquais et autres gens de bras» en
soient exclus!
Avec une clientèle limitée à la bourgeoisie, la compagnie ne tarda pas à péricliter
et dut arrêter son activité au bout de 15 ans.
A la même époque, un entrepreneur du nom de Nicolas Sauvage inaugure à Paris une
activité de voitures de louage avec chauffeur (l'ancêtre des taxis). Le dépôt se situe
à l'est de la capitale, près d'un hôtel du nom de Saint-Fiacre... d'où le nom de fiacre
donné à ces voitures de louage.
Retour à la case départ
Près de 150 ans plus tard, à Nantes, un jeune homme, Étienne
Bureau, imagine un véhicule pour transporter les employés de son grand-père, un
armateur, entre ses bureaux de la rue Jean-Jacques Rousseau et les services de la Douane,
dans le quartier de Salorges.
Le véhicule stationne devant la boutique d'un chapelier nommé Omnès, dont l'enseigne
indiquait «Omnes Omnibus», ce qui signifie en latin de cuisine: Omnès pour
tous!
C'est ainsi que les usagers de la ligne prennent l'habitude de dire: «Je prends (ou
je vais à)... l'omnibus!» Le mot fera le tour du monde et se déclinera de toutes
les façons possibles dans toutes les langues: bus, autobus,...
Dans le même temps, dans la même ville, Stanislas Baudry, un colonel en demi-solde de
l'armée de Napoléon, monte une minoterie dans le quartier de Richebourg.
Pour utiliser au mieux la vapeur de son usine, il crée un établissement de bains
à côté de celle-ci. Et il a lui aussi l'idée d'ouvrir une ligne régulière de
transport pour amener les habitants du centre de Nantes dans son établissement.
Très vite, Stanislas Baudry s'aperçoit que les Nantais utilisent sa ligne de transport
pour leurs propres besoins et non pour les bains.
Il comprend qu'il y a là une opportunité de marché. C'est ainsi qu'il abandonne la
minoterie et obtient de la municipalité de Nantes l'autorisation d'ouvrir la
première ligne régulière d'omnibus!
L'entrepreneur ouvre sans attendre au printemps 1828 à Paris l'Entreprise Générale
des Omnibus. Le succès est là aussi au rendez-vous, les omnibus se révélant
beaucoup moins coûteux que les fiacres (l'équivalent de nos modernes taxis).
Manque de chance, Stanislas Baudry est très vite laminé par la concurrence.
Désespéré, il se suicide en 1830 sans attendre de voir le fantastique développement de
son idée.