Fin de la
guerre de l'opium
Le 29 août 1842, le traité de Nankin met fin à la «guerre de
l'opium». Le gouvernement chinois renonce à interdire l'importation de la drogue en
provenance des Indes britanniques.
Quelques
décennies plus tôt, en 1798, le gouvernement anglais de Willian Pitt avait envoyé à
Pékin la mission MacCartney (rien à voir avec un chanteur;-).
Celle-ci tenta d'obtenir des facilités commerciales mais l'empereur préféra, par
prudence, fermer son pays aux commerçants et aux missionnaires européens.
Les Anglais, qui avaient développé dans leur colonie des Indes la culture du pavot et
initié les Chinois à la consommation de l'opium, prirent fort mal cette mesure. C'est
qu'eux-mêmes continuaient d'acheter en Chine le thé dont ils étaient friands et
bientôt, la balance commerciale pencha résolument en leur défaveur.
Tandis qu'en Europe se terminaient les guerres napoléoniennes, en Extrême-Orient, les
affaires suivaient leur cours. La Compagnie britannique des Indes orientales («East
India Company») joua son va-tout en accroissant ses ventes illégales d'opium en
Chine; de 100 tonnes vers 1800 à 2600 tonnes en 1838.
En 1839, le gouverneur de Canton, Lin Tseu-siu, excédé, fit saisir 20.000 caisses de
drogue (de quoi faire pâlir d'envie les gangs colombiens d'aujourd'hui) et les détruisit
en place publique.
Ce fut le prétexte qu'attendait Londres pour imposer l'ouverture du marché chinois à
ses commerçants.
Au nom du sacro-saint libre-échange, le Premier ministre de la jeune reine Victoria, lord
Melbourne, et son ministre des affaires étrangères, Palmerston, convainquirent le
Parlement de Westminster d'envoyer un corps expéditionnaire pour demander raison au
gouverneur de Canton.
Un croiseur britannique bombarda Canton et occupa l’archipel voisin des Chousan. Puis
une escadre remonta le Yang Tsé Kiang (le Fleuve bleu) et vint menacer Nankin, obligeant
le gouvernement de l'empereur Tao-kouang à capituler.
Cette première application de ce que l'on appellera plus tard la «diplomatie de la
canonnière» débouche sur le scandaleux traité par lequel les vainqueurs
gagnent le droit de commercer librement dans cinq ports chinois dont Canton et Shangai.
Ils obtiennent en prime la cession de l'îlot de Hongkong, qui commande l'accès à Canton
et à la Chine du sud.
Comble de l'humiliation, l'empereur doit accorder l'extra-territorialité aux
ressortissants britanniques et payer une indemnité de 21 millions de dollars d'argent.
Jaloux des Anglais, les Français et les Américains
s'empressent d'exiger de Pékin des avantages équivalents pour leurs commerçants et
leurs missionnaires.
Avec le traité de Nankin, l'«Empire du Milieu» (surnom de la Chine) entre dans
une période dramatique tissée de guerres civiles et d'humiliations face aux «diables
roux» venus d'Occident.
Le peuple fomente des soulèvements contre le gouvernement mandchou, coupable de collusion
avec l'étranger. Le soulèvement le plus notable est celui des Tai p'ing. Il fera environ 20 millions de morts dans
un empire d'environ 300 millions d'âmes.
Humiliations diplomatiques et guerres civiles ne prendront fin qu'un siècle plus tard, le
1er octobre 1949, avec la victoire des communistes.