16 septembre 1936

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Le «Pourquoi-Pas?» sombre dans l'Atlantique Nord

Au matin du 16 septembre 1936, après douze heures de tempête, le Pourquoi-Pas? se brise sur des récifs au large de l'Islande, non loin de Reikjavik.

L'explorateur Jean-Baptiste Charcot (69 ans) disparaît dans le naufrage ainsi que trente-neuf hommes d'équipage. 23 corps seront retrouvés. On compte un seul survivant, le maître timonnier Gonidec.

Le nom du navire vient de ce que, dans son enfance, Jean-Baptiste Charcot répondait «pourquoi pas?» à ceux qui doutaient de sa volonté de devenir marin et explorateur des terres polaires.

Passion

Fils d'un célèbre neurologue de l'hôpital de la Salpêtrière (Paris) et lui-même médecin, Jean-Baptiste Charcot utilise la fortune paternelle pour assouvir sa passion de l'exploration.

En 1905, il cartographie la péninsule antarctique, au sud du Chili, à bord d'un trois-mâts de 245 tonneaux à vide, Le Français.

Au terme de l'expédition, l'explorateur doit abandonner son navire, hors d'état de naviguer. Il le revend à Buenos Aires et rentre en France à bord d'un paquebot.

Là, il apprend que sa femme, la petite-fille de Victor Hugo, a demandé et obtenu le divorce... pour abandon du domicile conjugal!

Mais fort d'une gloire nouvelle, l'explorateur... se remarie et obtient assez de subventions pour armer un nouveau navire de 445 tonneaux, le Pourquoi-Pas? Sa nouvelle femme en est la marraine et le président Paul Doumer le parrain.

Il repart vers l'Antarctique pour une nouvelle campagne d'exploration de la péninsule de Graham pendant l'année 1909. Il baptise une baie du prénom de sa nouvelle épouse, Marguerite.

Le Pourquoi Pas? dans les glaces du GroenlandPendant la première Guerre mondiale, Jean-Baptiste Charcot sert comme lieutenant de vaisseau dans la Marine.

Sitôt la guerre finie, l'insatiable explorateur reprend avec le Pourquoi pas? ses campagnes polaires.

En 1934, il installe au Groenland la mission ethnographique de Paul-Émile Victor.

Celui que l'on surnomme le «gentleman des pôles» continue de sillonner l'Atlantique nord jusqu'à sa fin tragique, un matin de septembre.

Des obsèques nationales ont lieu à Notre-Dame de Paris.

 

Mise à jour le 23 février 2003