13 décembre 1937

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Les Japonais s'emparent de Nankin

Le 13 décembre 1937, l'armée japonaise entre dans la ville de Nankin, au centre de la Chine, après un pilonnage de trois jours.

Aussitôt commencent des massacres à grande échelle. Exécutions à la baïonnette ou au sabre. Viols et mutilations. Au total, plusieurs dizaines de milliers de victimes. Peut-être 200.000 à 300.000.

Les tanks japonais à Nankin en janvier 1938

Le massacre de Nankin figure en bonne place parmi les crimes contre l'humanité commis au XXe siècle même si le gouvernement japonais persiste à en nier l'importance.

Origines de la conquête

Tout a commencé en 1931, quand un groupe de généraux a pris le pouvoir à Tokyo avec la complicité de l'empereur Showa (Hiro Hito).

Les nouveaux maîtres du Japon mettent à profit la guerre civile en Chine pour occuper la province de Mandchourie et en faire un État à leur dévotion, le Mandchoukouo. Ils placent à sa tête l'ancien empereur de Chine, le lamentable Pu-Yi. Forts de leurs premiers succès, ils entreprennent de grignoter la Chine du nord.

Les Occidentaux, qui croient encore à l'avenir de la paix et de la démocratie, se tiennent coi devant cette agression. Certains se félicitent de ce que les Japonais entrent en rivalité avec les Soviétiques. Les plus modérés encouragent le chef des nationalistes chinois, Tchang Kaï-chek, à temporiser et négocier avec les agresseurs.

De son côté, le Führer allemand, Hitler, revient progressivement sur son soutien aux nationalistes chinois. À l'initiative de son ministre des Affaires étrangères, von Ribbentrop, les gouvernements allemand et japonais signent un pacte antikomintern orienté contre les Soviétiques et leur chef, Staline.

Le 7 juillet 1937, les Japonais prennent prétexte d'un incident sur le pont Marco Polo, près de Pékin, pour se lancer brutalement à la conquête de toute la Chine.

En quelques mois, ils occupent près d'un million de kilomètres carrés peuplés de 60 millions d'habitants. Ils mettent en oeuvre une politique de terreur systématique pour tenter d'abattre la résistance intérieure.

Les massacres deviennent la règle et atteignent leur maximum avec la prise de Nankin, ancienne capitale de la Chine et siège éphémère du gouvernement de Tchang Kaï-chek.

Les Occidentaux s'inquiètent pour la sécurité de leurs ressortissants et de leurs navires mais sans plus, la paix en Europe étant elle-même gravement menacée par Hitler.

Tchang Kaï-chek dirige la lutte contre l'envahisseur à partir des provinces du sud. Il se résout à faire alliance avec ses rivaux communistes contre l'ennemi commun.

Vers la guerre mondiale

Après leurs premiers succès, les Japonais piétinent. Pour soumettre l'ensemble de la Chine, ils éprouvent la nécessité de s'emparer de l'Asie du Sud-Est, riche en matières premières et en pétrole. Mais celle-ci est colonisée par la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Lorsque l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste agressent ces trois puissances, le Japon se range à leurs côtés en signant un pacte tripartite, le 27 septembre 1940.

Les États-Unis, à leur tour, entrent dans le jeu. En riposte aux attaques du Japon contre l'Indochine française, le président Franklin Roosevelt fait geler le 26 juillet 1941 les avoirs japonais aux États-Unis et décrète un embargo sur les matières premières.

Le Japon choisit la fuite en avant et entreprend la conquête de l'Asie du Sud-Est... malgré l'opposition de l'amiral de la flotte impériale, Isoroku Yamamoto.

Celui-ci connaît les États-Unis de l'intérieur et mesure l'extraordinaire disproportion des forces en faveur des Américains. Il déconseille une entrée en guerre contre eux.

Mais l'empereur et son gouvernement sont déterminés à poursuivre leurs plans de conquête en vue de constituer en Asie du Sud-Est une «sphère de coprospérité» à leur dévotion.

Yamamoto se résigne et met sur pied le «Plan Z», rien moins que la destruction préalable de la flotte américaine du Pacifique.

Ce sera l'attaque de Pearl Harbor et la mondialisation du conflit.

 

Mise à jour le 22 février 2003