La Longue
Marche
Le 19 octobre 1935 s'achève la Longue Marche des
communistes chinois.
Après une épopée de douze mille kilomètres à travers la Chine, les communistes se
réfugient au Chen-si (ou Shaanxi).
Dans cette province isolée du nord-ouest, ils échappent aux attaques du parti rival du Kuomintang et de son chef, Tchang Kaï-chek.
Mais de 130.000 au départ, un an plus tôt, ils ne sont plus que 30.000. La faim et la
lutte contre les troupes du Kuomintang ont eu raison des autres.

C'est au cours de la Longue Marche que Mao Tsé-toung (ou Mao Zédong) s'impose comme le
leader des communistes chinois. Il se fait élire président du Comité central du Parti
Communiste Chinois en février 1935.
Au risque de mécontenter les alliés soviétiques, ce fils de riche paysan cultive
l'idée que les révolutionnaires chinois doivent s'appuyer en priorité sur la
paysannerie misérable des campagnes plutôt que sur la classe ouvrière des villes.
Cette idée a été longtemps combattue par les autres leaders du Parti, notamment le
très influent Chou En-lai.
Mais il fait valoir les échecs des soulèvements prolétariens à Canton, en 1926, ou
encore à Shanghai, en 1927 (le roman d'André Malraux, «La condition humaine»,
retrace cet événement). Le ralliement de Chou En-lai lui vaut d'accéder enfin à la
tête du Parti.
Une fois en sécurité au Shaanxi, Mao s'applique à renforcer et étendre les bases de
son parti en introduisant la révolution dans les campagnes.
Il s'autorise une alliance
tactique avec le Kuomintang pour repousser l'envahisseur japonais.
Mais sitôt après la défaite japonaise, en 1945, il reprendra le combat contre Tchang
Kaï-chek et l'obligera à se réfugier à Taiwan avec ses partisans.
Le 1er octobre 1949, triomphal, il proclamera à Pékin la République
populaire de Chine.