Saint-Just
décrète la Terreur
«Le gouvernement de la France sera révolutionnaire
jusqu'à la paix». Tels sont les termes du décret adopté le 10 octobre 1793 par la
Convention, à l'instigation de Louis-Antoine Saint-Just (27 ans).
Il fait suite à une proclamation qui a mis «la
Terreur à l'ordre du jour» et au vote du 17 septembre 1793.
Ce jour-là, la Convention a voté la loi des suspects, permettant l'arrestation de ceux
qui «n'ayant rien fait contre la Liberté, n'ont rien fait pour elle». Autant
dire que tout le monde est menacé.
«Il est impossible que les lois révolutionnaires soient exécutées si le
gouvernement lui-même n'est constitué révolutionnairement», lance Saint-Just à
la tribune de l’Assemblée. Il accuse les fonctionnaires de corruption et à tout le
moins de laxisme, notamment dans l'application de la loi sur le maximum général sur les salaires et les prix.
En votant le décret du 10 octobre, la Convention consacre la dictature du Comité de
salut public et accentue la Terreur inaugurée par les massacres de septembre 1792.
La guillotine tourne à plein régime. A l'intérieur, les
révoltes sont étouffées, Vendée mise à part. Lyon et Toulon se soumettent. Aux
frontières, les armées reprennent vigueur. La Révolution avance dans le sang.
Avec le décret du 22 prairial An II (10 juin 1794), la Convention réduit les procès
révolutionnaires à une simple formalité. C'est le début de la Grande Terreur.
La chute de Robespierre, le 9 thermidor an II, y mettra un
terme et entraînera l'abrogation de la loi des suspects.
Au total, la chasse aux suspects par la Convention montagnarde et le Comité de Salut
Public ont fait environ 40.000 victimes dans l'ensemble du pays. 17.000 ont été
guillotinées et les autres tuées de diverses façons (fusillades, noyades,...).