27 juillet 1794

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Arrestation de Robespierre

Le 9 thermidor an II (27 juillet 1794 selon le calendrier grégorien), Maximilien de Robespierre est brutalement déchu de son pouvoir sans partage sur la France révolutionnaire. 

Marquée par la Terreur et l'intolérance, la dictature jacobine n'aura duré qu'un peu plus d'un an dans le cadre d'une Révolution française globalement modérée et libérale, mais son souvenir sera à l'origine d'un mythe durable et ne cessera d'inspirer des idéologues désireux de faire le bonheur du peuple malgré lui ou contre lui.

Les causes de la chute


Le danger d'invasion ayant été écarté par la victoire de Fleurus, la sécurité de la France semble assurée.

Mais Lazare Carnot, en charge de la guerre au Comité de Salut public ne veut pas d'une paix prématurée. Celui que l'on appelle «l'organisateur de la victoire» veut profiter de son avantage et porter les frontières de la France sur le Rhin, sa «frontière naturelle».

Il est rejoint dans cette opinion par beaucoup de députés de la Convention.

Ces derniers aspirent à jouir tranquillement de leur pouvoir ainsi que de leurs richesses (souvent mal acquises).

Ils ont le sentiment que les principaux buts de la Révolution ont été atteints.

L'abolition des privilèges de naissance est irréversible, les frontières naturelles sont à portée de main et la séparation de l'Église et de l'État est entrée dans les faits.

Ils s'impatientent devant le régime de Terreur sur lequel s'appuie Robespierre. Ce régime est motivé par le danger extérieur et par les infractions à la loi sur le maximum des salaires et des prix.

Ils reprochent à l'Incorruptible d'avoir instauré la Fête de l'Être suprême et de préparer ainsi le retour de la religion.

Ils s'inquiètent aussi de ses tractations secrètes avec l'Angleterre, en prélude à un accord de paix.

Moins de deux ans après l'exécution de Louis XVI, la paix ne risque-t-elle pas de ramener la monarchie et de ruiner tous ceux, nombreux, qui ont profité de la Révolution (acquéreurs de biens nationaux, fournisseurs des armées,...)?

Arrestation turbulente


En ce 9 thermidor An II du calendrier révolutionnaire, l'Incorruptible est houspillé à la tribune de la Convention. Il profère des menaces et dénonce une «horde de fripons» sans donner de noms.

Ses ennemis prennent peur et se dévoilent. Dans un sursaut de courage, un député, Cambon, lance à la tribune une mise en accusation de Robespierre.

Robespierre, sitôt arrêté, est délivré par ses amis de la garde nationale et amené à l'Hôtel de Ville.

Les troupes donnent l'assaut. C'est la fin. Le chef montagnard est blessé à la mâchoire par un coup de pistolet.

En piteux état, il sera guillotiné le lendemain avec Saint-Just, Couthon et Robespierre jeune, son frère, ainsi qu'une vingtaine d'autres partisans. Le jour suivant, quelque 80 robespierristes de plus monteront à l'échafaud.

Ce sera la fin de la Grande Terreur et le début de ce que l'on appellera la Convention thermidorienne, en référence aux députés qui abattirent la dictature de Robespierre.

Avant de céder la place au régime du Directoire, les thermidoriens accompliront une grande oeuvre administrative.

Mal inspirés en matière de diplomatie, ils traiteront avec la Prusse tout en poursuivant la guerre avec l'Autriche et l'Angleterre.

 

Mise à jour le 23 février 2003