L'affaire
des fiches
Le 4 novembre 1904, le général André est
giflé à la Chambre par le député nationaliste Syveton.
Le général était ministre de la Guerre dans le gouvernement
d'Émile Combes (69 ans), dont le programme politique se résumait à
la lutte contre l'Église et le clergé.
Ancien théologien devenu agnostique, Émile Combes avait repris à son compte le programme anticlérical du parti radical en l'enrichissant d'une bonne dose d'intolérance.
Il applique sans nuances la loi sur les congrégations du 17 juillet 1901 en faisant fermer en quelques jours plus de 2500 écoles religieuses et, le 7 juillet 1904, il fait voter une nouvelle loi qui interdit d'enseignement les prêtres de ces congrégations.
Désireux de son côté de favoriser l'avancement des officiers républicains
anticléricaux, le ministre André demande aux francs-maçons
de la loge du Grand Orient de France de rédiger des fiches
sur les opinions religieuses des gradés.
Cette «affaire des fiches» ayant été dévoilée par
la presse de droite, il s'ensuit un scandale à la Chambre
des députés.
Suite à la gifle du député Syveton, le ministre André doit
démissionner et, après lui, le gouvernement Combes.
Le 24 janvier 1905, le président Émile Loubet appelle à la
président du Conseil Maurice Rouvier. Sous son gouvernement
sera votée la séparation de l'Église
et de l'État.
Le rapporteur de la loi, Aristide Briand, jettera les bases
de la laïcité à la française. Il mettra un terme aux querelles
entre cléricaux et anticléricaux qui avaient monopolisé la
vie publique française pendant les deux dernières décennies.
Il appartiendra au président du Conseil suivant, Georges Clemenceau, de mettre en oeuvre ladite loi.