9 décembre 1905

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Les baladins, par Pablo Picasso (Espagne et France 1881-1973), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Séparation des Églises et de l'État

Le 9 décembre 1905, le député Aristide Briand (43 ans) fait voter la loi concernant la séparation des Églises et de l'État.

Aristide Briand, prix Nobel de la Paix (1862-1932)Déployant une éloquence charmeuse, le rapporteur de la loi apaise les esprits après la guerre anticléricale exacerbée par le précédent président du Conseil, Émile Combes.

Celui-ci avait gravement divisé le pays en fermant avec une brutalité sans nuances les écoles religieuses et en interdisant d'enseignement les prêtres des congrégations.

La nouvelle loi de séparation met fin au concordat napoléonien de 1801 qui régissait les rapports entre le gouvernement français et l'Église catholique.

Inventant la laïcité à la française, elle proclame la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes.

Article 1er: «la République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes...».

Article 2: «La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte...»

Les biens détenus jusqu'alors par les églises deviennent la propriété de l'État. Celui-ci se réserve le droit de les transférer aux associations cultuelles qui peuvent en jouir gratuitement.

Mais l'inventaire mesquin des biens ecclésiastiques réveille les rancœurs. Il entraîne une nouvelle fois le pays au bord de la guerre civile, d'autant que le pape Pie X ne se prive pas de condamner la loi.

Il appartiendra au gouvernement suivant de rétablir la concorde, Aristide Briand étant ministre de l'Instruction publique et des Cultes et Georges Clemenceau président du Conseil (l'équivalent de Premier ministre).

Plus de 30.000 édifices religieux seront mis gratuitement à la disposition des Églises en dépit de l'opposition des anticléricaux les plus intransigeants.

L'anticléricalisme militant finira par décliner et les Églises retrouveront, avec leur liberté, une nouvelle vigueur.

À noter que l'Alsace-Lorraine, au moment de la loi de séparation, faisait partie de l'Empire allemand. Après son retour à la France, en 1918, elle obtiendra de rester sous le régime du Concordat de 1801.

De ce fait, les religieux des trois départements de l'Est jouissent encore à ce jour d'un traitement et d'un statut de fonctionnaire.

 

Mise à jour le 22 février 2003