22 novembre 1963

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Pour Vava, par Marc Chagall (1955)
Ce jour-là...

Assassinat de Kennedy à Dallas

Le 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald Kennedy est assassiné à Dallas (Texas), au cours d'un voyage officiel.

Portrait du président John Fitzgerald KennedyIl avait 46 ans, il était beau (et coureur de jupons), il avait de jeunes enfants et une femme séduisante (d'origine française). Sa mort soulève une émotion immense dans le monde.

L'assassin, Lee Harvey Oswald, est lui-même tué par un certain Ruby avant d'avoir pu communiquer ses mobiles à la police.

Cette circonstance laissera planer un doute sur l'existence d'éventuels commanditaires (Mafia, CIA,...?) et donnera matière à plusieurs films à sensation.

Une famille encombrante

Le président assassiné est issu d'une riche et influente famille de Boston, de souche irlandaise.

Ambassadeur à Londres à la veille de la deuxième guerre mondiale, son père, Joseph, soutient le Premier ministre britannique Neville Chamberlain dans sa politique d'apaisement avec Hitler.

Churchill, en arrivant au pouvoir, obtient son rappel. De retour à Washington, Joe milite parmi les partisans de l'isolationnisme qui refusent d'engager les États-Unis dans la guerre contre Hitler (parmi eux, le pilote Charles Lingbergh).

Son fils John n'en montre pas moins un réel courage pendant la guerre et est gravement blessé. Après le conflit, il devient sénateur. Son autobiographie lui vaut le Prix Pulitzer en 1957.

En novembre 1960, il devient le plus jeune élu à la présidence des États-Unis et le premier président américain de confession catholique.

À noter que le vice-président Theodore Roosevelt avait quant à lui 42 ans et onze mois quant il a succédé en septembre 1901 au président McKinley, assassiné par un anarchiste.

Un bilan controversé

John Fitzgerald Kennedy est élu de justesse grâce aux tripatouillages de son père Joe et de ses amis de la Mafia.

Beau perdant, son rival républicain, le vice-président Richard Milhous Nixon n'en jure pas moins de prendre sa revanche. Ce sera chose faite en 1968 avec son élection à la présidence face à MacGovern.

À la Maison Blanche, Kennedy s'acquiert une immense popularité malgré la brièveté de son mandat (moins de trois ans).

Les Américains lui sont reconnaissants d'avoir relancé la lutte contre la pauvreté et la ségrégation raciale ainsi que d'avoir inauguré des rapports plus équilibrés avec l'Amérique latine.

Le président relève le défi spatial des Soviétiques. Il lance le programme Appolo et fait la promesse d'envoyer un Américain sur la Lune.

Kennedy est également impliqué dans les pires moments de la guerre froide avec l'URSS, l'actuelle Russie.

Le 22 octobre 1962, en affichant sa fermeté dans un célèbre discours télédiffusé, il fait plier les Soviétiques qui ont installé des fusées à têtes nucléaire sur l'île de Cuba et menacent directement l'Amérique.

Devant cet ultimatum à peine voilé, Nikita Khrouchtchev s'incline et retire ses fusées. Pour le monde entier, il devient clair qu'aucun des deux Super-Grands n'est prêt à prendre le risque d'un conflit nucléaire. C'est la fin de la guerre froide et le début de la détente.

«Ich bin ein Berliner», lance Kennedy aux Berlinois le 26 juin 1963, pour manifester le soutien des États-Unis aux Berlinois de l'Ouest, victimes du blocus soviétique et de l'érection du mur de la honte.

Kennedy entreprend d'abolir, avec Martin Luther King, la ségrégation raciale sur tout le territoire des États-Unis.

Il éprouve aussi quelques déboires. À l'instigation d'Allan Dulles, un ami de son père qui dirige les services secrets américains (la CIA), il lance une expédition malheureuse dans la baie des Cochons, à Cuba, dans le dessein de renverser le gouvernement de Fidel Castro.

L'opinion lui reconnaît toutefois le mérite d'assumer l'entière responsabilité de ce pitoyable échec. Il n'omet pas pour autant de congédier Allan Dulles.

Et il revient à Kennedy le douteux privilège d'engager au Vietnam les premiers soldats américains.

 

Mise à jour le 22 février 2003