Assassinat
de Kennedy à Dallas
Le 22 novembre 1963, le président John Fitzgerald
Kennedy est assassiné à Dallas (Texas), au cours d'un voyage
officiel.
Il
avait 46 ans, il était beau (et coureur de jupons), il avait
de jeunes enfants et une femme séduisante (d'origine française).
Sa mort soulève une émotion immense dans le monde.
L'assassin, Lee Harvey Oswald, est lui-même tué par un certain
Ruby avant d'avoir pu communiquer ses mobiles à la police.
Cette circonstance laissera planer un doute sur l'existence
d'éventuels commanditaires (Mafia, CIA,...?) et donnera matière
à plusieurs films à sensation.
Une
famille encombrante
Le président assassiné est issu d'une riche et influente famille
de Boston, de souche irlandaise.
Ambassadeur à Londres à la veille de la deuxième guerre mondiale,
son père, Joseph, soutient le Premier ministre britannique Neville
Chamberlain dans sa politique d'apaisement avec Hitler.
Churchill, en arrivant au pouvoir, obtient son rappel. De retour
à Washington, Joe milite parmi les partisans de l'isolationnisme
qui refusent d'engager les États-Unis dans la guerre contre
Hitler (parmi eux, le pilote Charles Lingbergh).
Son fils John n'en montre pas moins un réel courage pendant
la guerre et est gravement blessé. Après le conflit, il devient
sénateur. Son autobiographie lui vaut le Prix Pulitzer
en 1957.
En novembre 1960, il devient le plus jeune élu à
la présidence des États-Unis et le premier président
américain de confession catholique.
À noter que le vice-président Theodore Roosevelt
avait quant à lui 42 ans et onze mois quant il a succédé
en septembre 1901 au président McKinley, assassiné
par un anarchiste.
Un
bilan controversé
John Fitzgerald Kennedy est élu de justesse grâce aux tripatouillages
de son père Joe et de ses amis de la Mafia.
Beau perdant, son rival républicain, le vice-président Richard
Milhous Nixon n'en jure pas moins de prendre sa revanche. Ce
sera chose faite en 1968 avec son élection à la présidence face
à MacGovern.
À la Maison Blanche, Kennedy s'acquiert une immense popularité
malgré la brièveté de son mandat (moins de trois ans).
Les Américains lui sont reconnaissants d'avoir relancé la lutte
contre la pauvreté et la ségrégation raciale ainsi que d'avoir
inauguré des rapports plus équilibrés avec l'Amérique latine.
Le président relève le défi
spatial des Soviétiques. Il lance le programme Appolo et fait
la promesse d'envoyer un Américain sur la Lune.
Kennedy est également impliqué dans les pires moments de la
guerre froide avec l'URSS, l'actuelle Russie.
Le 22 octobre 1962, en affichant sa fermeté dans un célèbre
discours télédiffusé, il fait plier les Soviétiques qui ont
installé des fusées à têtes nucléaire sur l'île de Cuba et menacent
directement l'Amérique.
Devant cet ultimatum à peine voilé, Nikita
Khrouchtchev s'incline et retire ses fusées. Pour le monde entier,
il devient clair qu'aucun des deux Super-Grands n'est prêt à
prendre le risque d'un conflit nucléaire. C'est la fin de la
guerre froide et le début de la détente.
«Ich bin ein Berliner», lance Kennedy aux Berlinois
le 26 juin 1963, pour manifester le soutien des États-Unis aux
Berlinois de l'Ouest, victimes du blocus soviétique et de l'érection du mur
de la honte.
Kennedy entreprend d'abolir, avec Martin
Luther King, la ségrégation raciale sur tout le territoire
des États-Unis.
Il éprouve aussi quelques déboires. À l'instigation d'Allan
Dulles, un ami de son père qui dirige les services secrets américains
(la CIA), il lance une expédition malheureuse dans la baie des
Cochons, à Cuba, dans le dessein de renverser le gouvernement
de Fidel Castro.
L'opinion lui reconnaît toutefois le mérite d'assumer l'entière
responsabilité de ce pitoyable échec. Il n'omet pas pour autant
de congédier Allan Dulles.
Et il revient à Kennedy le douteux privilège d'engager au Vietnam
les premiers soldats américains.