Insurrection
en Pologne
Le 29 novembre 1830, les
Polonais se soulèvent contre l'occupant russe.
Le bruit avait couru que le tsar allait envoyer des jeunes gens
combattre une autre insurrection en Belgique au titre de la
Sainte-Alliance.
Les Polonais, d'abord victorieux, s'emparent de Varsovie et
proclament l'indépendance de leur pays. Mais ils se montrent
divisés et incapables de maîtriser leur succès.
Le tsar Nicolas 1er reprend Varsovie le 8 septembre de l'année
suivante avec 110.000 hommes de troupe. Il exerce une répression
féroce.
À
Paris, le ministre de la Guerre, le général Sébastiani, s'attire
la colère de l'opinion en résumant devant la Chambre des députés
la situation en une phrase: «L'ordre règne à Varsovie».
10.000 patriotes polonais sont contraints à l'exil et beaucoup
se rendent en France, au nom de la vieille amitié entre les
deux pays. Parmi eux figure Frédéric Chopin (20 ans). Le musicien
apportera une contribution majeure au mouvement romantique.
La brutalité de la répression ravive les plaies
de la Pologne.
Après une longue histoire pleine de grandeur et de prestige,
l'ancien royaume avait été partagé au XVIIIe siècle entre l'Autriche,
la Prusse et la Russie.
Napoléon 1er l'avait brièvement restauré sous le nom
de Grand-duché de Varsovie.
En 1815, à la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne
place la plus grande partie de la Pologne sous l'autorité du
tsar Alexandre 1er.
Celui-ci accorde à son royaume polonais (la «Pologne du
Congrès») une large autonomie. Il se montre respectueux
de sa culture, de sa langue et de sa religion catholique.
Son successeur Nicolas 1er met fin à l'autonomie du pays après
1830. Il transforme le royaume en une simple province russe
et entreprend une politique de russification forcée.
L'insurrection de Varsovie marque un tournant pour les nombreuses
minorités de l'empire russe. Celles-ci ne bénéficient plus de
la bienveillance d'antan. Elles doivent se confronter désormais
à la montée du nationalisme grand-russe.