24 mai 1543  

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Portrait de jeune homme, par Raphaël (Italie 1483-1520), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Triomphe posthume de Copernic

Le 24 mai 1543, un chanoine inconnu de 70 ans rend l'âme à Frauenburg (aujourd'hui Frombork), une petite ville des bords de la Vistule. Son œuvre va transformer le monde.

 Nicolas CopernicNicolas Copernic est né en Pologne, sous la dynastie des Jagellon, quand ce pays était à son apogée et rivalisait avec les États d'Europe occidentale.

Après des études dans la prestigieuse université de Cracovie, il devient chanoine à Frauenburg, ce qui ne l'empêche pas de parcourir l'Europe.

En véritable érudit de la Renaissance, Copernic se montre ouvert à tous les domaines de la connaissance.

Il est à la fois théologien, médecin, mathématicien, économiste et bien sûr astronome (il a étudié cette science à Bologne, en Italie).

Il rédige un traité notable sur la monnaie et intervient dans les affaires politiques de son temps, notamment dans la lutte contre les Chevaliers teutoniques.

C'est à la demande du pape, désireux de réformer le calendrier, qu'il se lance dans l'étude des planètes et du soleil.

Copernic s'interroge sur la cosmologie de Claude Ptolémée, un géographe grec qui a vécu au 2e siècle de notre ère.

L'Almageste, son traité fondamental, écrit vers 141, passait jusqu'à la Renaissance pour la vérité établie. Il situait la Terre au centre de l'univers, le Soleil et les planètes décrivant de façon complexe différents cercles autour d'elle.

Le savant polonais découvre des incohérences dans cette conception et en conclut que le Soleil, et non la Terre, est au centre du système. C'est se mettre en contradiction avec la doctrine traditionnelle de l'Église qui situe l'Homme, et donc la Terre, au centre de l'univers.

Craignant à juste titre les foudres de Rome et de Wittenberg, centre du luthérianisme, alors en plein essor, Copernic attend l'approche de sa mort pour publier le fruit de ses travaux dans un traité écrit en latin, la langue internationale de la Renaissance, De revolutionibus orbium coelestium libri sex (Des révolutions des corps célestes).

Il n'oublie pas une belle dédicace au pape Paul III pour revendiquer le droit à la liberté d'expression.

Quoique très imparfait sur le plan scientifique et dans sa conception d'un univers héliocentrique, organisé autour du Soleil, son traité s'impose très vite par son évidence.

Nicolas Copernic libère les savants de leurs préjugés théologiques... A l'inverse, il conduit les théologiens à se méfier d'une interprétation trop littérale des textes sacrés.

La recherche scientifique s'émancipe de la théologie, l'une et l'autre se déployant désormais dans des champs distincts.

 

Mise à jour le 24 février 2003

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