L'Inde
s'empare de Goa
Le pandit
Nehru s’empare de la dernière possession portugaise en Inde le 17 décembre 1961.
Dès 1954, l'Inde indépendante avait négocié avec la France la rétrocession de ses
comptoirs, Chandernagor, Pondichéry, Karikal, Mahé, Yanaon, dont les écoliers
apprenaient naguère la liste par coeur.
Le Portugal du dictateur Salazar refuse, lui, de renoncer au port de Goa, à 400 km au sud
de Bombay.
Le drapeau portugais flotte sur la cité depuis sa conquête, en 1510, par Alfonso de Albuquerque, surnommé le «Mars portugais».
Les Portugais à Goa
Après que Vasco de Gama eût contourné l'Afrique et relié le Portugal à l'Inde,
Albuquerque a sans coup férir occupé plusieurs ports stratégiques de l'océan Indien,
d'Ormuz à Malacca.
Son entreprise fut fatale au commerce entre la péninsule arabe et l'Asie des moussons.
Goa, érigée en capitale de l'empire portugais des Indes orientales, accueillera la
dépouille du grand conquérant et, plus tard, celle de saint François-Xavier, un jésuite qui se consacra à
l'évangélisation de l'Insulinde et du Japon.
Elle prospèrera à la charnière des mondes hindou, musulman et chrétien jusqu'à
l'arrivée des Hollandais en Inde, au milieu du XVIIe siècle.
C'est par la force (mais sans effusion de sang) que le Premier ministre indien récupère
la ville, mettant un terme à la domination européenne sur le sous-continent.
Goa est depuis 1987 un État de l'Union indienne et compte un peu plus d'un million
d'habitants, dont une moitié de chrétiens.