L’apparition du christianisme marqua une révolution en morale, dans la mesure où elle introduisit une conception religieuse du bien dans la pensée occidentale. Dans la perspective chrétienne, l’Homme dépendait entièrement de Dieu et ne pouvait parvenir à l’excellence ni au moyen de la volonté, ni au moyen de l’intelligence, mais seulement avec l’aide de la grâce divine. La doctrine de la morale chrétienne primitive établit plusieurs règles d’or : « Faites pour les autres tout ce que vous voulez qu’ils fassent pour vous » (Matthieu, VII, 12), formule des injonctions d’aimer son prochain comme soi-même (Lévitique, XIX, 18), d’aimer ses ennemis ( Matthieu, V, 44) et ordonne selon la parole de Jésus : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Matthieu, XXII, 21). Jésus pensait que le sens de la loi juive était pour l’essentiel contenu dans le commandement « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même » (Luc, X, 27).
Le christianisme primitif insistait sur les valeurs telles que l’ascétisme, le martyre, la foi, l’indulgence, le pardon, la chasteté, autant de vertus considérées souvent comme centrales par les philosophes grecs et romains de l’Antiquité.
On propose une classification des vertus, théologales et contemplatives, mais aussi cardinales et génératrices de points de repère :
justice dans l’échange, tempérance face aux désirs inconciliables, force dans la volonté, prudence dans la considération.
