Introduction
(tous les mots ou phrases qui apparaissent en brun sont des liens vers la page correspondante)
J'écrivais en août 2003
Voilà plus de deux ans que j’ai entrepris ce travail de collecte et d’organisation de textes relatifs aux religions monothéistes de la Bible, autrement appelées les "religions du Livre". Je décide aujourd’hui, mercredi 13 août 2003, que ce travail est terminé (mais un tel sujet peut-il être un jour épuisé ?) d’abord parce qu’il faut que tout ait une fin mais surtout parce que le Cdrom que je projette de réaliser est plein. Peut-être aura-t-il un successeur beaucoup plus étoffé lorsque la gravure des DVD se sera généralisée. En tout cas, il y aura des mises à jour et quelques ajouts en cours de réalisation. Permettez-moi de vous dire comment, pour qui et pourquoi j'ai fait ce travail et ce que contient ce CDrom.
Puis, le 1er octobre 2005
Après de nombreux ajouts de textes et d'images ainsi que de modifications techniques liées à l'évolution du système d'exploitation et surtout devant l'intérêt que mon petit fils Vincent semble montrer pour mon travail, je passe définitivement à la gravure sur DVD qui est devenue aujourd'hui un standard.
De toute façon cette décision est devenue incontournable car le contenu s'est tellement étoffé qu'il ne peut plus tenir sur un simple CDrom de 700Mo puisqu'il a atteint aujourd'hui le "poids" respectable de 1,06 Go (31842 fichiers dans 975 dossiers).
Mise à jour du 25 septembre
2006 : 2,42 Go - 64473 fichiers -
1946 dossiers
Mise à jour du 24 mars 2007 : 2,45 Go
- 65016 fichiers - 1955 dossiers
Mise à
jour du 6 décembre 2008 : mise en compatibilité avec Windows
Vista et adaptation de la résolution (les écrans ont beaucoup progressé en 5
ans)
Mise à jour du 23 août 2009 – Fin de la mise en compatibilité et nombreux ajouts. 2,9 Go – 72457 fichiers – 3920 dossiers.
Dernière mise à jour du 21 janvier 2013 – Après de nombreuses autres que je n’ai pas notées ici, le DVD rempli maintenant 3,5 Go. Plus vraiment beaucoup de place si je veux encore ajouter d’autres chapitres. Mais je n’en ai plus vraiment envie. Après plus de 11 années sur le thème des religions, j’aimerais passer à autre chose, d’autres projets qui me hantent depuis longtemps. A 73 ans cette année, en aurais-je le temps ?
Mise à jour du 31 janvier 2017 - Cette fois, cette mise à jour sera la dernière. J’ai ajouté 36 livres ou textes à la bibliothèque, ce sont ces livres qui justifient cette dernière mise à jour. Il aurait été dommage de les laisser de côté.
Après quelques nettoyages, le DVD fait maintenant 3,54 Go et contient 74456 fichiers dans 4090 dossiers.
Entre ces deux dernières mises à jour (celle de 2013 et celle-ci), j’ai écrit un livre dont voici le résumé en 4e de couverture (cliquez sur le titre)
Une légende écossaise au temps de Salomon
Le chemin de perfection d’un fils de la Lumière
_____________________________________
..
Sommaire de l’introduction à ce DVD.
Quoi (le contenu)
Comment (le matériel, la méthode, l'organisation)
Internet
Les encyclopédies
Le plan
La navigation
Quelques conseils utiles pour la navigation
Pour qui ? (la destination)
Pourquoi ? (la motivation)
Quoi ?
Onze grands volets constituent cet ouvrage :
1. La Bible et les textes fondateurs.
2. Les trois religions et leurs caractéristiques
3. Les religions contemporaines de la Bible
4. L'Histoire
5. Mysticisme, ésotérisme et alchimie
6. Miracles, prodiges et énigmes
7. L'athéisme
10. L'art religieux en occident
11. Des dictionnaires et glossaires regroupant plus de 2000 termes
Tout cela forme un ensemble un peu hétéroclite où les thèmes se sont formés au hasard, en fonction de mon intérêt du moment ou d'un site qui avait attiré mon attention et aiguisé ma curiosité. Je dois tout de même vous faire remarquer que je n'ai jamais trié les textes en fonction de mes propres convictions. J'ai souhaité rester éclectique et, si possible, exhaustif dans mes choix. Y suis-je parvenu ? A vous d'en juger.
1 - La Bible et les textes fondateurs.
D'abord, une compilation de textes religieux concernant les trois religions monothéistes issues de la Bible judaïque :
· Les textes fondateurs dans l'ordre de leur apparition historique : la , le Nouveau Testament et le Coran.
· Des textes connexes : le Talmud (un résumé explicatif, rassurez-vous), quelques écrits des pères de l'Eglise (saint Augustin, Grégoire de Nysse, Clément de Rome, Ignace d'Antioche, Polycarpe, Barnabé, Hermas, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila etc...) et quelques Hadîts de l'Islam.
· Des textes apocryphes (secrets, "cachés" parce que non canoniques) dont quelques uns ont été retrouvés depuis 1947 non loin des ruines du monastère essénien de Qumran près de la mer morte.
Ensuite, des commentaires des livres de la Bible et des explications sur sa constitution et son histoire, ses différentes traductions et l'organisation des livres dans le judaïsme et le christianisme (Bien que la Bible soit largement citée dans le Coran, l'islam ne l'utilise pas). La même démarche, bien que réduite, est utilisée pour le Nouveau Testament et le Coran.
J'ai inclus, à partir de la version 3, un moteur de recherche par mot ou par phrase dans la Bible Louis Segond. Il fonctionne parfaitement sans nécessiter d'installation particulière sur votre disque dur. Lorsque vous cliquerez sur le lien, suivant le type de navigateur que vous utilisez, une boîte de dialogue apparaîtra avec le choix "d'ouvrir" ou d'enregistrer". Suivez les instructions.
2 - Les trois religions et leurs caractéristiques
Les trois religions sont décrites à travers leurs caractéristiques :
· Identification des textes fondateurs
· Morales et doctrines
· Histoire et particularités (par exemple la diaspora et la Shoah pour le judaïsme, l'inquisition, les templiers, les cathares, les croisades, la Réforme etc... pour le christianisme, Imam Houssein à Kerbala et l’histoire du Moyen-Orient pour l'islam)
· Des thèmes communs comme les interdits alimentaires, la Bible et l'Evangile dans le Coran, les symboles religieux, l'eschatologie, Bible chrétienne et Thora.
Vous constaterez que la place consacrée au christianisme est la plus importante. Il n'y a rien d'anormal à cela, mon origine culturelle étant chrétienne c'est cette religion que je connais le mieux, j'ai donc moins peiné pour la recherche. En outre, l'histoire de l'occident se confond avec le christianisme. C'est dans le christianisme que nous avons développé notre culture et que nous trouvons les fondements de notre morale.
3 - Les religions contemporaines de la Bible
Ce chapitre s'intéresse aux religions dont les historiens pensent qu'elles ont eu une influence sur la composition de la Bible qui apparaît de moins en moins comme un livre d'histoire mais comme un livre d'écriture relativement récente (VIIe siècle avant J.C) et composé essentiellement dans un but politique. Les religions de l'Orient antique : Mésopotamie, Assyrie, Inde et en particulier l'Egypte et la Perse (zoroastrisme, mithraïsme) en seraient, en quelques sortes, les sources d'inspiration. La récurrence des mythes que l'on retrouve dans la Bible et dans le nouveau Testament peut le laisser penser.
Une autre religion, celle des celtes, a sans doute eu peu d' influence sur l'inspiration de la Bible mais, apparue environ 2000 ans avant J.C, elle était encore contemporaine des débuts du christianisme et de surcroît d'origine indo-européenne (les indo-européens se sont maintenus au Turkestan jusqu'au Xe siècle av J.C). La civilisation celtique a connu son apogée au second âge du fer appelé aussi "période de la Tène" au Ve siècle av J.C.: deux siècles après la composition de la Bible.
4 - L'Histoire
Comment parler des religions sans parler de l'Histoire ? Ce sont les religions qui ont fait l'Histoire, elles se confondent avec elle. Trop de guerres et de conquêtes ont été faites en leur nom. La Bible retentit des conquêtes du peuple d'Israël sur Canaan, menées au nom de Yahvé et souvent sur ses directives. Aujourd'hui, le terrorisme islamique mène une guerre sainte contre Israël et l'occident chrétien. Ce terrorisme, à près de mille ans de distance, est le miroir, l'image inversée en quelques sortes des croisades des Francs contre les "infidèles" musulmans, suivies par 200 ans d'occupation de la Palestine.
L'histoire européenne garde encore les cicatrices des schismes, des hérésies et de la Réforme et, plus loin dans le temps, de la croisade contre le catharisme.
L'Histoire représente donc un grand volet de mon travail. Outre 3 chapitres consacrés à l'histoire sans référence religieuse particulière (une grande fresque sur plus de 2000 ans, le moyen-âge et le moyen-âge français) vous trouverez :
· l'histoire et la chronologie de la chrétienté
· l'histoire de l'Église catholique
· un chapitre consacré aux Cathares
· un chapitre sur l'Inquisition
· un chapitre sur les hérésies chrétiennes
· un autre sur les religions issues du christianisme après la Réforme
· un chapitre consacré aux Templiers
· Un chapitre sur les croisades
· un chapitre sur Jeanne d'Arc
· un chapitre sur la Réforme et la contre-réforme
· 2 pages sur l'histoire des juifs (Alsace, Espagne)
· un chapitre sur la loi de séparation des églises et de l'État (1905)
· un aperçu de l'histoire islamique
· l'histoire de l'antisémitisme et de la Shoah
· l'histoire récente de l'islam et le terrorisme islamique
· etc...
Je ne doute pas que vous ayez compris que j'aime l'histoire.
5 - Mysticisme, ésotérisme et alchimie
Toutes les religions ont leurs
mystiques mais, pour ce qui nous intéresse ici, c'est dans le judaïsme avec
la Kabbale et dans l'islam avec le Soufisme que l'on
trouve de véritables mouvements mystiques, codifiés et érigés en doctrine :
la recherche de la vérité de Dieu dans l'étude des écritures.
Dans le christianisme, on trouve le mysticisme dans les écrits (les pères
apostoliques, les docteurs..) mais c'est un mysticisme bien pensant, on
dirait aujourd'hui "dans la ligne du parti". Alors que les
kabbalistes et surtout les soufis, bien que souvent rejetés par leurs
communautés, restent tolérés, la plupart des mystiques chrétiens qui ont osé
remettre en cause les dogmes de la foi ont été accusés d'hérésie et jetés
hors de la communauté, parfois douloureusement par la torture et le bûcher.
Ceci s'explique peut-être par l'absence d'une véritable structure
hiérarchique gardienne de la lettre et de la loi dans le judaïsme et l'islam
alors que, comme chacun sait, le christianisme s'est très tôt caractérisé par
une structure homogène et un centralisme puissant. Accepter de remettre en
cause une parcelle des vérités admises et c'est tout l'édifice qui est
ébranlé. Telle l'hérésie gnostique :
Gnose signifie "connaissance".
Il s'agit de la connaissance intérieure, par laquelle l'homme appréhende le
divin, indépendamment de tout dogme, de tout enseignement. La gnose
s'apparente ainsi au mysticisme et transcende toutes les croyances. C'est
dans (ou contre) le christianisme que les gnostiques ont donné, et donnent
encore, toute leur mesure. C'est pourquoi j'ai rattaché ce chapitre au
christianisme.
L'ésotérisme est une fleur née sur le terreau des religions, qui les dépassent en sublimant leurs spiritualités.
René Guénon
disait : " Il n’y a que celui qui est parvenu au terme qui, par là même,
domine toutes les voies et cela parce qu’il n’a plus à les suivre ; il
pourra donc, s’il y a lieu, pratiquer indistinctement toutes les formes, mais
précisément parce qu’il les a dépassées et que, pour lui, elles sont
désormais unifiées dans leur principe commun."
Il s'agit, selon les théoriciens et adeptes de l'ésotérisme traditionnel :
" d’un ensemble cohérent bien structuré, formant un édifice imposant de
vérités fondamentales qui, aujourd’hui encore, s’offriraient à une
redécouverte par ceux qui en sont dignes. C'est par le travail intérieur
que l’initié accomplira sur lui-même qu'il pourra effectuer une authentique réalisation
spirituelle. Sans ce travail l’initiation rituelle demeurerait toute
formelle et inopérante."
On retrouve la pratique de cet ésotérisme dans des sociétés comme la "Rose Croix" et la "Franc-maçonnerie" mais aussi, en d'autres temps, chez
les Illuministes et les Théosophes. Pour être mieux à même de comprendre cette
démarche j'ai choisi de traiter, dans le détail et dans les textes,
l'histoire, la philosophie et les ambitions des francs-maçons à travers leur
extraordinaire mosaïque de rites et d'obédiences.
L'hermétisme et l'alchimie ont aussi droit de cité dans cet ouvrage, un gros chapitre est d'ailleurs consacré à l'alchimie et à Fulcanelli. Quel rapport avec les religions ? Me direz-vous. Aucun, sinon que les sciences d'Hermès : magie, astrologie et alchimie furent longtemps assimilées à la sorcellerie par les autorités religieuses catholiques et qu'en cela elles m'intéressent. Par ailleurs ces mêmes autorités ont permis aux architectes et maîtres d'œuvre des grandes cathédrales d'orner leurs créations d'allégories et de symboles de ces sciences interdites, pourquoi ? Ce paradoxe m'a toujours posé problème.
6 - Miracles, prodiges et énigmes
Hormis les nombreux miracles des prophètes que la
Bible rapporte, point de miracle pour les juifs.
Hormis les miracles du prophète Mohamed, point de miracle pour les musulmans.
On a l'impression que cette part de merveilleux irrationnel est réservée au
christianisme et que cette religion prédispose ses adeptes à accepter
l'inexplicable : ces phénomènes réputés contraires aux lois de la nature,
comme manifestation de la volonté divine.
Recenser de façon exhaustive tous les évènements et phénomènes miraculeux relève de la gageure, un CDrom n'y suffirait sans doute pas. J'ai donc sélectionné dans ce vaste choix des phénomènes et évènements caractéristiques :
- Guérisons miraculeuses avec "Le miracle de la sainte Épine"
- Apparitions et guérisons avec "Lourdes et Bernadette Soubirous"
- Apparitions et prédiction avec " Fatima et les trois secrets"
- Stigmates et survie sans alimentation avec "Marthe Robin"
- Extases, don des langues, bilocation, don des parfums, stigmates avec Padre Pio
- La liquéfaction du sang de saint Janvier
- La sainte ampoule des rois de France
- L'énigme du suaire de Turin (gros chapitre) etc ...
J'ajoute à ce chapitre une curiosité récente et surprenante sans lien religieux réel bien que dépendante de la Bible puisque ce livre en est l'objet. En effet, dans un livre qui fit énormément de bruit outre-atlantique, le journaliste américain Michael Drosnin affirme que des évènements aussi décisifs que l'accession au pouvoir de Hitler ou l'assassinat de Ytzhak Rabin sont annoncés dans la Bible sous la forme d'un code secret. Pour parvenir à un tel résultat il a recherché dans les textes, en s'aidant de l'informatique, des occurrences particulières de lettres apparaissant à intervalles réguliers. Les résultats sont surprenants et ... inquiétants si l'on y croit. Peut-être qu'en entrant votre nom dans ce programme vous pourrez y découvrir des choses intéressantes (touts les éléments sont disponibles sur Internet, Bible préparée et logiciel). J'ai consacré à ce phénomène un chapitre assez volumineux où vous pourrez lire les arguments des "pour" et des "contre".
7 - L'athéisme
Athéisme ou anticléricalisme ?
Refuser le principe divin ou seulement les systèmes que les hommes ont construit à partir de ce principe ?
En ce qui me concerne je ne suis pas athée mais, pour autant, je ne suis pas non plus religieux.
Ce postulat n'est pas un paradoxe, la croyance en un
principe spirituel organisateur de l'univers va bien au-delà du fatras trop
souvent bêtifiant proposé par les religions. Toutefois, toutes les croyances
sont respectables mais seulement dans la mesure où les "croyants d'une
religion" ne tentent pas (souvent par la force) d'imposer leurs
particularités comme autant de vérités auxquelles ils considèrent criminel de
ne pas croire.
Les athées, anticléricaux et autres antireligieux militants, par leur
radicalisme et leur violente intolérance, s'identifient au fondamentalisme
religieux. L'athéisme et la laïcité sont les dogmes de cette nouvelle
religion et les "Droits de l'homme" un nouveau catéchisme.
Notre société occidentale est heureusement sortie du carcan des croyances
religieuses, imposées pendant près de deux millénaires, elle ne doit pas
succomber à ce nouvel "ordre moral" mais au contraire considérer
que la diversité des orientations spirituelles de ses citoyens fait partie de
cette richesse qu'elle doit encore accroître à leur profit, pour leur élévation
morale et spirituelle. C'est dans cet esprit que je comprends et défends la
laïcité, c'est pour cela que les "Droits de l'homme" ont été
déclarés. Je fais mien ce propos de Voltaire (ce grand mécréant !) : " Je
ne partage pas vos opinions mais je me battrai pour que vous puissiez les
défendre. "
C'est donc dans cette perspective de tolérance que je vous propose ce chapitre sur l'athéisme (il s'agit d'un site Internet complet donc évolutif mais figé pour vous en janvier 2003). Souvent violent, parfois caricatural, il est caractéristique d'un courant antireligieux qui sévit aujourd'hui alors que semblent renaître dans notre société matérialiste de forts besoins de spiritualité. Toutefois, il a au moins l'utilité de dénoncer les crimes, les excès et les hypocrisies commis au nom des religions.
D'autres pages que je rattache, faute de mieux, au chapitre de l'athéisme sont à votre disposition, il s'agit de :
- La crucifixion et la résurrection vues par un musulman : un musulman compare les écritures aux usages en cours en Palestine, tant romains que juifs. Il réfute la crucifixion telle que nous la connaissons et bien sur la résurrection
- Ce qu'il faut croire de la Bible : (Un livre crée la polémique : La Bible dévoilée) selon deux archéologues, l’un israélien (Israël Finkelstein), l’autre américain (Neil Asher Silberman), une grande partie des événements relatés dans la Bible n’ont sans doute jamais eu lieu, notamment des épisodes aussi célèbres que le voyage d’Abraham, le Déluge, l’esclavage du peuple juif en Egypte, l’Exode, la chute de Jéricho ou la conquête de la Terre promise. Depuis longtemps les historiens savent que la Bible n’est pas un livre d’histoire. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman vont plus loin : pour eux, des chapitres entiers du Livre ont été rédigés au VIIe siècle avant J.-C. dans un but politique et sont légendaires. Quelle est la réalité historique de la Bible ? Ces découvertes sont-elles fiables ? Remettent-elles en question la valeur du texte ? La force morale et spirituelle de la Bible dépend-elle, au fond, de sa véracité ?
- Le gros mensonge de la Bible : Une page issue d'un site résolument athée. Son postulat de base se résume par : " il est intellectuellement plus simple de croire que de réfléchir ". Il propose une chronologie intéressante de la chrétienté et un comparatif troublant des croyances récurrentes.
- L'énigme Jésus - Dieu, homme ou mythe ? Une enquête menée par un profane de bonne volonté mais qui n'est pas prêt à croire n'importe quoi et qui sait surtout s'informer - remarquable.
8 - Des sujets divers
Des sujets liés de près ou de loin aux religions sans toujours se rattacher à une en particulier. Ces sujets m'intéressaient je les ai donc explorés. Vous trouverez pêle-mêle :
- Les livres d'heures (comme les Très Riches Heures du duc de Berry)
- Les icônes (une magnifique galerie de 81 icônes)
- Les fêtes religieuses
- Les doctrines religieuses (au delà des trois seules religions monothéistes)
- Une petite encyclopédie des religions (toutes les religions)
- L'art gothique et l'art roman
- La Renaissance
- L'imprimerie
- Symboles et symbolisme
- Les représentations du Christ
- Le monachisme
- Le Roman de la Rose
- l’Eglise catholique et le nazisme
- la Shoah
- Les mythes de la création et le darwinisme
etc...
9 - Une bibliothèque
Constituée de près de 250 ouvrages, vous y trouverez entre autres et dans le désordre :
Voltaire, Rousseau, Descartes, Pascal, Leibniz, Malebranche, Darwin, Joseph de Maistre, Thomas More, Jean Paul II, Villard de Honnecourt, Manu, Rembrandt, saint Augustin, Eckhartshausen, Cyrano de Bergerac, Christian Rosencreutz, Joseph Fabre, Énoch, Gérard de Nerval, Alexis Carrel, Boileau, du Bellay, Villiers de l'Isle Adam, Racine, Eliphas Lévi, Hermès Trimégiste, Boccace, Catherine de Sienne, Thérèse d'Avila, Thérèse de Lisieux, Pline etc. ...
Ces ouvrages, pour une meilleure commodité de lecture sont presque tous au format pdf, facilement convertibles, si vous le souhaitez, en ebook par l’intermédiaire de logiciels disponibles sur Internet.
10 - L'art religieux en occident
Une promenade à travers la France et quelques pays d'Europe au cours de laquelle je vous invite à visiter les plus belles réalisations de l'art roman et de l'art gothique. De nombreuses photos, des explications sur l'art architectural et sur l'iconographie religieuse, un glossaire des termes d'architecture et des pages exceptionnelles sur le carnet de Villard de Honnecourt. Un régal !
Comment
Je n’ai pas bien sûr la prétention d’être compétent pour traiter un si vaste sujet et, exceptées quelques pages de mon cru que vous découvrirez au hasard de votre navigation et quelques compléments ajoutés aux pages existantes, tous les textes sont tirés d’Internet, de quelques Cdrom, de plusieurs encyclopédies et dictionnaires ou scannés sur des revues et des livres que je possède. Mon seul mérite reste dans la recherche et la recension des textes puis dans l’organisation des thèmes et des pages, enfin dans la mise en page, l’illustration et la création des liens pour donner à l’ensemble la fonctionnalité d’une encyclopédie interactive.
Ce travail, considérable puisqu’il m’a pris plus de cinq années à raison d’une moyenne de 5 à 6 heures quotidiennes, aboutit à un "objet" accessibles malheureusement aux seuls familiers de l’utilisation du micro ordinateur. S’il fallait "traduire" ce DVDrom en ouvrage de librairie, il dépasserait certainement 50000 pages au format standard, peut-être plus si l’on tient compte de la place prise par les illustrations. En tout cas, il y perdrait l’intérêt de l’interactivité.
Je ne prétends pas non plus avoir toujours fait les meilleurs choix rédactionnels sur ce que j’ai récolté sur le Net. C’est pour cette raison que, chaque fois que cela était possible, j’ai ajouté une référence encyclopédique.
Internet,
C’est la mine d’or du chercheur. Tout le monde peut s’y exprimer. On y trouve
des sommes considérables de connaissances, des textes introuvables en
librairie, le meilleur comme le pire, des perles et des délires. Le plus
fastidieux, en dehors de la recherche et des longues heures de téléchargement
(je ne disposais à l'époque que d’une connexion à bas débit), c’est le tri
par la lecture en diagonale puis le choix entre des textes parfois très
proches (ce qui m’a fait constater qu’il y a souvent plagiat sur le web).
Toutefois, il m’a été souvent impossible d’éviter certaines redondances de
thèmes pour ne pas casser le rythme d’une section en rendant des liens
inactifs par suppression de leur cible. Pour faire ces choix, j’ai du
télécharger environ le double de ce que j’ai utilisé.
Mais le plus difficile après le choix d’un texte intéressant c’est son éventuelle correction. La lecture en diagonale, bien que rapide, permet malgré tout de détecter dans un texte, qui peut être sublime par ailleurs, des incongruités telles que des inexactitudes scientifiques ou des erreurs historiques et parfois (particulièrement dans ce domaine) des délires mystiques. Je ne parle pas en outre des fautes d’orthographe et de français. Je n’ai effectué ces corrections, lorsque je les ai détectées, que lorsqu’elles me paraissaient indispensables parce que hors limites de l’acceptable (par moi). Je me suis souvent contenté d’un "sic!" entre parenthèses.
Un des problèmes d’Internet (il faut bien qu’il y en ait) c’est l’impermanence, le fugitif. Dans beaucoup de cas, une fois le site présent sur la toile (surtout les pages perso), le créateur s’en désintéresse et ne répond pas à votre courrier ou, s’il y répond, n’en tient pas compte. Trop souvent aussi les liens conseillés vers d’autres sites aboutissent à l’avertissement "URL not found". Pour pallier ce type d’inconvénient, j’ai systématiquement désactivé ce genre de liens en laissant toutefois les adresses dans le cas où vous souhaiteriez les essayer.
Beaucoup de livres sont aussi en libre accès sur Internet, il suffit d’avoir la patience (et le temps) de chercher pour trouver. J’ai pu ainsi télécharger plus de 200 ouvrages ; 4 seulement ont été scannés et sur ces 4, un existait sur le web, je l’ai découvert après coup.
Les
encyclopédies
Elles m’ont été indispensables pour recadrer ce qui parfois me semblait un
peu tendancieux. Elles servent donc aussi de référence car c’est peu dire la
somme de connaissances qu’elles renferment et, hormis les textes religieux,
les ouvrages complets et les quelques sections connexes (limite
hors sujet) elles pourraient à elles seules composer ce DVDrom. Mais alors, quel intérêt pourrait-on prendre à
une compilation de textes encyclopédiques ?
J’ai organisé les articles prioritairement en liens afin d’éclairer la lecture puis j’en ai fait un glossaire général. Ce glossaire général est vite devenu monstrueux par sa taille, je l’ai donc éclaté en glossaires thématiques qui ont fini par s’enrichir indépendamment. Finalement, j’ai réuni tous ces glossaires-dictionnaires sur une page index en y ajoutant ceux que j’avais collectés sur le web, il y en a 30 en tout.
J’ai utilisé 4 encyclopédies et 3 dictionnaires :
- Encyclopédie Universalis (sur Cdrom)
- Encyclopédie Encarta (sur Cdrom)
- Encyclopédie Hachette (sur Cdrom)
- Encyclopédie Yahoo (disponible sur Internet et très complète mais disparue en août 2006)
- Wikipédia, l'encyclopédie libre du net (utilisation tardive, en août 2006 après la disparition de l'encyclopédie Yahoo, on ne perd pas au change)
- Dictionnaire Larousse (sur Cdrom)
- Dictionnaire Le Littré (sur Cdrom)
- Dictionnaire Micro Application (intégré)
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Le plan
Après cette dernière explication, vous avez sans doute compris que la construction de ce DVDrom s’est faite dans l’improvisation, sans méthode ni plan bien définis et vous avez raison. Outre mon intérêt soudain pour le fait religieux qui est apparu plus tard, mon but initial était seulement technique : je voulais apprendre à construire un site Internet et maîtriser les pages html. J’ai commencé par télécharger une version de la Bible en texte brut puis je l’ai mise en page. Ensuite, de proche en proche, j’ai découvert des commentaires sur la Bible puis d’autres versions puis d’autres commentaires, d’autres textes etc. … Désormais j’étais piégé et ma curiosité éveillée. Lorsque j’ai découvert qu’il était temps d’envisager une méthode, il était trop tard. Compte tenu de ce qui était déjà fait, le retour en arrière aurait demandé trop de temps, il valait mieux tenter d’organiser le chaos.
Pour ce faire j’ai construit deux pages index du contenu du DVDrom :
1 - Les trois religions et ce qui les caractérise
2 - La Bible, les textes canoniques et apocryphes, les commentaires, les plans, l’organisation des livres etc.
3 - Les sujets communs aux trois religions (par exemple les interdits alimentaires, l’alchimie)
4 - Les religions précédant (ou contemporaines à) la Bible. Chapitre que j’ai intitulé faute de mieux "Avant"
§ Un où, comme son nom l’indique, tous les sujets sont classés par thème :
Histoire – Religions – Croyances – Textes – Symbolisme – Mysticisme – Esotérisme – Énigmes – Athéisme etc...
Chaque chapitre est généralement traité selon la formule du simple vers le complexe. Le premier "clic sur le mulot" vous amène à une page ou à un texte résumé sur le sujet, le second lien à une page de développement plus complet (mais ce n’est pas toujours le cas, c’est long d’écrire les résumés). Par exemple, le Plan du DVDrom propose des petits textes au survol de la souris, le clic envoie à un résumé (ou à une page index), le dernier clic au texte complet. Ceci m'amène à vous parler de la navigation.
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La navigation
Configuration nécessaire
Pour profiter au mieux de ces pages et lire correctement ce DVDrom, vous devez disposer :
Du système d’exploitation Windows 98 ou suivants de MicroSoft et ...
D’une définition d’écran minimale de 800x600 pixel (c’était, à l'époque où j’ai commencé ce travail, la plus répandue sur le Net). Cela vaut surtout pour les écrans de l'ancienne génération car depuis l'avènement des écrans plats TFT, les résolutions se sont affinées très rapidement avec une qualité inconnue jusque là et finalement les mises en page restent correctes même pour les hautes définitions. Avec cette dernière version, une définition 1680x1050 vous donnera un bon confort de lecture. Cela dit, les dernières versions d’Internet Explorer disposent d’un zoom d’écran très pratique pour grossir les caractères.
D’Acrobat Reader pour lire les fichiers au format pdf (il y en a beaucoup, en particulier les ouvrages). Ce logiciel est disponible gratuitement sur Internet sur le site d'Adobe.
Des polices : Globes.ttf - gr.ttf - he.ttf - olbgrk.ttf - olbheb.ttf disponibles dans le répertoire "CD-". Ces polices sont indispensables pour afficher correctement les textes hébreux ou grecs mais ne compromettrons pas l’affichage des pages si vous ne les installez pas. Pour les installer, il suffit de les faire glisser depuis le DVD dans le répertoire "Windows\fonts" de votre ordinateur (PC).
Quel navigateur utiliser ?
Il ne fonctionne pas avec les anciennes versions de Netscape ou Mozilla et il fonctionne mal avec Firefox, désolé. Par contre, il fonctionne bien avec Safari, Opera et avec Google chrome mais... sans musique (la musique n’est audible que sur Internet xplorer). En outre le moteur de recherche par mot dans la Bible ne fonctionne pas avec Google chrome. Avec Opera, malgré parfois quelques lenteurs à l'affichage, tout est fonctionnel.
Je sais qu'il fonctionne aussi sur MAC mais je ne sais pas tout dans le détail, n'étant pas un familier d'Apple.
Quelques conseils utiles pour la navigation
Lorsque vous cliquez sur un lien, une nouvelle page html s’ouvre. Chaque page comporte des liens de retour ou d’accès à des pages clés mais si vous souhaitez revenir à la page précédente, à l’endroit où vous avez interrompu la lecture, utilisez plutôt la fonction "retour arrière" de votre navigateur (une flèche dans la barre d’outils à gauche de l’écran, valable en html ou en pdf). Dans beaucoup de cas j’ai préféré pour des raisons d’homogénéité esthétiques (la musique entre autres) ouvrir une nouvelle fenêtre sur le lien. Dans ce cas les flèches du navigateur apparaissent en grisé (inactives), vous devez donc fermer cette nouvelle fenêtre en cliquant sur la petite croix en haut à droite de l’écran du navigateur.
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Pour qui ?
Et bien, aujourd’hui pour vous mes amis ! Pour tous ceux qui, comme moi, s’interrogent sur ces religions qui peuvent provoquer à la fois autant d’amour et autant de haine. Je vous propose cette approche un peu plus que superficielle.
Je dois avouer tout de même que j’ai d’abord commencé ce travail pour moi et mon enrichissement personnel, pour satisfaire une curiosité soudaine sur le fait religieux et aussi pour apporter à mes enfants la réponse à une question qu’ils ne m’ont jamais posée et pour cause. Ce sera pour eux une explication, une sorte de testament philosophique, sur les raisons qui m'ont incité à rompre la tradition familiale de l'éducation religieuse. Je me suis bien gardé de leur transmettre quoi que ce soit sur ce sujet pendant leur jeune âge afin qu'ils conservent un esprit libre, affranchi des contraintes culpabilisantes de la religion de mon enfance et vierge de son irréversible imprégnation. Toutefois, avec le recul de l’âge, je m’interroge sur la pertinence de ce choix d’un refus total de transmettre ce qui, malgré tout, reste une donnée culturelle incontournable de notre civilisation. Mes certitudes de jeune père se sont peu à peu transformées en doutes et en regrets qui empoisonnent le grand-père que je suis devenu.
Tout ce que je ne leur ai pas transmis, et beaucoup plus, ils le trouveront gravé sur ce DVDrom et s'ils le veulent ils pourront en faire leur profit.
Cela dit, le produit de ce travail n’est qu’un assemblage de textes écrits par d’autres, souvent sous copyright, et il faut leur en laisser le mérite. Il n’est donc pas question de le commercialiser mais seulement de le partager entre amis, et même dans ce cas ….
Copies ? Oui, si vous le souhaitez, je ne peux pas l’empêcher. Commercialisation ? Non.
Chaque copie que je ferai sera dédicacée et personnalisée par le nom du destinataire : une marque d’affection et un moyen d’assurer une bonne traçabilité des copies ultérieures.
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Pourquoi ?
Je vous ai dit l'enchaînement de circonstances qui m'a entraîné dans la construction de ce DVDrom mais je n'ai pas encore parlé du soudain intérêt qui m'a poussé toujours plus loin dans l'étude du "fait religieux".
Outre que la majeure partie de mon éducation se fit chez les " Frères des Écoles chrétiennes " - ce qui est déjà, à mon sens, une forte imprégnation - mon parcours intellectuel m'a amené peu à peu à considérer la spiritualité comme la caractéristique ultime et définitive qui distingue l'Homme du règne animal. On sait aujourd'hui que les animaux sont capables de bien des choses que l'on croyait être le propre de l'Homme (langage, réflexion, culture, respect des morts...). Et même si ces capacités sont restées à un stade embryonnaire, elles existent néanmoins. Ainsi, après l’affirmation de sa liberté dans la transgression des lois naturelles, l’homme a découvert la spiritualité.
La question à laquelle je me suis heurté, tout imprégné que je suis de culture religieuse, est la suivante :
"La spiritualité a-t-elle un sens sans une référence au divin ?"
Ce qui amène une autre question :
"L'Homme, dans son élan naturel vers la spiritualité, a-t-il créé Dieu ?"
C'est la réflexion d'un homme qui cherche à comprendre, au-delà des vérités prédigérées des religions, ce besoin de transcendance qu'il partage avec tous ses frères humains.
Les Évangiles ont bercé mon enfance et c'est peu dire l'état mystique dans lequel j'ai baigné entre 8 et 14 ans. Aucun fait de la vie de Jésus, aucune parole, aucune parabole, aucun miracle ne m'était inconnu. Les apôtres étaient mes amis, j'étais l'un d'entre eux et avec eux je suivais Jésus.
Et je me savais coupable d'être, parmi les hommes, à l'origine de son sacrifice.
A 14 ans, mes premiers émois m'ont distrait de cette orientation première. Puis l'âge est venu avec la raison et la découverte du monde mais cette formidable aventure mystique m'avait marqué pour ma vie entière.
Lorsque je quittais mon pensionnat, comme la plupart
des enfants, j'étais un naïf, candide et trop confiant, pétri de justice et
craignant Dieu, prêt à mener une vie droite et pieuse faisant ainsi la fierté
de mes éducateurs. Las ! la vie m'a vite rattrapé, mon conditionnement
religieux me desservait tant que j'ai rapidement cessé de tendre l'autre joue
aux coups du sort. J'ai cessé de croire en la Providence qui touchait sans
discernement le bon ou le méchant et je l'ai appelé "hasard". Une à
une mes confortables certitudes se sont évaporées. J'ai reçu le coup de grâce
lorsque pour la première fois j'entendis, et compris du même coup, le mot de
Lénine (ou de Karl Marx , je ne sais plus)
" la religion, c'est l'opium du peuple".
Je n'avais pas 17 ans.
Dès ce moment, tout s'est précipité. Dans une vision fulgurante j'ai revu mon
passé dévot et studieux dans le "cocon" du pensionnat-caserne et
j'ai compris tout à coup le mobile de cette constante sollicitude, de cet
acharnement permanent et parfois brutal à m'inculquer des concepts qui, si je
les suivais, ne pouvaient qu'endormir ma conscience et entraver mon libre
arbitre. Ces bons bergers me destinaient à enrichir leur troupeau bêlant et
docile. Dans ma fougue d'adolescent, j'ai renversé mes idoles, jeté ma bure
aux orties et laissé repousser ma tonsure. Je n'étais plus chrétien.
Dorénavant je n'appartenais plus qu'à moi et j'étais seul responsable de mon
destin. C'est sur ce chemin difficile, mais que je parcourais désormais sans
béquille, que j'ai rencontré, croisé, dépassé, vu passer, entrevu ... des
gens, des livres, des évènements ...qui m'ont fait ce que je suis : un être
pétri de doutes.
J'ai presque tout oublié de cette période mais ce douloureux conditionnement (les bons pères n'étaient pas tendres) a laissé des traces indélébiles. Je suis bien sur resté sensible au message de paix et d'amour des Évangiles (qui ne saurait l'être ?). Mais ce qui reste le plus troublant, c'est le sentiment de calme et de bien-être que je ressens lorsque je pénètre dans une église et, si cette église est belle et bien vieille, je ressens la ferveur de tous ceux qui sont venus y prier pendant des siècles et je suis en communion avec eux. Dans ces instants, j'ai le sentiment de dépasser ma condition d'homme et d'accéder à autre chose, à un autre état de conscience où tout est paix et harmonie.
Un jour, le hasard (d'autres diraient "la providence") mit sur mon chemin un catholique convaincu. Je fût réceptif à sa réflexion qui me semblait atypique du discours habituel qui m’apparaît toujours un peu illuminé. Sur le plan religieux nous étions comme la thèse et l'antithèse. Il était un mécréant converti sur le tard au catholicisme, j'étais un catholique déchu. Un soir que nous discutions de ses convictions, il me remit un texte qu'il avait écrit quelques années auparavant pour éclairer ses enfants sur sa soudaine conversion. Ce texte, je l'ai lu et relu pour enfin être touché par la grâce... de la curiosité. Comme j’avais presque tout oublié de mon éducation religieuse, il m’a fallu apprendre et réapprendre. Pendant 5 ans, j’ai cherché, lu, médité et j’ai progressé….un peu.
Je vous propose ici le maigre fruit de ma réflexion à jamais inachevée sur le " fait religieux " et la spiritualité. Je l’ai présentée sous la forme d'un dialogue imaginaire entre un croyant, un athée rationaliste et l'observateur sceptique que je suis. Ce pourrait être en quelques sortes : la thèse du croyant, l’antithèse de l’athée et la synthèse de l’incrédule, enfin je crois…. Mes convictions religieuses aujourd'hui inexistantes m’ont incité à utiliser, pour le fond du discours du croyant, le texte d’un de mes amis très croyant et pratiquant. De toute façon, je n'aurais pas fait mieux.
Le reste est pure spéculation.
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Réflexion sur la spiritualité et la religion
En exergue, je vous offre une citation "pêchée" dans une étude sur le prologue à l'Evangile de Jean (voir sur le DVDrom)
Le propre de la spiritualité est de considérer que le monde sensible n'est que l'envers, le reflet du monde réel qui est, lui, de nature spirituelle. Une telle conception appelle la croyance en une conscience, une volonté globale absolue, un esprit total qui pense et qui est en soi l'Univers
ma curiosité d'observateur sceptique
Voyons d'abord les points sur lesquels repose ma curiosité d'observateur sceptique ...
Quelle curiosité ? Et bien, je veux comprendre :
1 - Comment des millions d'hommes peuvent-ils croire à des histoires incroyables ?
2 - Pourquoi ces histoires, si proches sur le fond, peuvent-elles engendrer la haine alors que toutes prêchent l'amour ?
3 - Pourquoi l'Homme, atome insignifiant du vaste univers, peut-il imaginer sans prétention que le Créateur de ce vaste univers, Ô combien éloigné de l'Homme par nature, peut s'intéresser à lui en particulier?
4 - Pourquoi un peuple se prétend-il "élu" par ce Créateur ?
5 - Pourquoi " l'Homme religieux " s'est-t-il approprié Dieu ?
6 - Je veux comprendre ce que veut dire " être touché par la grâce " si ensuite celui-là perd tout sens critique ?
7 - Pourquoi des multitudes peuvent être capables d'ânonner des mots mille et mille fois répétés et se prosterner à heures fixes dans les attitudes prescrites pour ce rabâchage ?
8 - Pourquoi, si elles sont si bénéfiques, dit-on alors que les religions ont été construites par l'homme pour maintenir l'humanité sous influence ?
9 - Comment une religion peut-elle justifier le suicide et le meurtre ?
10 - Je veux comprendre enfin pourquoi, à notre époque éclairée, des hommes n'ont pas compris que les religions ne sont qu'un "habillage" absurde et désuet de la spiritualité.
Je n'aurai sans doute jamais de réponse, alors poursuivons notre réflexion et écoutons le discours du croyant.
Le Discours du croyant
Le fond du problème est simple : Pouvons-nous penser que notre vie terrestre aboutit à une sorte de "plongeon" dans un néant définitif et que celles de Pasteur, de Mozart et de bien d’autres n’auront servi, en définitive, à rien, même si la mémoire des hommes à venir en conserve le souvenir ? Pouvons-nous être assurés que l’agencement cosmique et terrestre, tellement formidable et impressionnant vient comme ça, tout seul, de rien ? Devons-nous croire au contraire que quelqu’un poursuit un plan dans lequel nous sommes impliqués ? Il est évident que ces questions se posent à chacun à un moment ou à un autre de nos vies même si beaucoup les occultent. Mais, se poser ces questions n’est pas, tant s’en faut, le bout de la route qu’il est possible et nécessaire de faire.
Sur ce sujet, tout le monde croit à quelque chose. Les uns croient en un Ciel qui n’est pas prouvable, d’autres croient au néant qui ne l’est pas non plus, d’autres s’abstiennent et ne veulent surtout pas savoir et s’étourdissent dans le bruit et l’agitation ; d’autres enfin, craignant d’avoir l’air bébêtes, jouent les fortiches. Certains disent qu’ils croient sans savoir quoi. Mais personne ne sait vraiment.
Lorsque nous regardons la nature, nous ne pouvons qu’être émerveillés par une performance si éclatante déjà acquise voici des millions d’années. L’aile d’un insecte, la structure fine et déliée d’une feuille sont autant de miracles quotidiennement observés qui nous laissent à la fois perplexes et ébahis. Comment est-ce possible ? Le spectacle de la nature émerveille tout le monde, croyant ou non.
Deux hypothèses, sont retenues par ceux, souvent éminents, qui ont creusé la question : celle du hasard ou celle de l’organisation volontaire.
L’un des champions de la première, le Professeur Jacques Monod, a expliqué que la conjonction du hasard et de la nécessité était à l’origine de l’ensemble de tous les composants vivants ou inertes qui constituent l’univers à cause de l’inimaginable durée des temps écoulés depuis le big-bang originel. Lorsque la vie est apparue, carbone et hydrogène se sont agencés au fil des millénaires dans des combinaisons aléatoires et diverses dont seules ont survécues celles qui étaient adaptées aux nécessités. C’est le temps, en multipliant les tirages au sort successifs qui a amené les formes de vies sophistiquées que nous voyons aujourd’hui.
Le Pr Monod n’a cependant rien dit de l’origine de l’énergie qui a produit le big bang.
D’autres savants ont appliqué leurs sciences pour vérifier ces hypothèses. Ils l’ont fait sans but polémique, par nécessité scientifique pure. Les résultats de leurs calculs démolissent l’édifice ingénieux de Monod. Si la dimension du temps est une grandeur fantastique, la quantité d’essais à faire ne l’est pas moins et ceci annule cela. Un biologiste (Cairns-Smith), a évalué que si l’ensemble de la terre avait été constitué d’acides aminés et que des tentatives de liaisons aient été entreprises au rythme d’une toute les trois secondes depuis que l’univers existe, la probabilité de produire une molécule du genre de l’insuline était négligeable. Que dire alors d’une protéine tant soit peu complexe ou d’un organisme vivant autonome. Pour une protéine de base, et même si l’expérience avait été répétée pendant les milliards d’années en question, on reste avec une probabilité de réussite infime. On n’en est pas aux dinosaures, encore moins à l’homme.
Dommage pour le Pr Monod mais il faut oublier le Hasard, même s'il est aidé par sa complice, la Nécessité.
Un second élément concernant la matière est à considérer : Les physiciens des particules ont fait dans ces cinquante dernières années des progrès considérables. Une expérience célèbre dans leur cénacle mais ignorée du grand public (l’expérience d’Alain Aspect) a montré que ce que nous appelons matière en tant qu’élément physique ultime (le photon) est dotée d’une sorte de conscience. C’est de l’énergie et de l’information parfaitement immatérielles. Tout est champs de forces, et interactions.
Puisque le hasard est hors-jeu, et que l’univers est interaction de forces et de conscience, il faut bien voir derrière la réalité perçue une intelligence organisatrice. C’est une première déduction, et elle n’est pas originale. Même Voltaire, pas cul-béni pour deux sous, voyait, à l’évidence, une architecture dans l’univers et soupçonnait qu’il devait donc y avoir un architecte.
Seconde déduction. Puisqu’un Dieu est, d’une façon évidemment inimaginable, responsable de la formidable organisation de l’univers et tout particulièrement de la vie sur terre, alors nous sommes bien obligés d’admettre qu’il ne doit pas exister de problème qu’il ne puisse résoudre dans notre environnement perceptible. Les objections du genre "je ne crois que ce que je vois" sont évidemment infantiles et dérisoires.
La Révélation.
Au delà des certitudes déduites : œuvre volontaire et organisée plutôt que hasard, nous ne savons rien d’autre. Au delà, nous devons croire car, seul, il est strictement impossible d’en savoir plus. Tout est si parfaitement inconcevable qu’il ne faut pas s’étonner si beaucoup ne conçoivent pas.
Qui peut nous dire quoi que ce soit de quelqu’un ? Sinon un autre qui le connaît. Qui peut nous transmettre un savoir ? Sinon un autre qui sait. Qui sait quelque chose de Dieu ? Qui connaît Dieu ? Évidemment et logiquement personne, sinon Lui. Qui peut nous en dire quoi que ce soit ? Encore une fois, personne, sinon Lui. Ce que nous devons apprendre à son sujet ne peut donc nous être enseigné que par Lui. C’est l’objet de la Révélation. Beaucoup regrettent que Dieu ne se révèle pas en se manifestant spectaculairement. Tout le monde le verrait et l’entendrait. Ce serait très simple. Encore qu’une vie dominée de façon tellement écrasante par une telle évidence ne saurait être une vie libre et que la liberté semble nous être aussi indispensable que l’oxygène pour vivre. Il y a donc contradiction. En fait, tout se passe comme si l’idée de Dieu était simplement suggérée aux hommes et qu’ils aient à effectuer une démarche personnelle pour le découvrir. Pourquoi ?
La réponse nous arrive par un groupe d’hommes singuliers, les anciens Juifs, qui ont eu conscience d’un Dieu unique. Les Juifs sont les premiers récipiendaires de la Révélation. Leur histoire nous montre une lente prise de conscience d’un Dieu Créateur et surtout du motif de la création (la question "pourquoi"). Ils ont découvert qu’il s’agissait d’une histoire d’amour ce qui n’était pas à priori évident.
Dans les histoires d’amour, celui qui commence doit provoquer le sentiment en retour de l’autre et ce n’est pas facile.. La nécessité d’une démarche de réponse doit être découverte par celui qui doit l’accomplir et, dans son attente, "l’appelant" est désarmé. Les choses sont délicates, on ne peut compter que sur des signes, plus ou moins nets ou plus ou moins précis. Parfois, ''l’appelé'' ne voit rien, n’entend rien ni ne comprend rien. Son entourage, souvent plus clairvoyant, peut lui mettre les points sur les "i", c’est peine perdue. Entre Dieu et les Juifs c’est pareil. Il y a des signes : les miracles et il y a des clairvoyants : les prophètes. C’est l’ensemble des signes donnés et des messages passés aux hommes par les prophètes qui constitue la révélation.
La bible est le mémorial de la Révélation, mais, parce qu’il s’adresse à TOUS les hommes, ceux d’il y a quatre mille ans comme à ceux qui viendront dans quatre mille ans, ceux d’ici ou d’ailleurs. C’est un outil parabolique qu’il faut décoder. Ce n’est ni un livre de sciences, ni un traité d’Histoire. Ceux qui le lisent sont toujours amenés à se poser la question "qu’est que ça veut bien me dire" sans pour autant que la réponse soit toujours immédiate ou évidente. Le décodage n’est pas aisé encore que le message parfois soit étonnamment clair. En résumé, que nous raconte la Bible ?
> Le peuple Juif fut médiateur entre Dieu et le reste de l’humanité. Une importante partie des livres sert à l’établir (Chroniques, Rois)
> La création est une conséquence inéluctable de l’Amour de Dieu mais elle est néanmoins polluée par un principe antagoniste, le Mal, antérieur ou co-existentiel à elle-même.
> La Miséricorde Divine est nécessaire pour contrecarrer ce principe antagoniste mais aussi pour tenir compte de la non moins nécessaire progressivité de la Révélation (que faire des hommes de Cro-Magnon, que faire des Indiens d’Amazonie, des Chinois, de ceux qui ont la tête dure etc..)
> La religion est destinée à guider l’homme vers une vie d’un autre ordre. C’est dans cette vie future que nous retrouverons, au milieu d’une multitude, ceux que nous avons provisoirement perdus.
> La préparation requise pour cette vie vraie future consiste précisément à aimer Dieu le mieux qu’on peut en ne perdant pas de vue qu’Aimer tout court, c’est déjà aimer Dieu.
> Les prophètes sont, de leur temps, méprisés. Ils dérangent et disent les vérités que l’on ne veut pas entendre. Leur message n’est entendu qu’à posteriori, parfois très longtemps après leur mort.
Le Christ et le Nouveau Testament.
Il a donc fallu préciser et accomplir la révélation et ce furent les trois années fulgurantes du Christ avec en point d’orgue la résurrection. Qu’a dit le Christ ? A la foi peu (en quantité) et beaucoup (en densité). Qu’a-t-il fait ? Il est mort et ressuscité. En résumé, que nous apporte le Nouveau Testament :
D’abord des confirmations de l’Ancien Testament
- Le vrai monde nous est préparé pour une autre vie, la vraie, sans mal ni mort (le Royaume).
- Ce monde futur est un monde d’amour inimaginable, immense et pur. C’est la raison pour laquelle la mort, mal des maux, en est absente. Pour y vivre, nous devons apprendre dès maintenant à retourner vers lui l’amour que Dieu, nommé explicitement le Père, nous porte. C’est la raison et le but de notre vie biologique actuelle.
- Ensuite, des précisions nouvelles (par rapport à l’A.T)
- Aimer les autres, et particulièrement les plus pauvres et les plus faibles, pour l’amour de Dieu, c’est aimer Dieu.
- Malgré nos tentatives pour vraiment aimer les autres, nous n’y arriverons que très imparfaitement, d’où le péché qui est carence d’Amour. Il faudra l’inimaginable aptitude à pardonner de Dieu pour effacer l’ardoise de nos défaillances dans ce domaine. Le Christ a formellement indiqué le sens rédempteur de son sacrifice qui n’est pas le paiement d’une rançon (sa vie contre notre salut) mais la synthèse unique et définitive de tout les sacrifices passés et à venir.
- Aimer est l’essentiel mais parler à Dieu dans la prière est important.
- A ceux qui l’on découvert, le Christ demande de célébrer sa Résurrection dans l’Eucharistie ("Vous ferez ceci en mémoire de moi..."). C’est l’objet de la Messe qui est un mémorial et une réitération.
Aucun autre effort n’est demandé, surtout pas d’observer des préceptes. Le Christ, dans la parabole de la Samaritaine, a récusé formellement toute les religions à préceptes, qu’elles lui soient contemporaines ou à venir. Et le Christianisme n’en est pas une. Le livre de l’Apocalypse nous montre dans une image saisissante : « la foule immense des vivants debout (pas prosternés) en vêtements blancs (pardonnés), de ceux qui ont cherché Dieu ».
La résurrection
Sur ce que le Christ a fait, le plus important mais aussi le plus contesté, c’est sa résurrection.
On est ici comme un juré d’assise invité par le Président de la Cour à se forger une intime conviction car la preuve scientifique et juridique du fait n’existe pas. Il est par ailleurs fatal que cette preuve n’existe pas car la libre adhésion qu’implique l’amour serait alors remplacée par une sorte de main forcée.
Mais peut-on contester les faits rapportés par Matthieu et Jean, témoins oculaires ? Jésus-Christ, prédicateur du Royaume de Dieu, est mort publiquement en Palestine, par le moyen de la crucifixion.
Ce qui distingue cette crucifixion des autres (courantes à l’époque) c’est qu’elle fut suivie d’une revendication de résurrection.
A première vue, tout cela ne paraît pas sérieux, mais les témoignages en question "sonnent" juste et leur sincérité n’a été mise en cause par personne.
Hormis la Rédemption qui est son fondement théologique, la résurrection a eu quelques effets immédiats. Le plus spectaculaire est la subite et radicale mutation des apôtres. Ils se transforment en leaders déterminés, efficaces et polyglottes. Second effet immédiat, l’explosion de la "secte". De quelques adeptes plus ou moins terrés, elle passe en peu de temps à une troupe si imposante que les autorités religieuses juives doivent intervenir pour tenter d’en juguler l’expansion. A cette époque, bien des guérisseurs et thaumaturges entraînaient des gens à leur suite, mais aucun n’a déclenché un raz-de-marée de l’importance et de la durée du Christianisme. Il faudra attendre six siècles pour que Mahomet réussisse un coup un peu dans le même genre.
Quels indices peuvent étayer la conviction ? Trois au moins.
Le second est matériel et quasi-contemporain. Il s’agit du Suaire de Turin dont l’existence historique en fait pour le moins une énigme scientifique et au plus un véritable "évangile physique". Peut-être un signal en direction de l’homme du 21ème siècle. Il est évident que, comme l’avait déjà dit en 1905, un professeur d’anatomie (Yves Delage), s’il s’était agit du suaire de Gengis Khan ou celui de Vercingétorix, il y a belle lurette qu’on ne discuterait plus.
Le troisième enfin, déductif, découle de l’analyse que l’on peut faire pour comprendre le " Plan de Dieu pour la Résurrection ".
L’enchaînement des faits depuis l’Annonciation jusqu’à l’Ascension est d’une logique impressionnante. Tout concourt à authentifier l’événement. La naissance humaine : c’est bien d’un corps comme le nôtre qu’il s’agit, fabriqué, si l’on peut dire, de la même façon, avec le même procédé. La mère ? Vierge, impossible que Dieu soit d’humaine filiation, il y aurait doute sur sa déité. Le père nourricier ? Indispensable car une fille-mère aurait été lapidée, il fallait donc un père apparent. La mort ? Par exécution publique donc indiscutable. Le suaire vide dans le tombeau vide, les témoins multilocalisés puis l’Ascension. C’est bien d’une démonstration de notre future résurrection qu’il s’agit.
Si c’est le percepteur Matthieu qui a trouvé ça tout seul : chapeau ! Il ne manque pas d’imagination.
objections et doutes
Tout étant si compliqué et si loin de notre compréhension, il est clair qu’il y a des objections et des doutes.
- Les religions diverses. Il est couramment enseigné que la Révélation est close et que Dieu nous a tout dit. C’est difficile à croire car d’autres la vivent sous une autre forme, Juifs, musulmans, animistes etc.. tous ceux qui croient en quelqu’un. Sont-ils tous des imbéciles ? Sûrement pas ! Tous avancent, mais pas sur les mêmes routes ni à la même vitesse.
- Le Mal et la Mort. Les plus sérieuses des objections et en fin de compte les seules, se ramènent à la présence dans nos vies de l’injustice et de la souffrance. Plus particulièrement nous ne tolérons pas celles qui atteignent des enfants. Que dire de leur mort. La réaction commune est alors la révolte. Si Dieu existait, dit-on, Il ne tolérerait pas cela. A cela, il n’y a pas de réponse simple et claire à donner. Quelque chose, quelque part, cloche, en dépit de la volonté de Dieu. C’est peut-être la rançon de notre liberté (le Péché originel) ou peut-être l’existence d’une force antagoniste, temporairement hors de son contrôle (le Mal). L’Apocalypse nous montre en images lyriques le combat du Mal (le Dragon) et du Bien et nous dit que ce combat dure encore et qu’il sera à la fin gagnéNos enfants qui meurent en sont les victimes. Dieu les pleure avec nous mais il nous les garde. C’est cet espoir qui nous fait vivre.
(Extrait d’une réflexion sur ses croyances destinée à ses enfants de mon ami P.T.)
La réponse de l'athée rationaliste
La religion ne prend sens que lorsqu'elle réduit l'univers et son immensité à la petite communauté humaine sur son infime planète. Toutes les religions mettent l'Homme au centre de l'univers (au moins les religions monothéistes, celles d'Extrême-Orient définissent l'homme comme partie intégrante et indissociable de l'univers, dans une démarche en totale opposition à celle des occidentaux).
C'est seulement quand l'homme interroge la nature avec sa raison et les instruments inventés par son intelligence qu'il prend une voie qui l'achemine lentement vers la lumière de la vérité, certes toujours partielle mais toujours enrichie.
Sur le plan de la connaissance la religion est stérile, elle enseigne depuis des milliers d'années des légendes invérifiables remplies d'absurdités irrationnelles auxquelles elle demande de croire sans examen. Comment peut-on progresser si l'on se maintient dans un système clos, sans possibilité d'une quelconque remise en cause ?
Sur l'aspect social, la religion instaure des principes de vie, individuels et communautaires. Ces principes sont érigés en règles immuables, sans possibilité de transgression. Ces règles sont établies et imposées par les forts (ou les malins) pour contrôler la multitude et la maintenir dans un calme servile. Ce contrôle est rendu possible par un chantage sur la survie après la mort. La religion, qui apporte des réponses à l'angoisse de la mort, donne l'espoir d'une après-vie radieuse aux brebis qui ne s'égarent pas.
La science nous donne une réponse plus vaste qui dépasse de très loin notre petite humanité. Dans l'univers rien ne meurt, tout renaît en permanence. Notre corps, formé des mêmes particules qui remplissent l'univers, n'est qu'un assemblage fortuit et fugitif de ces particules qui ont déjà composé bien d'autres corps ou bien d'autres plantes et bien d'autres organismes. Nous sommes "poussières d'étoiles*", poussières d'univers. La loi d'entropie veut que tout se désunisse et à notre mort nos particules indestructibles seront rendues à l'univers pour que d'autres assemblages soient possibles.
* J'emprunte ce terme à Hubert Reeves
Notre esprit qui est l'âme de cet assemblage n'existe que par l’existence même de cet assemblage. Les influx nerveux entre les synapses des neurones de notre cerveau n'existent que parce que les neurones existent. Ces influx nerveux créent la pensée et de la pensée naît le raisonnement. Le raisonnement implique, chez l'Homme, l'intelligence et tout ce qui en découle qui lui est propre, entre autres le mysticisme et la spiritualité. Notre esprit disparaît en même temps que nos neurones pour renaître ailleurs à la fois semblable et différent. Semblable parce que nous partageons tous les mêmes mécanismes de la pensée, différent parce que chaque esprit possède sa propre personnalité, déterminée par une foule de facteurs comme le patrimoine génétique, l'éducation, les contraintes sociales et aussi la réflexion. Chaque étoile qui meurt ensemence de vie un immense domaine et le cycle recommence.
Pour peu qu’elle soit transmise, l’œuvre produite par chaque individu au cours de sa vie n’est pas perdue, elle est conservée vivante dans la mémoire des hommes et concourt au perpétuel enrichissement de la pensée. C’est la contribution de chacun à l’œuvre commune qui importe. Chaque vie est une pierre qui contribue à l’édification du temple "Humanité". Les explications eschatologiques des religions pour justifier les notions de paradis et d'enfer ne visent qu'à flatter l'ego de l'homme qui, dans son orgueil, ne peut se satisfaire d'un non-être post-mortem.
Cette vision de l'après-vie ne répond pas bien sur à notre angoisse de l'au-delà, à notre refus du non-être de la mort ou à la disparition de notre état de conscience d'être vivant. Elle répond seulement à une loi physique simple : " rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ". Certaines religions orientales croient à la réincarnation (métempsycose), cette vision pourrait en être une variante si l'on admettait que l'esprit puisse continuer une existence autonome jusqu'à ce qu'il décide de "s'accrocher" à un nouvel assemblage (nouveau corps). Mais cela est une autre histoire ...
En ce qui concerne la "cause initiale" de l'existence de l'univers et de l'Homme, personne ne peut prétendre détenir une quelconque parcelle de vérité. La science d'aujourd'hui donne des explications probables à la naissance et à l'évolution de l'univers et de la vie et ces connaissances s'affineront à mesure que notre savoir progressera. Même la religion qui a maintenu l'Homme dans l'obscurantisme pendant des millénaires a dû peu à peu adapter son discours aux réalités prouvées de la science mais ce ne fût pas sans difficulté. Lorsque nous mesurons l'immensité de notre ignorance, nous comprenons que le chemin à parcourir vers cette "vérité" sera encore très long, il demandera peut-être la durée entière d’existence de l'humanité, si tant est qu'elle y parvienne. Cette vérité finale nous sera sans doute à jamais inaccessible mais il n'est pas pour autant nécessaire de se croire obligés d'inventer des fables de créateur ou démiurge plus ou moins anthropomorphe, lequel "in fine" nous jugera digne ou indigne de partager son paradis en fonction de nos bonnes œuvres ou de notre foi en lui.
Nous pouvons comprendre toutefois qu'un grand nombre d'esprits désemparés ait besoin pour se rassurer de se situer dans une structure suffisamment cohérente, bien qu'irrationnelle, pour savoir qu'il existe un commencement et un terme à toutes choses et pour conserver l'espoir de sauver leur misérable ego.
Il est intellectuellement plus facile de croire que de réfléchir.
La réflexion de l'observateur sceptique
A propos de rationalisme ou de positivisme
La science m'étonne, mais au fond elle m'ennuie, peut-être parce qu’elle est inaccessible au commun des mortels. Peut-être aussi nous apparaît-elle stérile parce qu’elle ne répond qu’au "comment" et jamais au "pourquoi". En outre, peut-on limiter notre réflexion qu’aux seules choses matérielles ou visibles ?
Le discours rationaliste sur les religions est, pour le moins, réducteur car si elles sont sans conteste des constructions humaines et, pour la plupart, des instruments d’asservissement, elles donnent des réponses à l’angoisse de la mort et se fondent toutes sur un principe "d’origine et de destination" qui est absolument irréductible par l’homme et auquel la science n’apportera jamais de réponse. La "vérité" dont il est question est inaccessible à nos instruments, présents et à venir. Certes, nous découvrirons encore beaucoup de réponses à nos interrogations. Nous atteindrons sans doute des sommets de connaissances insoupçonnés aujourd’hui mais toujours les frontières du savoir reculeront pour nous montrer encore et toujours l’étendue de notre ignorance. C’est peut-être en cela que de très grands scientifiques disent avoir découvert Dieu derrière leurs éprouvettes.
Les grandes religions se fondent sur un ensemble de textes sibyllins dits "inspirés" (Torah, Coran, Évangiles, Veda…) que des exégètes étudient et interprètent à l’infini. Ces textes sont "la loi" (ou la Révélation). Ils sont acceptés tels quels, sans examen, comme vérité primordiale et comme justification. Ils suffisent à la multitude qui ne demande rien de plus que des règles de vie et des certitudes "d’après vie". En outre, les religions ont été, et sont aujourd’hui encore dans beaucoup de pays, le ciment social, la règle de vie communautaire (le mot viendrait du latin religere, "relier", ce qui relie les hommes entre eux et… à Dieu).
Ceci, c’est pour l’aspect visible, on dit : "exotérique", destiné à l’usage du plus grand nombre. Reste l’enseignement caché, le plus intéressant mais le plus difficile d’accès, celui que l’on dit : "ésotérique". De là on peut s’éloigner des religions jusqu'à s’en affranchir. Pour celui qui sait la dépasser, la religion peut être le début du chemin qui mène à la vraie spiritualité
L'intelligence de l’homme ne lui sert pas seulement à comprendre le fonctionnement des choses qui l’entourent. Il a besoin de réponses à ses questions fondamentales sur sa condition. Mais pas de réponse définitive, il n’y en a pas. Il s'agit seulement pour lui de progresser vers une meilleure compréhension, voire vers une plus grande acceptation de sa misérable condition.
Intégrer l'enseignement des religions dans notre réflexion, c'est porter notre regard sur le passé comme on étudierait l'histoire et c'est indispensable pour mieux comprendre le flux de la pensée humaine. La science en est bien sur une des composantes. Ce flux auquel nous contribuons chacun pour une infime partie nous pousse irrésistiblement vers un avenir éclairé par une meilleure compréhension des choses matérielles et spirituelles. Mais on ne peut oublier que ce flux a pris sa source dans la sagesse des anciens. Cette sagesse, qui est au fondement des anciennes religions, est l’œuvre d'hommes qui ont compris que quelque chose les dépasse, quelques soient les attributs ou le nom qu'on lui donne.
Le discours rationaliste montre que la science devient peu à peu le refuge des esprits "forts" qui opèrent ainsi un transfert. Au lieu de faire porter leurs angoisses existentielles par une religion qu'ils nient, ils les confient aux savants de cette nouvelle doctrine et cela dans tous les domaines : matériel, médical et psychique puisque selon eux la science est omnipotente. Il faut se rendre à l'évidence, l'esprit humain progresse moins vite que les connaissances et notre atavisme nous enchaîne au passé. De nos jours, le sorcier est devenu médecin et le prêtre-gourou psychothérapeute. Cette nouvelle doctrine proclame que la science trouvera toujours une réponse aux problèmes que nous créons. Ce que le paléontologue Yves Coppens traduit par : "l'homme trouvera la solution ".
En remplaçant la foi religieuse par la foi dans la science on rejoint, par un chemin détourné, la doctrine humaniste qui nous conduit depuis la Renaissance et dont le matérialisme est le pire produit. Le courant humaniste ne se limite pas à la science qui n’en a été qu’une conséquence, il affirme prioritairement la valeur de la personne humaine et vise à son épanouissement. Entre autre, la Renaissance (et c’est là l’origine de son nom) a redécouvert les philosophes grecs. Il s’agissait donc d’abord d’une renaissance de la pensée philosophique, étouffée par le mystique moyen âge. Ce courant puissant et universel en Europe a peu à peu rejeté l'emprise religieuse et, en même temps, commencé à se pervertir.
La science d'aujourd'hui s’intéresse plus au bien-être matériel de l'Homme (et en même temps, et paradoxalement, à sa destruction) qu'à sa grandeur et à son épanouissement spirituel. Que reste-t-il à présent de l'humanisme ? N'a-t-on pas fait beaucoup mieux en nombre de victimes en un seul siècle et grâce à la science que toutes les guerres réunies depuis Nabuchodonosor jusqu'à la guerre de 1870 ? Est-ce de cette façon que notre humanisme moderne affirme la valeur de la personne humaine ?
A quoi mesure-t-on l'épanouissement de l'homme prôné par les humanistes de la Renaissance ? A tous ces gadgets technologiques qui, pour la plupart, nous compliquent la vie au lieu de la simplifier ? Pour les humanistes de cette époque, le véritable épanouissement ne pouvait être que spirituel.
Trop de gens aujourd'hui montrent une foi aveugle en la science et c'est un risque mortel. "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme".
A propos de la religion et des croyances religieuses
Il est paradoxal de démontrer l’existence de Dieu en s’appuyant sur la science et de ne pouvoir prouver la réalité historique du Christ et des dogmes attachés autrement que par cette « justification circulaire » des vérités du Livre par le Livre lui-même C’est une démarche assez banale chez nos croyants qui veulent convaincre. Mais, à bien y réfléchir, une profession de foi lorsqu’elle explique Dieu par la science est-elle celle d’un vrai croyant ? La tendance qui consiste à chercher les appuis de sa foi dans des preuves scientifiques est une méprise, la foi se situe bien au-delà de toutes les justifications, elle ne s’explique pas, elle se vit.
N’empêche, en écoutant cette profession de foi devant l’architecture merveilleuse de l'univers et de la vie, je ne peux me défendre de discerner comme lui l’existence d'une volonté créatrice et organisatrice.
Le fonds du problème (d'autres diraient le fonds de commerce) de toutes les religions qui justement sont dites "révélées", c’est la Révélation.
Restons dans le champ des trois religions monothéistes héritières de la Bible. Il va de soi qu'elles invoquent toutes les trois la même divinité mais sous trois noms différents. Peu importe, c'est le même, mettons cela à charge des différences linguistiques ou culturelles.
Tout commence avec la Torah des juifs qui deviendra, après l'ajout de quelques livres de prophètes, fidèle à l'original, l'Ancien Testament des chrétiens. Les musulmans, qui ont repensé la révélation avec le Coran, considèrent tous les écrits antérieurs (Bible et Évangiles) comme sources d'inspiration et d'enseignement éthique transmises par l'intermédiaire du Coran. Mais ils ne les conservent pas dans leurs canons.
Premier point : Cette divinité aurait donc délivré au moins deux messages ? Que peut-on en conclure ?
Que sous des habillages différents ce message sibyllin est le même mais symbolique et crypté pour inciter les hommes - s'ils veulent comprendre - à rechercher dans les textes, pour les uns celui qui en a été l'Inspirateur, et pour les autres ce qu’Il a vraiment voulu dire. C'est ce qui se dit mais l'exégèse n'est pas le fait du commun des mortels. Pour se faire une opinion, les hommes simples ont donc à leur disposition l'interprétation des textes (exemple le Talmud ou les écrits des Pères de l'Église). Mais ces interprétations sont le fait d'hommes donc forcément subjectives, que reste-t-il alors du message initial ?
Et ce message, d’où vient-il ? Que penser de l’authenticité des livres et de leur inspiration ?…
En ce qui concerne le Coran, il n'y a pas l'ombre d'un doute, il est homogène et écrit par une seule main (dicté en fait, Mahomet ne savait ni lire ni écrire). Et son apparition est historiquement trop récente pour que le souvenir de son origine se soit perdu. Le peu que j'en connaisse ne me permet pas d'en parler. Il ne raconte pas ou peu, il délivre les préceptes - souvent abscons - du prophète, dit ce qui est bien ou mal et organise dans le menu la vie des hommes et des peuples.
Quant à la Bible, c'est une autre histoire. Si l'on s'en tient aux textes et non à la chronologie qu'ils rapportent leur origine remonterait à l'Exode, lorsque Moïse aurait écrit le Pentateuque (vers 1500 ou 1300 av JC ?). En fait, les archéologues et les historiens modernes s'entendent sur l'époque de la rédaction du Pentateuque qu'ils situent au plus tôt vers la fin du VIIIe siècle av JC. Moïse n'en serait donc pas l'auteur. Comment pourrait-il en être autrement d'ailleurs puisque dans le Deutéronome, dernier livre du Pentateuque, il décrit avec force détails le moment exact et les circonstances de sa propre mort.
La Bible, patchwork de livres de divers auteurs, est issue de deux sources : la tradition jahwiste de la monarchie unifiée du sud et la tradition élohiste du royaume du nord. C'est pour cette raison que l'on relève de nombreuses redondances dans les textes (Genèse, Exode, Nombres). De cette histoire des hébreux et de l'Exode relatés par la Bible, il n'existe pas de trace probante. De l'existence ancienne d'Israël, l'archéologie n'a, à ce jour, identifié qu'un seul objet : la stèle de Meneptah (érigée par le pharaon du même nom vers 1207 av. J.-C.) qui fait état d'une victoire remportée contre un peuple nommé Israël et établi quelque part en Canaan. C'est la première mention du nom d'Israël dans un texte de l'antiquité encore intact. Mais il n'existe pas un seul mot, pas la moindre trace mentionnant la présence d'israélites en Égypte. Pas d'inscription sur les murs des temples, pas d'inscription funéraire, pas de papyrus. Rien ne mentionne la présence d'une horde israélite en fuite dans les documents surabondants de cette époque du Nouvel empire (XVe - Xe siècle av JC)*. La Bible est la seule "preuve" de l’existence d’Israël à cette époque reculée.
(* In "La Bible dévoilée" Finkelstein et Silberman)
Je n'irai pas plus avant sur les Livres. D'ailleurs, que pourrais-je ajouter de plus à la littérature foisonnante, sur ce sujet tout a été dit. Il reste que la question se pose sur la nature de l'inspiration, sur l'Inspirateur et sur les récipiendaires traducteurs de l'inspiration biblique.
Que dire de l'inspiration si on la mesure à l'aune de la confusion des textes ...
Qui était L'Inspirateur ? Yahvé, Élohim, Adonaï ? Allah ? Un dieu unique que l’on ne peut nommer ? Unique oui mais perçu différemment selon les sensibilités. A la fois Dieu d’amour absolu, omnipotent, dominateur et souverain mais curieusement affublé de passions humaines.
Les récipiendaires sont inconnus et trop nombreux sans doute pour en faire le compte.
Plus récente que l’épopée de Gilgamesh* qui n’a pas
eu la même audience, la Bible reste le livre le plus ancien et le plus
diffusé de notre culture. Traduite et imprimée en 2123 langues soit 97% de la
population mondiale, la Bible est le livre le plus répandu de l’Histoire.
C’est un récit épique et merveilleux, rempli de sagesse et de poésie, saga
d’un peuple en communication directe avec son Créateur. Une bien belle
histoire, pleine de rebondissements et de splendeurs mais c’est un livre pour
les hommes écrit par des hommes et son caractère dit « inspiré » ne
me convainc pas. Sans doute ces textes ont-ils été écrits dans un but
politique d'unification d'un peuple de nomades bédouins éclaté en tribus
querelleuses. Ce besoin d'unification est devenu crucial lorsque la
sédentarisation s'est imposée comme mode de vie inévitable parce que mieux à
même de répondre à leurs besoins vitaux. Les récits de conquêtes de
territoires pris aux cananéens ont été écrits à posteriori pour valoriser à
ses propres yeux un peuple sans histoire en lui donnant une mythologie épique
et conquérante justifiée par un dieu qui le désigne comme "son peuple
élu ". Ce constat toutefois ne retranche rien à la beauté du récit et à
son contenu de sagesse et d’enseignements.
(* Gilgamesh,
roi sumérien du IIIe millénaire; l’un des principaux héros de la
mythologie mésopotamienne. Son épopée (où se trouve le premier récit du
Déluge) a d’abord été connue par les tablettes de la bibliothèque
d’Assurbanipal à Ninive. Depuis, de nombreux fragments de toutes les époques
ont complété ce texte.)
Ce que j'imagine d'un livre inspiré n'a rien à voir avec ce que nous propose le Pentateuque (et les autres livres qui le suivent). Je l'imagine ce livre pur et linéaire, un livre de cristal dans lequel je pourrais trouver le sens de la vie et l'amour universel et où je pourrais puiser la paix et l'harmonie. Rien de cela dans la Bible qui résonne de bruits de guerres et de tueries, de trahisons et de honte. Il raconte la vie des hommes et de leurs relations ambiguës et tumultueuses avec un dieu terrible et vindicatif.
Il est vraisemblable que le christianisme l'ait conservé dans ses canons parce que les premiers chrétiens étaient juifs et que la justification du Christ-messie était d’accomplir les prophéties de l'Ancien Testament. Ils conservaient donc un ensemble d'écrits cohérent et une continuité de la tradition hébraïque. On peut aussi penser (mais avec beaucoup de mauvaise foi, si je puis dire !) qu'il l'ait conservé pour servir de base à la justification à posteriori du rôle de Jésus dans le Nouveau Testament. Sans l’Ancien testament, les Évangiles perdent du sens.
Les Évangiles restent pour moi le seul vrai message d'amour qui ait pu être transmis aux hommes, à condition de limiter ce message aux seules paroles que leurs auteurs attribuent à Jésus*. Seul l'enseignement qu'elles contiennent est digne d'intérêt. Les autres écrits, bien que respectables et éclairants, n'en sont qu'une explication ou une application (les épîtres et les actes).
(* c'est le principe des logia : n'accorder de valeur réelle qu'aux paroles de Jésus (Valentin d'Alexandrie et l'Évangile de Vérité (IIe siècle ap. JC). Voir aussi l'Evangile de Thomas)
Une première étape consisterait donc à ne conserver que l'enseignement en dépouillant les textes du côté merveilleux du conte. Mais ce serait du même coup priver la doctrine chrétienne de deux de ses principaux dogmes : la déité de Jésus et sa résurrection qui atteste sa nature divine.
Pourquoi est-il nécessaire, pour crédibiliser un enseignement, de l'entourer d'une mystique et de faits incroyables ? Certainement pour frapper les esprits et les rendre réceptifs par l'émerveillement ou la crainte.
Tout ce merveilleux est-il indispensable pour entendre le message que nous délivre l'Évangile et pour croire qu’il représente l'espoir d'une humanité meilleure ? Cela dit, il y a dans les Évangiles une grande richesse symbolique qu’il ne faut pas ignorer. Sacrifice et résurrection ne procèdent pas du merveilleux mais du mystère, sacrifice d'une victime expiatoire qui libère chacun d’un destin humain matériel et sans horizon pour renaître à une dimension qui est celle de l'esprit.
Si, par extraordinaire, l'Évangile n'était pas un livre sacré, ce serait tout de même un "sacré livre !"
Les églises : La deuxième étape et non la moindre est de considérer l'Évangile d'une part et les églises d'autre part, les secondes étant le média de la première. Lorsque je dis "églises", je parle de toutes les églises ayant bâti une doctrine chrétienne sur l'enseignement des évangiles.
1. Plusieurs doctrines pour le même enseignement.
2. Des lectures différentes, voire divergentes d'un même texte.
Toutes ces doctrines se sont construites autour d'individus (on dirait aujourd'hui des gourous) : visionnaires un peu fous ou individus mécontents de leur sort ou à la recherche de pouvoir. La religion est un extraordinaire instrument de pouvoir. Ces doctrines, toutes les doctrines, ont perverti le message originel par leurs interprétations tendancieuses.
Un enseignement, dispensé aux hommes pour que chacun en fasse son profit, ne peut pas supporter l'interprétation d'un seul sans perdre pour les autres l'essentiel de ce qu'ils auraient pu y trouver.
Dans ce sens, les religions n'apportent rien, au contraire elles soustraient.
Mais, me direz-vous, comment faire connaître le message si l'on supprime le média ? Les philosophies n’ont pas d’église, elles se répandent pourtant.
conclusion provisoire
La troisième et dernière étape est l'aboutissement momentané de ma réflexion. Elle sera donc une conclusion toute provisoire car, à moins de baigner dans les certitudes, on ne peut conclure de façon péremptoire sur un tel sujet.
De quoi a-t-il été question tout au long de ce débat ? De la dimension spirituelle de l'Homme et, pour la réaliser, de sa possible adhésion à une croyance ou à une religion.
Nous baignons dans le matérialisme et la technologie, la "science" est notre nouveau credo, le "profit" une doctrine. Je suis convaincu que dans sa grande majorité l'homme moderne occidental, de mieux en mieux informé mais de plus en plus dépendant du confort de sa vie "assistée", a régressé sur le plan spirituel. C'est pourquoi l'humanité a encore beaucoup de chemin à parcourir pour accéder totalement à cette dimension. Mais j'ai foi en cette dimension spirituelle de l'homme hors de laquelle je ne vois pas d'amélioration possible de sa condition.
L'Homme ne peut se satisfaire de sa seule condition matérielle qui lui rappelle trop sa nature originelle : l'animalité. Son esprit, cette parcelle divine qu'il a en lui, le pousse à la transcendance pour dépasser cette réalité. Doit-on en conclure pour autant qu'il recherche un dieu ?
L'Homme en quête de spiritualité a-t-il besoin de la réaliser nécessairement dans le prêt-à-porter religieux ?
Doit-il si facilement voir aboutir ses spéculations, et cela selon sa nature, sur l'une des nombreuses divinités que lui proposent les non moins nombreuses religions ? Et si c'était le cas, laquelle de ces religions, par l'exemple qu'elle montre, a-t-elle acquis une respectabilité suffisante pour qu'il puisse l'embrasser sans réserve ? Toute l'histoire dément qu'il en existe une seule parmi les trois monothéistes : guerres, croisades, pogroms, inquisition, Shoah, intifada. Aujourd'hui, la folie meurtrière des islamistes, devant l'obstination sioniste et la complicité silencieuse de la chrétienté occidentale, montre que la situation perdure.
Nous devons partir du postulat que l'homme est perfectible et que, pour progresser, deux voies possibles se présentent à lui :
L'une lui dit que la lumière qu'il entrevoit parfois est celle qu'il porte en lui, elle lui appartient et il à le pouvoir de la révéler, tandis que l'autre lui dit : " ne réfléchis pas, fais ce que je te dis et tout ira bien" ;
l'une lui dit : " il n'y a pas de limite à ta recherche de vérité et nul ne peut t'en assigner " , l'autre ne tolère pas le moindre écart, la déviance lui est interdite ;
l'une lui donne la liberté, l'autre le condamne dès sa naissance, puisque il est pécheur dès son premier souffle.
De ces deux voies, l'une est facile et rassurante parce qu'elle lui demande de ne pas se poser de question et que son péché pourra lui être pardonné tandis que l'autre est plus incertaine car elle a foi en l'homme et dans son potentiel de perfectibilité.
Mais l'homme est ainsi fait, il parle de perfection et s'en approche rarement. Il en va de même de la spiritualité, l'homme a en lui cette lumière mais il cherche souvent à l’occulter parce qu'elle l'effraie.
Pour poursuivre cette quête constante d'un "autrement", d'un "ailleurs", d'un "pourquoi" qui seraient sa justification et sa destination, l'homme éveillé s'appuie sur le socle des sagesses anciennes en utilisant les outils laissés à son intention par ses prédécesseurs : la grandiose beauté d'une cathédrale, les arcanes de ses sculptures et de ses vitraux, la sensibilité allégorique de ses retables, la géométrie éclairée de son architecture. Les textes qu'ils lui ont laissés en héritage sont autant de messages qu'il doit décrypter autrement que par une exégèse étroite et orientée. C'est par une étude personnelle, en suivant sa propre sensibilité, qu'il trouvera dans les œuvres et dans les textes les prémisses d'une connaissance qu'il n'aura de cesse d'approfondir sa vie durant. Tous ces messages cachés montrent à l'évidence que des hommes sont parvenus à s’approcher, mais de trop loin encore, de cette Vérité ultime, cette Lumière ineffable que d'autres appellent Dieu.
La méditation bouddhique ne s'appuie sur aucune religion, seulement sur l'enseignement et l'exemple d'un homme légendaire, Bouddha, un sage qui est parvenu à la perfection et (dit-on) à la connaissance de la Vérité. Pas un dieu, pas même un prophète : un guide pour chacun sur sa propre voie.
L'âge d'Or, s'il est pour demain, est à construire chaque jour, mais il peut être aussi celui que nous vivons dans l'instant si nous savons le reconnaître et l'apprécier.
Saint Léger le 22 août 2003
Quelques remarques :
A propos de l’historicité du Christ, on entend parfois dire : " elle est bien mieux étayée et assurée que celles de Jules César ou d’Alexandre qui ne sont pas contestées."
C'est une erreur, les seules "traces" historiques (pensait-on) du Christ qui étaient celles consignées par Flavius Josèphe dans sa chronique les "antiquités juives" (18.3.3 et 20.9.1), sont avérées aujourd'hui comme des rajouts apportés par les copistes des premiers siècles pour faire plus vrai. Les seuls premiers documents dans l’ordre chronologique qui parlent de Jésus sont les épîtres attribuées à Paul et les Évangiles (canoniques et apocryphes) mais ils ne sont en rien des documents dignes de foi sur le plan historique. On peut considérer malgré tout que ces textes d'auteurs différents sont suffisamment concordants pour rendre crédible l'existence d'un personnage nommé Jésus qui dispensa son enseignement en Palestine. En tout cas, le véritable "inventeur" du christianisme, celui qui a le plus fait pour répandre l'enseignement de Jésus mais surtout pour l'adapter au monde gréco-romain du pourtour de la méditerranée, c'est Saul de Tarse c'est à dire Saint Paul. Sans lui, cette secte juive de Palestine n'existerait sans doute plus depuis longtemps.
A propos de Pascal souvent cité comme garant des vérités religieuses :
Je pense que Pascal n'est pas le bon
exemple à citer en matière de convictions religieuses. Elles sont de celles
dont un catholique devrait se garder. Janséniste de la première heure, il
affirme que l'Homme ne peut être sauvé que par la grâce accordée par Dieu, et
que ses bonnes œuvres et sa bonne volonté ne concourent en rien au
salut, gratuit et «arbitraire». Un comble pour un catholique qui doit gagner
son salut par ses bonnes œuvres. Pascal se situe ainsi, sur la question de la
prédestination, entre le calvinisme et le pélagianisme, deux doctrines
gravement hérétiques.
En outre, et bien qu'inclus dans ses écrits apologétiques sur le
christianisme, il a été amené à considérer, en exprimant son cynique pari,
que tout compte fait il nous était plus "profitable" de croire.
Mort et résurrection voilà la grande question qui est posée avec la célébration
de la fête de Pâques. La plus belle peut-être des fêtes chrétiennes en tout
cas la plus parlante. Mais pourquoi vouloir la considérer au premier degré,
seulement sur son aspect "visible". Pourquoi chez certains croyants
en qui le doute s'insinue parfois, le fait de démontrer qu'elle n'a pas
existé peut mettre tout le reste par terre ? (c'est en tout cas se
qu'affirmait Saint Paul)
C'est la faiblesse des religions, et en particulier de la religion
catholique, de verrouiller sa doctrine par des vérités indiscutables, les
dogmes. Ca marche quelques siècles et puis l'homme évolue et se pose des
questions. Il aurait été préférable de conserver les deux aspects qui
coexistaient aux origines de la chrétienté : l'aspect exotérique accessible
au plus grand nombre et l'aspect ésotérique accessible à un très petit
nombre de fidèles curieux et éclairés. Ces deux aspects de l'enseignement
sont représentés dans la statuaire des cathédrales par un livre ouvert (la
connaissance exotérique) et un livre fermé et parfois cadenassé (la
connaissance ésotérique). C'est dans la symbolique ésotérique que réside la
vraie substance du christianisme qui permettait aux hommes de progresser. Si
les pratiquants n'ont pas, ou plus, accès à cette dimension symbolique, c'est
que la transmission de la tradition ne s'est pas effectuée dans de bonnes
conditions et qu'elle a perdu tout contenu de sens.
A propos des miracles et du suaire de Turin
Si les miracles ne posent pas de problème aux
croyants, à moi ils en posent. Croire est simple et lumineux, être dans le
scepticisme et le doute est très inconfortable.
Je n'explique pas les miracles, je ne les nie pas non plus, je les constate
sans les comprendre mais sans pour autant leur attribuer l'effet d'une
manifestation divine. Peut-être un jour les comprendrons-nous. Aujourd'hui,
ils sont encore du domaine du paranormal.
Quant au Suaire de Turin, il est incontestable (selon moi) que ce
n'est pas un faux, qu'il s'agit bien d'un drap de lin (un linceul ?) ayant
servi à recouvrir un corps supplicié. De là à affirmer qu'il s'agit du corps
du Christ, il y a un énorme pas à franchir qui est de l'ordre de la croyance
et je ne le franchirai pas. Sa datation est très controversée et le Vatican
aujourd'hui ne le considère plus que comme un objet de curiosité et non comme
une relique.
Si, par extraordinaire, on faisait de nouveaux tests de datation plus
performants et incontestables et que ces tests confirmaient que cette pièce
de drap représentant l'empreinte d'un corps supplicié par crucifixion est
bien de l'époque du Christ alors il resterait à démontrer qu'il s'agit bien
du Christ sachant la banalité de ce genre de mise à mort dans l'empire
romain.