Le Judaïsme
Le
judaïsme est une forme de vie religieuse dont la caractéristique essentielle est
la croyance à un Être suprême, auteur de l’univers qu’il gouverne par sa
providence ; cet Être est censé communiquer avec l’humanité par sa parole
révélée, dont les destinataires privilégiés appartiennent, de naissance ou
par adhésion volontaire, à un groupe particulier, objet de «l’élection
divine»: «la nation d’Israël» ou «nation juive». Cette religion qu’est
le judaïsme, rattachée par des liens complexes à la Palestine, est une
réalité actuelle dont les gestes et les aspirations portent certes l’empreinte
réelle des composantes d’une conjoncture historique contemporaine, mais ne
peuvent se comprendre en profondeur qu’à la lumière d’une longue histoire
couvrant plus de trois millénaires
Le judaïsme se distingue des autres religions
révélées par le fait qu’il place au centre de la révélation la Torah ,
la « Loi ». La Torah ne cesse de parler du «Dieu unique», maître de
l’histoire et créateur des cieux et de la terre, et cependant proche de
toutes créatures qui l’invoquent en vérité. La Torah (et déjà, en son noyau
originel, le Décalogue) se présente comme un code, un impératif; elle est un
ensemble de commandements qui culminent dans l’appel à la sainteté, règle de
l’éthique personnelle, dans l’obligation de la justice, dans la requête de
l’amour de Dieu et de l’amour du prochain. Son message ne répond point
d’abord à la préoccupation du salut personnel, mais à la conscience d’une
élection collective au service du reste des humains, à l’intérieur d’une
histoire où l’homme se fait le partenaire de Dieu dans le cadre de l’Alliance
: «Et maintenant si vous écoutez ma voix et si vous préservez mon
Alliance, vous serez pour moi un peuple élu parmi tous les peuples, car toute
la terre m’appartient. Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une
nation sainte»
La
Morale - Règles de vie - Le Talmud
Le
Talmud est le recueil
de droit civil et religieux juif, qui comporte des commentaires sur la Torah.
Le Talmud est composé d'une codification des lois, appelée Mishna et d'un commentaire de la Mishna, appelé Gemara
Les
éléments du Talmud qui concernent les décisions des rabbins sur des questions
de droit controversées constituent le Midrash Halakha ;
les
légendes, anecdotes et paroles du Talmud utilisées pour illustrer la loi traditionnelle
constituent le Midrash Haggadah.
Les rabbins tirent de l’Écriture des règles qui,
régissant toute l’existence du juif, visent à le faire vivre, ici et
maintenant, dès ce monde-ci, dans le « royaume des cieux ». Ils proclament
avec force que les paroles des scribes sont plus chères que les paroles de la
Torah elle-même, voulant signifier par là que c’est l’interprétation vivante
qui vivifie la lettre. On sait mieux aujourd’hui que, pour les besoins d’une
propagande, pharisiens et rabbins ont été atrocement calomniés. Pendant des
siècles et jusqu’à l’époque actuelle encore, on a stigmatisé dans certains
milieux leur « formalisme », leur « juridisme », leur « légalisme », et nul
n’ignore le sens que le mot « pharisien » a pris dans les langues
occidentales. Mais l’intention profonde des rabbins a été de prendre
totalement au sérieux la parole du Dieu vivant, laquelle ne peut être,
suivant leur expression, « comparable au creux bavardage » d’êtres humains,
et de considérer que rien dans l’Écriture, non plus que dans le comportement
humain, n’est insignifiant. La notion de «détail futile» leur était
totalement étrangère. Vivre intensément la Torah, seul lien entre Israël et
son Dieu, manifestation de son amour, cause finale de la création du monde
qui, sans elle, n’aurait aucun sens, était leur plus profonde préoccupation.
Ils aspiraient à sanctifier la vie de l’homme, depuis son lever jusqu’à son
coucher, voire durant son sommeil, et de sa naissance jusqu’à sa mort; ils
cherchaient également à tirer de la prédication prophétique des lois
destinées à créer la société la plus juste possible.
(Les 6 ordres du Talmud - Poids et mesures de la littérature
talmudique - 100 mots clés du Talmud )
L’histoire de la Bible, quand on prend cette
expression dans le sens de « Bible dans l’histoire », c’est l’histoire
de sa constitution, puis surtout celle de son rapport complexe avec les
groupes diversifiés de ceux qui l’ont transmise et de ses lecteurs, cette
histoire se poursuivant jusqu’à nos jours. Il s’agit, autrement dit, de
l’histoire sociale des usages et interprétations de la Bible, du point de vue
des lieux et des faits, des agents et des moyens, des objets et même des
concepts. Cela revient donc à envisager la Bible dans sa fonction historique
et sociale, comme cause et effet à la fois, au sein de la cohérence globale
d’un large système de production. Et à l’envisager ainsi depuis les origines
jusqu’à l’époque contemporaine, dans le judaïsme et le christianisme, mais
aussi partout où l’on repère une Bible comme présente et active, ou
simplement produite. L’approche de l’histoire biblique ainsi définie peut se
faire selon trois dimensions : culturelle, politique et sociale
Vers 1760 avant notre ère, un petit clan conduit par
Abraham quitte Sumer et vient s’installer en Canaan, entre le Jourdain et le
littoral méditerranéen. En 135 après J.-C., à l’issue d’une guerre sans merci
contre l’Empire romain, l’État juif antique disparaît. L’histoire des Hébreux
est celle d’une existence politique qui s’étend entre ces deux dates, sur une
période de deux millénaires, dans les limites de la Terre sainte.
À la différence du mot hébreu galout « exil
», qui se rattache à la nostalgie des origines, à la théologie du retour, aux
thèses sionistes, le terme grec diaspora renvoie objectivement
au phénomène historique de la dispersion des juifs à travers le monde. On
s’accorde le plus souvent à distinguer deux phases dans la Diaspora : la
première répond à une volonté d’essaimage des communautés, la seconde obéit à
la nécessité de fuir les persécutions qui, du Moyen Âge à l’avènement du
national-socialisme en Allemagne, ont cruellement frappé les juifs
L’évolution parallèle, dans le judaïsme et dans le
christianisme, de la terminologie relative aux Écrits sacrés révèle à la fois
une homologie frappante et des différences profondes dans la pratique
scripturaire des deux religions.
Le terme de «judéo-christianisme » désigne des
réalités d’une extension plus ou moins grande. On peut le réserver à l’Église
de Jérusalem, composée de chrétiens de la circoncision et gouvernée par les
parents de Jésus. Une seconde acception désigne par judéo-chrétiens des
chrétiens fidèles aux observances juives : sabbat, circoncision, culte du
Temple. Ce judéo-christianisme est demeuré vivace jusque vers 140. Mais très
tôt, le maintien des observances juives a été considéré comme incompatible
avec la foi chrétienne, même en milieu sémitique. En fait, ce
judéo-christianisme observant persista longtemps dans des petits groupes,
mais fut très vite marginal par rapport à l’Église. Reste une dernière
perspective qui consiste à appeler judéo-christianisme un christianisme dont
les structures théologiques, liturgiques, ascétiques sont empruntées au
milieu juif à l’intérieur duquel est apparu le christianisme. Ce
judéo-christianisme se rencontre principalement, mais non exclusivement, dans
le christianisme oriental de langue araméenne (Syrie, Mésopotamie,
Transjordanie, Arabie).
La mystique, c’est un type de religion qui met
l’accent sur l’intuition immédiate de la relation avec Dieu, sur la prise de
conscience directe et intime de la Présence divine. C’est la religion à
son stade le plus aiguë, le plus intense et le plus vivant. C’est la
connaissance de Dieu par l’expérience, l’union mystique avec lui.
La mystique juive, dans ses formes variées,
représente une tentative d’interpréter de façon mystique les valeurs
religieuses du judaïsme. Elle se concentre sur l’idée d’un Dieu vivant qui se
manifeste lui-même dans les actes de la Création, de la Révélation et de la
Rédemption.
Sadducéens, Pharisiens, Rabbinique, Séfarades, Askénases,
Hassidismes ... Le Judaïsme n'a rien à envier aux autres religions
monothéistes sur l'aspect des courants qui le composent.
La Kabbalah - littéralement : TRADITION , dans le
sens de Tradition ésotérique reçue - est une voie sacrée par laquelle les
doctrines les plus profondes de la mystique juive peuvent s'exprimer.
Cette Tradition rapporte que Moïse, après avoir reçu
les Tables de la Loi, préserva une partie des enseignements. Ne pouvant les
livrer au peuple , il les transmit de vive voix à ceux dont il avait éprouvé
les qualités. C'est pourquoi cette révélation ne se fait, en partie, que de
bouche à oreille, sous le couvert du secret initiatique. En partie seulement,
car il fut nécessaire d'écrire ces enseignements pour qu'ils puissent
parvenir à la postérité la plus reculée. Les doctrines ésotériques furent
dissimulées dans la Loi exotérique même, mais d'une façon codée. C'est
pourquoi on dit qu'il y a 70 niveaux d'interprétation des textes de la Torah.
En effet, de nombreuses parties de la Bible possèdent, outre leur sens
littéral, une signification plus profonde grâce à laquelle l'initié atteindra
une Communion intime avec Dieu (Deveqouth).
" La kabbale est le seul texte fondamental de
la tradition juive qui ait été initialement formulé en terre chrétienne.
C'est vers la fin du 12e siècle que Rabbi Isaac l'Aveugle, issu d'une famille
de talmudistes réputés, a pris le risque d'exprimer, de manière voilée, le
secret du rapport de l'homme à la divinité.
Ce sage vivait à Pasquières, petit village de
Provence (aujourd'hui Vauvert, dans le Gard). Son enseignement, repris dans
le « Livre de la clarté » (ainsi intitulé parce qu'il fut étudié par un
rabbin aveugle), a été le facteur déclenchant d'une tradition qui s'est
poursuivie en Espagne, où Rabbi Moïse de León composa le « Zohar » (« Livre
de la splendeur »), et dans le pourtour méridional de la Méditerranée, puis
dans tout le judaïsme, jusqu'à nos jours.
En aucun cas la pensée chrétienne n'est mentionnée
dans les textes de la kabbale, mais, subrepticement, des thèmes comme la
trinité, l'incarnation ou même la résurrection sont évoqués. (Copyright
© 1999 Le Nouvel Observateur.)"
L'appartenance à une religion n'a pas le
pas sur l'appartenance à une collectivité nationale, dont la richesse est la
diversité de ses citoyens. On ne parle pas des catholiques de France.
Pourquoi parle-t-on actuellement des juifs de France ou des musulmans de
France, comme s'ils constituaient deux entités à part dans la nation
française ? Pourquoi ne pas revenir à l'expression usuelle : Français juifs
ou Français musulmans. Il n'est pas besoin d'une loi. Il est simplement demandé
de revenir au bon usage des mots. L'expression juifs de France est d'autant
plus incorrecte que bien des Français juifs ne sont pas pratiquants, ni même
sans doute croyants. Ce qui n'exclut pas qu'ils soient attachés à leur
tradition familiale
Ce chapitre est consacré aux rapports de
la communauté juive et du pouvoir politique, et ce depuis près de deux mille
ans en France. Il montre que ces relations oscillent toujours entre
reconnaissance et rejet. De quoi éclairer, à l'aune du passé, les tensions du
présent.
En 982, la première constitution de Strasbourg
promulguait : "Chaque homme qu'ils soit étranger ou du pays sera
toujours reçu en paix." Belle devise qui s'envola, particulièrement à
partir de la première croisade...
En 1146 - Imitant Saint Bernard un moine du nom de
Rodolphe vint prêcher la croisade en Alsace et principalement à Strasbourg.
Ayant réussi à enrôler plusieurs milliers d'hommes sous sa bannière, il les
persuada que leur mission ne saurait être remplie tant que tous les juifs,
ennemis de Jésus-Christ, ne seraient pas exterminés ! Ainsi dans plusieurs
grandes villes d'Alsace et dans le reste de l'empire un grand nombre de juifs
furent brûlés.
Suivront : pogroms, bûchers, tortures, exigences de
rançon alternant avec des retours en grâce propices à la restauration de la
confiance et au retour des exactions.
Les conditions de vie des juifs étaient normales sous
les règnes des califes maures et des premiers rois de Castille et d'Aragon.
Saint Ferdinand III ayant repris Séville aux Arabes, leur donna tout un
quartier de la ville. Très solidaires entre eux, et particulièrement doués
pour les affaires financières, les juifs se virent très rapidement jalousés
pour leur réussite par les vieux chrétiens. Le climat social devait très vite
dégénérer lorsque on les accusa d'avoir introduit vers 1348 la peste
en Europe ! En Espagne, les procès ne manquèrent pas, on les accusa de toutes
sortes de crimes abominables sortis de l'imagination populaire. Vers 1390 les
Cortés prirent des mesures contre eux qui se traduisirent par de
nombreux massacres. Seuls furent épargnés ceux qui se convertirent en
demandant le baptême. On les appela des "conversos ou anciens juifs
convertis au christianisme. " Parmi ces conversos beaucoup firent
semblant d'être devenus de bons chrétiens mais continuèrent en cachette à
observer leurs lois....
En hébreu, shoah signifie catastrophe. Ce
terme est de plus en plus employé, de préférence à holocauste, pour désigner l’extermination
des juifs réalisée par le régime nazi . Il suggère un sentiment d’épouvante
religieuse devant l’anéantissement qui fondit soudain sur des millions
d’innocents. La persécution avait jusque-là accompagné l’existence du peuple
juif ; elle prit avec le IIIe Reich une forme extrême, celle d’une
entreprise d’annihilation qui devait faire disparaître à jamais un peuple de
la face de la Terre.
Dans ses grandes
lignes, l’événement est aujourd’hui l’objet d’une connaissance historique
assurée, qui s’appuie sur des sources multiples : documents d’époque,
nombreux et malgré tout lacunaires ; témoignages de survivants ;
aveux circonstanciés d’exécutants devant les tribunaux, qu’il s’agisse des
procès de Nuremberg au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, de celui
d’Adolf Eichmann à Jérusalem en 1961 ou de gardiens de camps en Allemagne
fédérale dans les années 1960 et 1970. Nous savons l’essentiel sur
l’organisation du crime, les méthodes employées, le nombre approximatif des
victimes. En raison de sa complexité et de sa monstruosité, la Shoah demeure
toutefois pour l’historien un foyer d’interrogations. Les divergences
d’évaluation sont visibles dès lors qu’il s’agit de reconstituer la genèse de
l’événement, de définir les conditions qui en ont permis la réalisation ou
d’apprécier sa place dans l’histoire. Enfin, par-delà ce qu’autorisent les
moyens de l’investigation historique, la Shoah continue de lancer un défi à
la conscience morale de l’humanité et en particulier à celle de l’Europe.
de quelques termes du Judaïsme
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