statue de Jehan de Meung

Jean Chopinel (ou Clopinel), dit Jean de Meung, est né Meung vers 1240. Il était peut-être le fils d'Ursion, vassal du château de Meung. Roturier, clerc érudit et philosophe, il continue l'oeuvre commencée par Guillaume de Lorris : Le Roman de la Rose (4000 vers), y ajoutant 18000 vers. 

Le Roman de la Rose

C'est une des oeuvres maîtresses de notre Moyen-âge. Son influence, immense, se prolonge pendant des siècles. J. Soyer a démontré, que Jean de Meung a écrit en dialecte orléanais et non francien, Le Roman de la Rose intéresse donc aussi la linguistique (d'après Gauthier). Jean de Meung a une vie facile, suivant la cour des princes. Il meurt à Paris vers 1305.

Le Roman de la Rose

C'est par une délibération du conseil municipal d'avril 1897 que la décision est prise d'ériger une statue à Jean de Meung. Par lettre en date du 22 octobre 1943, le secrétaire général des Beaux-arts (sur ordre des autorités d'occupation) fait connaître que la statue de bronze qui doit être récupérée pour la refonte sera remplacée, aux frais de l'administration des Beaux-arts, par une oeuvre originale différente de l'œuvre enlevée. Le sculpteur désigné est M. Bouret de Châtillon-sous-Bagneux. Le 10 juillet 1944, l'administration demande au conseil municipal de décider d'un emplacement pour la nouvelle statue. Le choix se porte à l'unanimité sur la place du Martroi. A la libération, la statue du Maupas est toujours là! En mai 1945, la nouvelle oeuvre étant terminée, elle doit être mise en place. En août 1945, après maintes discussions, l'emplacement au carrefour rue du Pont-Quai du Mail est choisi : emplacement proposé par le maire,  Lucien Denis.

Inauguration de la statue de Jehan de Meung

inauguration de la statue Jehan de Meung, le 5 juillet 1908

Les Princes Et Les Autres.

...../..... Les princes ne méritent pas 
Qu'un astre annoncent leur trépas 
Plutôt que la mort d'un autre homme : 
Leur corps ne vaut pas une pomme 
De plus qu'un corps de charretier, 
Qu'un corps de clerc ou d'écuyer, 
Je les fais pareillement nus, 
Forts ou faibles, gros ou menus, 
Tous égaux sans exception 
Par leur humaine condition. 
Fortune donne le restant, 
Qui ne saurait durer qu'un temps, 
Et ses biens à son plaisir donne, 
Sans faire acception de personne, 
Et tout reprend et reprendra 
Sitôt que bon lui semblera. 
Si quelqu'un, me contredisant, 
Et de sa race se targuant, 
Vient dire que le gentilhomme, 
Puisqu'ainsi le peuple les nomme, 
Est de meilleure condition 
Par son sang et son extraction 
Que ceux qui la terre cultivent 
Et du labeur de leurs mains vivent, 
Je réponds que nul n'est racé 
S'il n'est aux vertus exercé, 
Nul vilain, sauf par ses défauts 
Qui le font arrogant et sot. 
Noblesse c'est cœur bien placé, 
Car gentillesse de lignée 
N'est que gentillesse de rien 
Si un grand cœur ne s'y adjoint. 
Il faut donc imiter au mieux 
Les faits d'armes de ses aïeux 
Qui avaient conquis leur noblesse 
Par leurs hauts faits et leurs prouesses; 
Mais, quand de ce monde ils passèrent, 
Toutes leurs vertus emportèrent, 
Laissant derrière eux leur avoir : 
C'est tout ce qu'il reste à leurs hoirs; 
Rien d'autre, hors l'avoir, n'est leur, 
Ni gentillesse, ni valeur, 
A moins qu'à noblesse ils n'accèdent
 Par sens ou vertu qu'ils possèdent. ...../.....


Jean CLOPINEL dit Jean de MEUNG, (Meung sur Loire Ca 1240, † /1305); in "Le Roman De La Rose", seconde partie.