LE LEXIQUE TEMPLIER
ARMEMENT
Une lance à tête de fer, une massue plombée aux pointes saillantes, un écu triangulaire en bois recouvert de cuir pendu au cou par une courroie, orné de l'escarboucle (pierre précieuse et figure héraldique à 8 raies). Heaume, haubert (cotte de mailles) et cotte d'arme.
BANQUIERS
Voici une liste des principales opérations bancaires traitées par les Templiers: dépôts d'argent, de bijoux, d'objets précieux, de titres. Comptes courants, billets de change. Prêts et avances. Séquestres. Consignements. Paiement de rentes. Transmission d'ordre à distance (jusqu'en Orient). Les commanderies étaient des succursales.
CHEVAUX
pour les chevaliers, trois chevaux et un écuyer. Un seul pour les sergents. Les harnais, étriers et éperons devaient être en métal non précieux ou peint.
COMMANDERIES
Elles étaient de véritables
centres économiques. Le but était de fournir des fonds pour protéger
les pèlerins, puis faire la guerre en terre sainte. Si les cisterciens
accrurent leurs revenus par "accident", pour les Templiers, ce
fut voulu, car nécessaire. D'où la création de maisons fortes pour se
mettre à l'abri des pillards, et servir d'exploitations agricoles. Les
commanderies campagnardes étaient souvent édifiées sur un plan type
cour centrale avec autour : chapelle, granges, écuries, caves et
celliers.
Les commanderies urbaines servaient d'entrepôts et de comptoirs,
centres de circulation d'argent.
On dénombre environ 1 200 maisons en France, 600 commanderies. Dans
l'Aube, les possessions s'étendaient sur plus de 80 villages.
EMPIRE
Trois provinces en Terre
Sainte, huit en Occident. Plus de 10 000 établissements dans le monde.
Malgré un essor très rapide, l'ensemble était solide, car très
structuré, bien coordonné et hiérarchisé; de la maison à la
province, au chapitre général, du commandeur local au grand maître.
ÉTENDARD
Gonfanon haussant (argent
au chef de sable) noir et blanc.
Porté par le gonfanonier, enroulé autour de sa lance, ou par le
turcoplier.
HIÉRARCHIE
Le maître tenait le bâton
pastoral (soutien des faibles) et la verge (autorité punition). Il
relevait du pape et était élu. Il était assisté d'un sénéchal.
Ensuite venaient le maréchal, puis les 12 grands commandeurs. Toute une
série compliquée de personnages de haut rang drapiers, turcoples,
chapelains...
Les commandeurs de maison ou précepteurs. Les chevaliers, les écuyers
et les sergents (non nobles). Les donnés, les affiliés. Les frères
convers, membres à part entière, mais cantonnés aux affaires matérielles.
Donats et oblats. Frères de métiers (serviteurs, servientes). Frères
profès. Enfin les serfs, dont la promotion sociale était assurée:
tout serf donné devenait libre.
IDOLE
Les Templiers adoraient-ils
une "tête" ?
Ce fut une accusation du procès. Jamais personne ne l'a vue. On a parlé
de différentes représentations un chat, une truie, un masque hideux,
une tête à quatre visages, un crâne humain, le "capud" et
autres appellations: le maufé, le baphomet...
NOMBRES
Certains chiffres
symboliques et mystiques n'ont pas été choisis par hasard, le 3 :
trois voeux, trois aumônes par semaine, trois jeûnes, la trinité,
trois religions monothéistes, trois âmes de Platon, le triangle équilatéral
générateur de la coupole par son double, l'étoile à 6 branches. Le 3
multiplié par lui-même donne les 9 fondateurs de l'ordre...
Sans oublier la croix à 8 branches, un alphabet secret, et le nombre
d'or. Tous ces chiffres et leurs combinaisons sont utilisés en
architecture (cathédrale de Chartres, rotonde de Paris, kraks
orientaux, crypte de Gisors), pour coder les transactions bancaires, les
opérations alchimiques, les symboles ésotériques et astrologiques...
PROCÈS
Après avoir saisi les
biens des juifs, puis ceux des Lombards, et afin d'assainir ses finances
toujours en crise, Philippe Le Bel chargea son juge à la cour, Nogaret,
de monter une cabale contre les Templiers. Ils étaient en particulier
accusés de renier Dieu, de cracher sur la croix, d'actes obscènes, de
sodomie et de sorcellerie. II y eut 140 interrogatoires, 134 aveux. De
multiples pendaisons en prison. Rien qu'à Paris, 36 succombèrent sous
les tortures. L'abbé PETEL a particulièrement bien étudié plusieurs
témoignages, en particulier ceux de Gauthier de Payns, Jacques et
Foulques de Troyes, Nicolas de Cerres, Jean, Nicolas, Jacques et Étienne
de Sancey. Que retenir des dépositions obtenues sous la contrainte ?
Il est vrai que les cérémonies de réception étaient secrètes et
chargées de symboles à ne pas mettre entre toutes les mains. Si le
reniement du Christ était pratiqué, n'était-ce pas en souvenir de la
trahison de l'apôtre Pierre, qui ensuite reconnut sa faute et fut
pardonné ?
Était-ce pour ne pas s'attacher à une image, une représentation du
divin ?
Cette épreuve ne devait-elle pas permettre au postulant d'aller au-delà
de lui-même, en dépassant sa plus grande abjection ?
Les baisers du candidat chevalier au maître, sur le front, le larynx,
le coeur et le bas-ventre procèdent du même cérémonial symbolique.
Chaque organe est le siège d'une faculté: pensée, parole,
sentiment...
D'autres liens, avec le cosmos, la nature, peuvent s'y greffer...
Les Templiers étaient surtout coupables d'être une puissance autonome,
tant financière que spirituelle.
Et le rapprochement avec les Sarrasins, la participation aux célébrations
de rites musulmans, la sépulture proposée aux excommuniés; furent des
motifs beaucoup plus importants qui provoquèrent la réaction du
pouvoir royal et épiscopal.
RÈGLE
La règle latine comportait
72 articles portant sur les devoirs religieux et les règlements
journaliers.
Par exemple : la chasse est défendue sauf celle du lion. Souliers sans
pointes, ni lacets. Une écuelle pour deux. Manger en silence. Enterré
en habit monastique et non en tenue de combat, à même la terre, sur le
dos : le retour à la terre.
Vivre chastement, ne rien posséder. Pain, eau, peine et labeur.
Tous les jours trois pauvres doivent être nourris par les commandeurs
de maison...
Une autre règle, plus secrète, existait-elle ?
La discipline était très forte, la sanction pouvait aller du retrait
temporaire de l'habit, à l'exclusion et à la perte de la maison.
REVENUS
Droits de toutes sortes,
sur les églises, les marchés, les foires, les terres, les maisons, les
prébendes, les dîmes...
Dons de domaines entiers. Production des commanderies...
SCEAU
On en connaît une
vingtaine de différents, ainsi l'Agnus Dei pour les maîtres en
Angleterre.
Le plus célèbre est celui qui est sur les pages du site. Il a donné
lieu à de nombreuses interprétations, de la plus simple (pauvreté,
donc 1 cheval pour deux, 1 écuelle pour deux) à la plus cruelle,
accusation d'homosexualité. Je penche pour l'humilité: 2 orgueilleux
ne chevauchent pas sur la même selle. On peut y voir aussi un
rapprochement avec la double condition, religieuse et militaire, humaine
et divine, le bien et le mal, ange gardien ou diable...
TRÉSOR
Avertis de la rafle, les
Templiers disséminèrent leurs biens précieux dans différents lieux.
Quelques petites découvertes fortuites sont possibles. Mais où est
caché l'essentiel, et de quelle nature est-il constitué ?
Le soir du 12 octobre 1307, 12 templiers quittèrent le Temple de Paris,
avec 3 voitures couvertes de paille pour une destination inconnue. On a
parlé de bateaux vers l'Angleterre...
Le lendemain les coffres étaient vides de documents, d'objets précieux
et de monnaies. Connaissant les talents de ces constructeurs de cathédrales
et foreurs de souterrains, ces trésors sont réservés à de courageux
initiés. Les détecteurs de métaux ne seront jamais suffisants. L'Égypte
a gardé longtemps ses secrets. Pour le Temple, le jour n'est sans doute
pas venu, la nuit est encore bien épaisse sur le trésor spirituel de
L'ordre.
Extrait du recueil "Sur les traces des Templiers" de Jean-Claude Czmara. (Association Hugues de Payns)