Bibliographie
Mysticisme
Le christianisme sans Jésus, Guy Fau
La fable de Christ, Luigi Cascioli
La passion des astres au XVIIe siècle, De l'astrologie à l'astronomie, Micheline Grenet
Le paranormal, Henri Broch
Au cœur de l'extraordinaire, Henri Broch
Le christianisme sans Jésus, Guy Fau, 1995, édité par l'auteur (merci à Christian Guilleminot)
L'auteur exerce un regard critique très salutaire sur les origines du christianisme. Il y est montré d'abord que nombreuses sont les caractéristiques du christianisme qui étaient déjà présentes dans d'autres cultes: la cène et la naissance du sauveur le 25 décembre déjà noté dans le culte de Mithra; la résurrection, expérimentée précédemment par Osiris, Adonis, Attis et Mithra; la naissance du sauveur de l'union d'un dieu et d'une mortelle à la façon des demi-dieux grecs; la guérison des malades comme Sérapis et Asclépios; le baptême, aussi administré dans le culte d'Isis et celui de Mithra et enfin la communion et l'eucharistie, pratiquées dans le culte de Mithra. Guy Fau développe ensuite sa théorie selon laquelle le christianisme serait une prolongation de l'essénisme dont le culte est connu par les manuscrits de Qumrân. L'agent transmetteur aurait été Paul qui, par ses nombreux voyages, a pu être en contact avec des Esséniens à Damas et, influencé par leur culte, propager une nouvelle religion, d'Israël à Rome en passant par la Grèce. Enfin, le personnage de Jésus lui-même souffre de multiples contradictions et incohérences dans les évangiles. L'auteur les résout par la simple idée qu'à ce personnage mythique aurait été attribué un aspect "humain" bien après l'époque de sa supposée existence. L'humanisation d'une divinité présentait le grand avantage de proposer un dieu plus proche des hommes, une religion plus concrète que ce que proposait la concurrence.
Dans un travail d'étude de la Bible très important, Luigi Cascioli offre au lecteur les innombrables contradictions, idioties et absurdités dont la Bible abonde. Il retrace les pérégrinations des juifs au Moyen Orient au cours des siècles qui ont précédé leur établissement en Palestine et la conquête par les troupes romaines. La Bible est démystifiée avec facilité: les innombrables légendes qui ont fait sa popularité ne sont en fait que des plagiats de mythes plus anciens rencontrés en Egypte, en Assyrie, à Babylone, en Iran, en Grèce. Rien de neuf dans le judaïsme et le christianisme qui ne sont que des religions d'imposteurs. Le personnage de Jésus Christ est lui-même une invention de l'Eglise pour mieux asseoir le mythe et l'auteur propose là une thèse personnelle. Luigi Cascioli termine son livre par une double accusation de l'Eglise catholique pour abus de la crédulité populaire et substitution de personne puisque la figure de JC a été, selon lui, construite sur le modèle d'un contemporain.
Le XVIIème siècle a constitué l'époque charnière où la pratique de l'astrologie fut délaissée par l'élite instruite et récupérée par des individus plus soucieux des bénéfices qui pouvaient en être retirés. Le début du XVIIème siècle ne connaissait pas une distinction nette entre astrologie et astronomie, c'est avec l'importance croissante de l'héliocentrisme que l'inanité de l'astrologie s'est peu à peu répandue parmi la classe pensante de la société française, aidée par divers scandales. Cependant le peuple n'a pas suivi cette évolution des mentalités et a conservé ses vieux réflexes mystiques, on le voit encore aujourd'hui.
Henri Broch, chercheur en biophysique théorique, démonte pièce par pièce quelques arnaques et escroqueries orchestrées par divers parapsychologues et médiums. Des statues mayas aux allures de cosmonautes au projet Alpha qui prit les voyants à leur propre jeu en passant par la supercherie du suaire de Turin, l'auteur dévoile quels en sont les responsables ainsi que leurs méthodes d'exploitation de la crédulité humaine.
Après Le Paranormal, Henri Broch opère dans ce voyage au coeur de l'extraordinaire une destruction en règle de quelques gourous, astrologues et autres parapsychologues dont la seule évidence est que la croyance au paranormal rapporte beaucoup d'argent. C'est d'abord l'astrologie qui cède sous l'analyse sceptique. Les médecines dites "alternatives" ne résistent pas mieux à l'oeil scientifique de l'auteur et acupuncture et homéopathie sont reléguées au rang (très rémunérateur) des pratiques non prouvées. Et la parapsychologie suit le même chemin en n'apparaissant que comme une liste de mensonges et de trucages orchestrés par d'habiles escrocs. Mais c'est dans la dernière partie que sont examinés et démystifiés de nombreux "miracles". Notant avec perspicacité que beaucoup de saints n'ont pu accéder à ce grade que par l'attribution d'une intervention divine à ce qui n'était que de l'illusionnisme, l'auteur démonte la supercherie habile de l'Église catholique qui n'a pu asseoir son pouvoir qu'en abusant le peuple crédule. Une icône qui pleure, l'image de l'hypothétique JC apparaissant sur divers supports (mur, linge), les "visions", la marche sur les eaux, le sang de Saint Janvier, tous ces faits ne sont que tromperie. L'auteur s'interroge en conclusion sur la passivité de l'État qui laisse se développer sur son sol les activités de ces nombreux charlatans.
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