Saint Barthélemy?, La Raison, janvier 1997, n° 417
Le pape a décidé de revenir en France, à l'occasion des "XIIèmes Journées mondiales de la jeunesse catholique", les 23 et 24 août 1997. La grande messe papiste du 24 août coïncidera avec le 425 ème anniversaire de la saint Barthélemy, qui vit plus de 3000 protestants massacrés, à Paris, par les séides de Catherine de Médicis la très catholique pour qui fut inventé le terme "fille aînée de l'Eglise".
Poussant le cynisme et l'hypocrisie jusqu'au bout, l'épiscopat catholique indique dans son dossier de presse que ces "Journées mondiales" ont pour objet "d'humaniser la mondialisation" et de s'interroger pieusement sur les questions suivantes: "Quelle est la place du spirituel dans nos sociétés? Comment favoriser l'oecuménisme et le dialogue interreligieux? Comment concevoir aujourd'hui une laïcité ouverte?" et accueillir l'étranger, car "Tu aimeras l'étranger comme toi-même".
Choisir la date de la saint Barthélemy pour réfléchir sur ces thèmes est une provocation délibérée qui signifie que l'Eglise catholique n'entend en rien renier son passé criminel et totalitaire, mais, tout au contraire, continuer sur la voie tracée par des siècles d'oppression et d'obscurantisme.
Pour elle, le "spirituel" est toujours sonnant et trébuchant. Ainsi l'épiscopat indique-t-il: "Des démarches en vue de bâtir des opérations de partenariat, sponsoring et mécénat sont entamées. Le rassemblement de centaines de milliers de jeunes pourra permettre aux entreprises de faire connaître leur savoir-faire; le Festival de la jeunesse sera l'occasion d'associer au projet des institutions, les collectivités territoriales et plus largement l'ensemble des acteurs culturels".
En clair, il s'agit pour le Vatican de poursuivre ce qui a été fait lors de la visite papale de 1996: violer, une nouvelle fois, la loi de séparation des Eglises et de l'Etat de 1905, afin de percevoir indûment des fonds publics, au mépris de la laïcité.
Comme l'Eglise entend rassembler près d'un million de jeunes, venus du monde entier, elle a demandé la réquisition des écoles publiques pour les héberger, là aussi au mépris des lois laïques scolaires, dites de Jules Ferry.
C'est pourquoi la Libre Pensée a écrit au président de la République pour demander à le rencontrer, afin de connaître le détail des aides publiques au rassemblement papiste. La présidence de la République vient de nous répondre par un refus.
Nous appelons tous les libres penseurs à signer et à faire signer massivement la lettre ouverte à Jacques Chirac pour exiger qu'il nous reçoive au plus vite. C'est une question élémentaire de démocratie. A nouveau, il s'agit de mobiliser largement les partisans de la séparation des Eglises et de l'Etat pour exiger le respect de la laïcité.
Sous l'égide de l'Union mondiale des libres penseurs,
se tiendra le 24 août 1997, à Paris, un grand meeting
international avec des libres penseurs et des laïques du monde
entier
Contre le cléricalisme, tous ensemble, mobilisons-nous!
Christian EYSCHEN
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