La loi islamique au Nigeria et

les affrontements entre chrétiens et musulmans



1999:
La loi islamique, la charia, est adoptée pour la première fois dans un état du Nigeria, l'état de Zamfara, dans le nord du pays.

Février 2000:
D'autres états du nord du pays décident l'adoption de la charia. Les affrontements qui en résultent entre chrétiens et musulmans font un millier de morts. Devant l'ampleur du massacre, trois états renoncent à son application quelques jours après. Mais des chrétiens s'exilent et quittent peu à peu le nord pour échapper au diktat d'Allah.

Septembre 2000:
Une jeune femme de 18 ans, Bariya Ibrahim Magazu, est condamnée par le tribunal de l'état de Zamfara à 180 coups de fouet pour avoir eu des relations sexuelles hors mariage et faux témoignage. Bien qu'elle ait produit 7 témoins pour pouvoir accuser de viol trois amis de son père, les preuves n'ont pas été reconnues suffisantes et elle fut de plus accusée de mensonge. Le nombre de 7 témoins n'est pas le fait du hasard: le Coran impose que, lors d'un procès, une femme ait deux fois plus de témoins qu'un homme pour que sa défense soit prise en compte. 1 homme = 2 femmes, l'arithmétique musulmane. Etant enceinte, l'application de la sentence est reportée à 40 jours après l'accouchement qui a eu lieu le 4 décembre 2000. La jeune fille est en danger de mort, elle pourrait ne pas survivre à ces coups de fouet.

Octobre 2000:
Des affrontements entre les ethnies Haoussas (musulmans) et Yoroubas (chrétiens) font une centaine de morts. Le nombre total de victimes s'élève à 2000 depuis l'instauration de la loi islamique dans le premier état du nord.

Novembre 2000:
L'interdiction de la vente d'alcool, pour obéir à l'islam, dans un village du centre du pays conduit à des affrontements entre musulmans et non-musulmans. Bilan: au moins 7 morts, commerces pillés et marché incendié.

Décembre 2000:
Le gouvernement canadien et des organisations de défense des droits de l'homme protestent contre la sanction infligée à Bariya Ibrahim Magazu auprès du président nigérian Olusegun Obasanjo, un chrétien.

Janvier 2001:
Il apparaît que la jeune fille serait en fait plus jeune que l'âge qui lui a été attribué, peut-être 13 ou 14 ans. La sentence pourrait alors se retourner contre les trois agresseurs. Elle a reçu 100 coups de fouet fin janvier.
Dans la ville de Kano, le 3 janvier, 80 coups de fouet ont été infligés à deux hommes ayant consommé de l'alcool. Une attraction qui a attiré des centaines de badauds... Qu'il s'agisse de couper la main d'un voleur de vache ou d'interdire la mixité dans les transports, la charia est omniprésente. Et les femmes, musulmanes ou non, sont bien évidemment conseillées de s'habiller "décemment". Neuf états du Nigeria, qui en comporte 36, appliquent la barbarie de l'islam. Dans le même temps, le président nigérian effectue un voyage en Iran où seules les vraies questions seront abordées: le pétrole, dont le Nigeria est aussi un gros producteur...

Septembre 2001:
De nouveaux affrontements ont opposé chrétiens et musulmans et ont causé la mort de 500 personnes en une semaine, notamment dans la ville de Jos. On compte aussi plus de 1000 blessés et des milliers de personnes ont dû fuir la ville par crainte de nouveaux massacres. Des centaines de chrétiens avaient trouvé refuge dans la ville de Jos après les affrontements antérieurs dans les états du Nigéria soumis à la charia. Cette fois l'origine des violences provient d'une altercation entre une chrétienne et des musulmans à propos du droit de passage devant une mosquée. Dans cette région, l'Etat du Plateau, essentiellement peuplée de chrétiens, les musulmans sont considérés comme des colons. Le Nigéria souffre de violences interreligieuses et ethniques depuis 1960, date de son accession à l'indépendance.

Janvier 2002:
Une nigériane de 35 ans, Safiya Husseini Tungar-Tudu, a été condamnée à mort pour adultère le 9 octobre 2001 par un tribunal islamique de l'Etat de Sokoto situé dans le nord du pays. La sentence devra être pratiquée de la façon la plus sauvage: la jeune femme devra être enterrée jusqu'au cou puis bombardée de pierres jusqu'à ce que mort s'ensuive!
La "justice" islamique reproche à Safiya Husseini Tungar-Tudu, mère de six enfants, d'avoir donné naissance à une fille alors qu'elle était déjà divorcée. Les relations sexuelles sont interdites par l'islam entre personnes non mariées. La barbarie de la charia ne prévoit pas moins que la mort pour punition. La lapidation aurait dû être exécutée le 13 janvier 2002 mais l'appel déposé par la jeune femme l'a suspendu dans l'attente de l'organisation d'un nouveau procès qui aura lieu le 18 mars. Une pétition est disponible sur le site d'Afrik.com pour demander la grâce de Safiya Husseini Tungar-Tudu.
Pourtant, une autre jeune nigérianne, Hafsatu Abubakar, âgée de 18 ans a été acquittée le 23 janvier 2002 pour une accusation similaire d'adultère par un autre tribunal du même état. Il faut espérer que ce jugement fera jurisprudence pour Safiya Husseini Tungar-Tudu et la sauver d'une condamnation inhumaine.

Mars 2002:
Safiya Husseini a échappé à la mort à laquelle l'islam la destinait. Le tribunal a décidé de son acquittement du fait d'un vice de forme et l'ensemble de ses accusations disparaît. Le verdict était annoncé pour le 18 mars 2002 mais a été repoussé au 25 mars. Cette victoire est aussi celle de l'immense mobilisation de la communauté internationale horrifiée par la sauvagerie de la charia. 600000 signatures avaient été réunies par Amnesty International. Par ailleurs, le 18 mars 2002, le président du Nigéria avait déclaré inconstitutionnelle l'application de la charia dans les états du nord du pays. Le droit a donc eu raison de la justice religieuse.
Mais la charia reste un danger permanent pour les femmes nigérianes: une autre femme Amina Lawal Kurami a été condamnée à mort le 22 mars 2002 pour une affaire exactement similaire à celle de Safiya Husseini.

Août 2002:
L'histoire se répète désespérément! Une jeune femme a été de nouveau condamnée le 19 août 2002 par un tribunal islamique en application de la charia. Son crime? Avoir donné naissance à un enfant hors mariage, assimilé à l'adultère. La sentence? Condamnation à mort par lapidation! Les temps obscurs sont encore loin de se dissiper dans un monde musulman toujours sous l'emprise de pratiques sauvages. La jeune femme, Amina Lawal Kurami, âgée de 30 ans, est mère de trois enfants. Le fait qui lui est reproché par le tribunal de Funtuna, à 300 km d'Abuja, est d'avoir donné naissance à une fille, Wasila, dix-huit mois après son second divorce. Pourtant, la communauté internationale s'était mobilisée de façon impressionnante et avec succès lors de la condamnation de Safiya Husseini dans une affaire similaire. Celle-ci avait été acquittée en mars 2002. 

Novembre 2002:
L'islam s'enfonce un peu plus dans la bêtise et la barbarie. Le Nigéria s'était vu confier l'organisation du concours 2002 de l'élection de Miss Monde. Une cérémonie certes stupide qui contribue à assigner les femmes dans le statut de la femme objet, celle qui doit être belle et nue pour plaire. Mais l'islam est un rude concurrent en matière d'abrutissement des masses. Les musulmans ont été choqués par cette manifestation "blasphématoire" qui de surcroît devait avoir lieu pendant le ramadan. Leur colère a pris prétexte d'un article paru dans la presse locale pour s'exprimer avec des méthodes dramatiquement habituelle. Le 16 novembre 2002, le journal This Day a commenté les réactions scandalisées des musulmans par les termes suivants: "Les musulmans pensent que c'est immoral de faire venir 92 femmes au Nigeria pour se complaire dans la vanité. Qu'en aurait pensé Mahomet? En toute honnêteté, il aurait sans doute choisi une femme parmi elles." Les fous d'Allah n'ont pas apprécié que Mahomet ait été associé à ce défilé ce qu'on comprend mal car le fondateur de l'islam a eu près d'une vingtaine de femmes et a même été coupable de pédophilie avec l'une de ses épouses âgée de 9 ans. Des massacres en ont été la conséquence inévitable le 21 novembre. Les musulmans ont attaqué des églises et des commerces de chrétiens qui ont répliqué par l'attaque de mosquées. Après trois jours d'émeutes on comptait environ deux cents morts à Kaduna, dans un état du nord du pays soumis à la charia. Le 22 novembre les affrontements se sont propagés à Abuja, la capitale fédérale, avec des incendies de voitures. L'auteur de l'article, une femme, a été contrainte de démissionner. L'élection devait avoir lieu le 7 décembre 2002 mais elle a été annulée pour être déplacée à Londres, à la même date.