Condamné à mort pour blasphème

IL FAUT SAUVER L'UNIVERSITAIRE

YOUNUS SHAIKH AU PAKISTAN

 


Le professeur pakistanais Younus Shaikh a été condamné à mort le 18 août 2001 pour blasphème par un tribunal d'Islamabad. Il avait une semaine pour faire appel ce qui fut fait, en son nom, par sa sœur le 21 août 2001. Cet appel a été accepté par la Haute Court de Lahore (Rationalist International n°75).

Son crime?

Avoir affirmé que Mahomet n'était pas musulman avant la révélation de l'islam et que ses parents ne l'avaient jamais été car décédés avant que l'islam apparaisse! La plainte avait été déposée par des étudiants de son université en octobre 2000.



Le médecin Younus Shaikh, responsable de l'association de défense des droits humains au Pakistan Enlightenment, a été arrêté le 4 octobre 2000 pour blasphème. Il a été présenté le 19 octobre 2000 au tribunal sans pouvoir faire appel à un avocat. Le délit de blasphème peut conduire à la peine de mort au Pakistan. Pour plus de détails lire, en anglais, les textes complets de Rationalist International n°52 et n°54, ainsi que, en français, son acte d'accusation et le point de la situation au 5 décembre 2000.

Agé de 46 ans, il est pourtant musulman et enseigne au Capital Homeopathic College à Islamabad. Un article du London Times a rapporté que "D'après des étudiants et des enseignants de l'établissement Dr. Shaikh est un musulman pieux qui prie régulièrement et a une très bonne connaissance du Coran. Dans une déclaration récente il a déclaré depuis la cellule de sa prison qu'il était un homme profondément religieux et qu'il ne pouvait même pas imaginer un instant blasphémer contre le Prophète Mahomet et que ses remarques avait été prises hors du contexte".

Le délit de blasphème au Pakistan. Voir aussi la législation sur le blasphème au Pakistan.




L'arrestation de Younus Shaikh

Une lettre de Younus Shaikh


L'universitaire a pu écrire en novembre 2001 une lettre à l'Union Humaniste et Ethique Internationale. On y apprend que l'accusation est en fait un coup monté pour faire taire ses critiques sur le soutien du Pakistan à la guérilla musulmane au Cachemire.

Comment agir ?

Nous sommes tous les accusés de la justice religieuse pakistanaise car nous savons tous les bénéfices à retirer de la liberté de pensée. Le fondamentalisme religieux ne se satisfait pas d'assassiner la liberté d'expression, c'est la faculté de penser par soi même que visent toutes les idéologies dogmatiques.

Des manifestations de soutien ont eu lieu à Jallandhar, en Inde dans le Penjab, le 22 août 2001 avec l'organisation d'un colloque par le Comité de Défense des Droits Humains, et à Birmingham en Angleterre le même jour devant le Consulat du Pakistan. Une lettre y a été remise au consul.

Sanal Edamaruku, président de Rationalist International, et le responsable du Comité de Défense du Dr. Shaikh ont engagé des négociations avec des diplomates de New Delhi en Inde pour tenter de trouver un pays d'accueil pour Younus Shaikh dans l'éventualité de sa libération.

Le 19 septembre, la présidente d'American Atheists Ellen Johnson a rencontré Masood Kahn, diplomate de l'ambassade de la République Islamique du Pakistan à Washington. L'entretien d'une heure a été qualifié d'"extrêmement cordial, extrêmement franc". Ellen Johnson a informé Masood Kahn que beaucoup d'américains se sentaient très affligés par le sort de Younus Shaikh. Elle a insisté sur les déclarations récentes du général Musharraf, soutenant la lutte contre le terrorisme suite aux attentats du 11 septembre 2001 aux Etats Unis d'Amérique, en exprimant que la libération de Shaikh serait un très bon signal de cette coopération. Masood Kahn a assuré que l'universitaire n'était pas en danger en rappelant qu'aucun condamné à mort pour blasphème n'avait jamais été exécuté au Pakistan, ce qui semble confirmé par Amnesty International. S'ensuivirent aussi diverses promesses sur un jugement équitable et public, le temps de la procédure qui sera long, etc... des écrans de fumée sur une situation locale plus confuse et inacceptable. Le diplomate pakistanais a en outre révélé qu'Ellen Johnson était la première athée qu'il avait jamais rencontrée.

Une manifestation a eu lieu le 22 septembre devant l'ambassade du Pakistan à Washington. Une pétition a été remise à l'ambassadeur demandant la libération de Younus Shaikh et d'autres personnes accusés de blasphème au Pakistan.

Le Bangladesh, issu d'une partition du Pakistan au début des années 70, se mobilise lui aussi pour Younus Shaikh. Un appel a été lancé à Shaikh Hasina, Premier ministre, et au ministre des Affaires Etrangères demandant (1) d'user de toute leur influence possible auprès du général Musharraf pour concourrir à sa libération, (2) d'informer le gouvernement pakistanais du fort sentiment d'affliction du peuple et du gouvernement du Bangladesh et (3) à l'ambassadeur du Bangladesh à Islamabad d'être présent comme observateur au procès. L'appel a été signé par de nombreux intellectuels, scientifiques, enseignants, artistes. Une manifestation était prévue le 24 septembre à Dakha devant l'ambassade du Pakistan.



L'alerte diffusée le 21 août 2001 par messagerie électronique et sur les newsgroups fr.soc.religion et fr.soc.politique.


Actualisé le 19 février 2002