glossaire de l'Évolution : M à S

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Macro-évolution 

 ce terme vague est généralement utilisé pour désigner l'évolution à grande échelle ou sur de longues périodes. Il n'existe pas de définition scientifique précise de ce terme, qui est souvent utilisé pour désigner l'émergence ou la modification des taxa au niveau du genre ou au dessus. L'origine ou rayonnement adaptatif d'un taxon supérieur comme les vertébrés peut être qualifié d'événement macroévolutif.

Macro-mutation 

 mutation d'un effet phénotypique important produisant un phénotype très à l'écart des variations observées auparavant dans la population. 

Malthus, Thomas 

 économiste et démographe britannique surtout connu pour son traité sur la croissance démographique, qui pose pour hypothèse que la croissance démographique menace en permanence l'approvisionnement en nourriture à moins que la reproduction ne soit étroitement contrôlée. Cette théorie s'oppose à celles défendues par les utopistes du 18ème siècle.

Mayr, Ernst 

 les travaux de Mayr ont contribué à faire la synthèse entre les travaux de Mendel sur la génétique et ceux de Darwin sur l'évolution et le développement du concept de l'espèce biologique. Mayr est reconnu dans le monde entier comme l'un des plus grands biologistes de l'évolutionnisme du 20ème siècle.

Meme 

 terme inventé par Richard Dawkins et désignant une unité de culture, comme par exemple une idée, un talent, une histoire ou une habitude transmis d'une personne à une autre par imitation ou apprentissage. Certains théoriciens prétendant que les Memes sont l'équivalent culturel des gènes, et qu'ils se reproduisent, subissent des mutations, sont sélectionnés et évoluent de la même façon. 

Mendel, Gregor 

 moine autrichien qui commença à faire des expériences sur la reproduction des plantes en 1856. Il découvrit le fonctionnement des mécanismes de l'hérédité, qui sont les fondements de la génétique moderne. Ses travaux ne furent pas reconnus de son vivant, et ne furent redécouverts qu'en 1900. Voir hérédité mendélienne.

Métabolisme 

 processus chimiques se déroulant dans un organisme vivant et permettant d'y maintenir la vie. Il existe deux types de métabolisme ; l'anabolisme, qui est la synthèse des protéines, hydrates de carbone et graisses qui forment les tissus et stockent l'énergie, et le catabolisme, qui consiste à dégrader des substances complexes, produisant ainsi de l'énergie et des déchets.

Métamorphose 

 un ou plusieurs changements intervenant pendant la durée de vie d'un organisme tel qu'un amphibie ou un insecte, le sujet jeune différant du sujet adulte. On peut citer comme exemple le têtard qui se transforme en grenouille lorsqu'il est adulte. Le terme "métamorphose incomplète" s'applique aux insectes tels que les sauterelles dont les jeunes passent par plusieurs stades larvaires, chaque stade présentant des similitudes avec l'âge adulte. La métamorphose des insectes et des amphibiens est gouvernée par les hormones, et entraîne fréquemment une destruction massive de tissus larvaires par les enzymes.

Microévolution 

 changements évolutifs à échelle réduite, comme par exemple les changements de fréquence des gènes dans une population.

Mimétisme 

 on parle de mimétisme lorsqu'une espèce ressemble plus ou moins à une autre espèce. Voir mimétisme batésien et mimétisme de Müller.

Morphologie 

 étude de la forme et de la structure des organismes.

Mutation 

 changement du matériel génétique résultant d'une erreur de reproduction de l'ADN. Les mutations peuvent avoir des effets positifs, négatifs ou neutres.

Mutation neutre 

 mutation présentant les mêmes aptitudes que l'allèle ou les allèles du même locus.

Néo-darwinisme 

 (1) Théorie de la sélection naturelle de Darwin combinée à l'hérédité mendélienne. (2) Ensemble des théories de l'évolution inspirées par l'unification de la théorie de la sélection naturelle et des théories de Mendel. Synonyme de synthèse moderne.

Notion de changement progressif de Lyell 

 également connue sous le nom d'uniformité, cette notion inventée par Lyell reposait sur le postulat que la terre a été façonnée par les mêmes forces et les mêmes processus que ceux qui sont encore aujourd'hui à l'œuvre, et qui agissent en permanence pendant des périodes très longues. Ainsi, l'érosion continue des eaux coulant dans une rivière pourrait engendrer le Grand Canyon après une période suffisamment longue.

Noyau

 zone de cellules eukaryotiques entourée d'une membrane et contenant l'ADN.

Ordre

 niveau de classification taxonomique entre la classe et la famille. Ainsi, il existe dans la classe des mammifères plusieurs ordres parmi lesquels les mangeurs de viande (carnivores) qui constituent l'ordre des Carnivora, ou encore les mangeurs d'insectes (insectivores), regroupés dans l'ordre des Insectivora. Les ordres sont divisés en familles ; l'ordre des Carnivora comprend entre autres les familles des Felidae (félins), des Canidae (canidés), et des Ursidés (ours). Voir également taxon.

Orthogenèse

 théorie erronée selon laquelle les espèces ont tendance à évoluer dans une direction donnée car une force naturelle les force à agir ainsi.

Owen, Richard

 spécialiste de l'anatomie comparée du 19ème siècle, qui inventa le mot "dinosaure" pour décrire une race éteinte de gros reptiles. Il fut le premier à postuler que les dinosaures étaient un groupe taxonomique distinct. Owen réfutait la théorie de l'évolution de Darwin, mais en fin de compte, ses travaux corroborèrent les arguments en faveur de la théorie de l'évolution.

Paléoanthropologue

 scientifique qui se sert des témoignages fossiles pour étudier les premiers ancêtres de l'homme.

Paléobiologie

 étude biologique des fossiles.

Paléontologie

 étude scientifique des fossiles.

Paléontologue

 scientifique qui étudie les fossiles afin de mieux comprendre la vie dans la préhistoire.

Panmixie

 accouplement au hasard dans une population ; schéma d'accouplement dans lequel la probabilité d'accouplement avec un autre individu présentant un génotype particulier (ou phénotype) est égale à la fréquence de ce génotype (ou phénotype) dans la population.

Parcimonie

 principe de reconstruction phylogénétique qui consiste à inférer que la phylogénie d'un groupe d'espèces est la structure impliquant le moins de changements évolutifs.

Patrimoine génétique

 tous les gènes présents dans une population à un moment déterminé.

Paysage adaptatif

 représentation des aptitudes physiques et mentales moyennes d'une population par rapport à la fréquence de ses génotypes. Les pics correspondent aux fréquences de génotypes pour lesquels on relève des aptitudes physiques et mentales élevées, les creux les fréquences de génotypes pour lesquelles les aptitudes physiques et mentales moyennes sont médiocres. On emploie également le terme de surface d'aptitudes physiques et mentales.

Phénotype

 caractéristiques physiques et fonctionnelles d'un organisme produites par l'interaction du génotype et de son environnement pendant la croissance et le développement.

Phénotype sauvage

 génotype ou phénotype appartenant à un ensemble de génotypes ou phénotypes d'une espèce et rencontré dans la nature. Cette expression est surtout employée en génétique biologique pour distinguer les formes mutantes rares d'une espèce des individus normaux.

Phylogénie

 étude des relations ancestrales entre espèces, que l'on illustre souvent par une arborescence appelée autrement "l'arbre de vie", aussi connu sous le nom d'arbre phylogénétique.

Phylum (pluriel phyla)

 l'un des niveaux les plus élevés de la classification taxonomique. Voir taxon.

Plan naturel

 théorie philosophique selon laquelle la nature est organisée selon un plan. Cette théorie idéaliste a influencé la classification.

Polymorphisme

 état dans lequel une population possède plus qu'un allèle dans un locus. Le polymorphisme est parfois défini comme étant l'état où la fréquence d'occurrence de plus d'un allèle est supérieure à cinq pour cent dans la population.

Pont intercontinental

 liaison entre deux blocs continentaux et plus particulièrement entre continents (par exemple la passerelle de Béring qui relie l'Alaska à la Sibérie par le détroit de Béring) et qui permet la migration de plantes et d'animaux d'un bloc continental à l'autre. Avant que la théorie de la dérive des continents soit universellement reconnue, l'existence d'anciens "ponts intercontinentaux" était un argument souvent invoqué pour expliquer les similitudes de la faune et de la flore de continents très éloignés les uns des autres. A une échelle plus réduite, ce terme peut s'appliquer aux liaisons terrestres aujourd'hui disparues suite à des mouvements des plaques tectoniques ou à une modification du niveau des eaux (par exemple le nord de la France et le sud-est de l'Angleterre).

Population

 groupe d'organismes, généralement d'organismes sexués qui s'accouplent et partagent un patrimoine génétique.

Pressions sélectives

 contraintes inhérentes à un environnement, comme la rareté de la nourriture ou les températures extrêmes. Seuls quelques organismes survivent, dotés de caractéristiques leur permettent de résister à ces contraintes.

Principe de Hardy-Weinberg

 en génétique démographique, ce concept postule que si une population n'a connu ni sélection, ni mutation, ni migration, ni dérive génétique et qu'il y a eu panmixie, la fréquence de chaque allèle et les fréquences de génotype dans la population ne varieront pas d'une génération à l'autre.

Ratio Hardy-Weinberg

 ratio de fréquence du génotype qui évolue en cas de panmixie et en l'absence de sélection et de dérive. Pour deux allèles (A et a) avec des fréquences p et q, il existe trois génotypes ; AA, Aa, et aa. Le ratio Hardy-Weinberg pour les trois est ; 2pqaa ; q2aa. C'est le point de départ d'une grande partie de la théorie de la génétique démographique.

Rayonnement adaptatif

 diversification au fil de l'évolution d'une espèce, d'un groupe ou d'un groupe d'espèces en plusieurs espèces ou sous-espèces différentes montrant des caractéristiques typiques d'adaptation à différentes niches écologiques (par exemple les fringillidés de Darwin). Ce terme peut aussi s'appliquer à des groupes d'organismes plus importants comme dans le "rayonnement adaptatif des mammifères".

Récessif  létal

 situation dans laquelle deux allèles récessifs d'un gêne provoquent la mort de l'organisme.

Recombinaison

 événement se produisant lors de l'entre-croisement de chromosomes pendant la méiose, au cours duquel l'ADN est échangé entre une paire de chromosomes d'une paire. Ainsi, deux gènes qui n'étaient pas liés, car se trouvant sur des chromosomes différents, peuvent se retrouver liés grâce à la recombinaison. Des gênes liés peuvent également se délier.

Règle de Cope

 augmentation évolutive de la taille du corps au cours d'une ère géologique dans une lignée de populations.

Règne

 deuxième niveau le plus élevé de classification taxonomique des organismes (en-dessous des domaines). La classification au niveau des règnes a changé au fil du temps. Les données moléculaires récentes ont plutôt tendance à renforcer l'importance des règnes animal, végétal et des champignons pour l'évolution. On sait aujourd'hui que les eucaryotes unicellulaires du règne protiste sont très divers, et qu'ils n'ont pas de liens étroits les uns avec les autres. On considère de nos jours que les organismes prokaryotiques du règne monère appartiennent à des domaines séparés ; eubactéries et archaea. Voir taxon.

Renforcement

 augmentation de l'isolement reproductif entre les espèces naissantes par la sélection naturelle. La sélection naturelle ne peut que provoquer une augmentation de l'isolement prézygote; le renforcement est donc une sélection entre formes d'espèces incipientes qui favorise l'accouplement assorti.

Reproduction asexuée

 type de reproduction avec un seul parent qui produit généralement des descendants génétiquement identiques. La reproduction asexuée se fait sans fécondation ni recombinaison génétique, et peut s'opérer par bourgeonnement, par division d'une cellule unique ou par division d'un organisme entier en deux ou plusieurs nouveaux individus.

Roches sédimentaires

 roches composées de sédiments habituellement disposés en couches. Les sédiments se composent de particules provenant de roches préexistantes érodées, mais contiennent fréquemment des matériaux d'origine inconnue. Ceux-ci sont transportés et déposés par le vent, les eaux ou les eaux glaciaires. Les roches sédimentaires se trouvent la plupart du temps sous l'eau et sont habituellement structurées en couches plus ou moins horizontales (couches ou lits). Les roches sédimentaires clastiques se forment à partir de l'érosion et des dépôts de roches préexistantes, et sont classées en fonction de la taille des particules. Les roches sédimentaires organiques, parmi lesquelles le calcaire et le charbon, sont constituées de restes de plantes et d'animaux. Les roches sédimentaires formées chimiquement sont créées par des processus chimiques naturels et comprennent les minerais de fer sédimentaires. Un grand nombre de roches sédimentaires contiennent des fossiles.

Science de la création

 ensemble de nombreuses théories différentes et non scientifiques qui réfutent l'évolutionnisme. La science de la création s'efforce de démontrer que la complexité des êtres vivants ne peut s'expliquer que par l'action d'un "créateur intelligent".

Sélection

 synonyme de sélection naturelle.

Sélection artificielle

 processus par lequel les humains élèvent des animaux et cultivent des plantes pour donner aux générations futures les caractéristiques spécifiques recherchées. Dans la sélection artificielle, les éleveurs sélectionnent les variantes les plus souhaitables d'une plante ou d'une population animale, et les croisent de façon sélective avec d'autres individus recherchés. Les formes de la plupart des espèces domestiquées et agricoles ont été produites par sélection artificielle; cette technique expérimentale joue aussi un rôle dans l'étude de l'évolution.

Sélection de groupe

 sélection se produisant entre groupes d'individus plutôt qu'entre individus. Elle tend à produire des attributs qui profitent à un groupe en compétition avec d'autres groupes plutôt que des attributs profitant aux individus.

Sélection directionnelle

 sélection provoquant un changement directionnel conséquent dans la forme d'une population au fil du temps (par exemple une sélection privilégiant les corps plus grands).

Sélection en fonction de la fréquence

 sélection dans laquelle l'aptitude d'un génotype (ou d'un phénotype) est fonction de sa fréquence dans la population.

Sélection naturelle

 différences de survie et de reproduction de classes d'organismes dont les caractéristiques transmissibles varient plus ou moins. Il résulte de ce processus que la fréquence des formes d'organismes les mieux adaptées à leur environnement local dans une population augmente proportionnellement plus que les formes moins bien adaptées. Ce processus s'étale sur plusieurs générations. Cette différence en matière de survie et de reproduction n'est pas le fait du hasard.

Sélection perturbatrice

 sélection privilégiant des formes qui dévient dans un sens de la moyenne de la population. La sélection favorise les formes plus grandes ou plus petites que le moyenne, et défavorise les formes moyennes entre les extrêmes.

Sélection sexuelle

 sélection sur la base du comportement d'accouplement, soit par une compétition entre membres d'un sexe (généralement les mâles) dont la finalité est d'avoir accès aux membres de l'autre sexe, soit par un choix opéré par les membres d'un sexe (généralement les femelles) parmi les membres de l'autre sexe. Dans la sélection sexuelle, les individus présentant de meilleures aptitudes sont favorisés par rapport aux membres du même sexe. En revanche, la sélection naturelle privilégie l'aptitude d'un génotype par rapport à l'ensemble de la population.

Sélection stabilisante

 forme de sélection qui tend à maintenir constante la forme d'une population. Les individus qui présentent des valeurs moyennes pour un caractère donné sont les plus aptes, tandis que ceux présentant des valeurs extrêmes sont les moins aptes.

Sélectionnisme

 théorie selon laquelle certains événements de l'évolution tels que les changements moléculaires ou phénotypiques résultent surtout de la sélection naturelle.

Séquence de base d'ADN

 chaîne d'unités de désoxyribonucléotides répétés (adénine, guanine, cytosice, thymine) organisés selon un schéma particulier.

Spéciation

 changements se produisant dans des organismes apparentés et les différenciant au point où on les considère comme des espèces distinctes. Ce phénomène se produit lorsque les populations d'une espèce sont séparées et s'adaptent à leur nouvel environnement ou aux nouvelles conditions (physiologiques, géographiques ou comportementales).

Spéciation allopatrique

 spéciation qui se produit lorsque deux populations ou plus d'une espèce sont suffisamment isolées l'une de l'autre géographiquement pour ne pas se croiser.

Spéciation isolée périphérique

 forme de spéciation allopatrique dans laquelle la nouvelle espèce est formée à partir d'une petite population isolée à la périphérie du champ géographique de la population ancêtre. Synonyme de spéciation péripatrique.

Spéciation parapatrique

 spéciation dans laquelle les nouvelles espèces forment une population voisine du champ géographique de l'espèce ancestrale.

Spéciation sympatrique

 spéciation par des populations vivant dans des espaces géographiques qui se recoupent.

Stratégies adaptatives

 adaptation aux conditions inhérentes à l'environnement ou à la compétition à l'échelle de l'évolution. Les espèces s'adaptent lorsque les générations successives privilégient les caractéristiques favorables.

Structures analogues

 structures observées chez différentes espèces qui se ressemblent ou qui remplissent des fonctions similaires (par exemple les ailes des papillons et les ailes des oiseaux), dont l'évolution a été convergente mais qui ne se sont pas développées à partir de groupes similaires de tissus embryologiques, et qui n'ont pas évolué à partir de structures similaires partagées par des ancêtres communs. S'oppose à structures homologues. Note ; la découverte récente d'homologies génétiques marquées a suscité un regain d'intérêt, a apporté de nouvelles informations et provoqué une discussion sur les concepts classiques des structures analogues et homologues.

Structures homologues

 structures communes à un ensemble d'espèces apparentées parce qu'héritées, avec ou sans modification, de leur ancêtre commun. Par exemple, les os d'une aile de chauve-souris sont similaires aux os d'un bras d'homme.

Substitution

 au fil de l'évolution, remplacement d'un allèle par un autre dans une population.

Sympatrie

 fait d'habiter dans la même région géographique. S'oppose à allopatrie.

Synthèse moderne

 synthèse de la sélection naturelle et de l'hérédité mendélienne. Elle est également désignée sous le terme de néo-darwinisme.