Mort de
Marco Polo
Le 8 janvier 1324, quand meurt Marco Polo à 70 ans, le
marchand vénitien s'est déjà acquis en Europe une immense célébrité en raison de ses
récits de voyage à la cour de l'empereur de Chine.
Quelques précurseurs l'ont précédé sans atteindre à sa notoriété, comme Jean du
Plan de Carpin qui parcourut l'Asie Centrale du 16 avril 1245 au 9 juin 1247 et Guillaume
de Rubruk qui en fit autant du 7 mai 1253 au 6 juin 1255.
Fait prisonnier le 7 septembre 1298 par les Gênois à la bataille navale de la baie de
Curzola, Marco Polo est mené à Gênes avec 7.000 prisonniers. Il est enfermé pour de
longues années dans la prison de la Malpaga (ainsi nommée parce qu'elle était
auparavant réservée aux mauvais payeurs!).
Il dicte alors ses souvenirs à son compagnon de cellule, un certain Rustichello de Pise,
qui en a de suite perçu l'intérêt littéraire.
Le compte rendu est publié en français sous le titre «Le livre des Merveilles du
Monde» (1298). Mêlant le merveilleux et l'inhabituel, il fait rêver les Européens
du Moyen Âge et vaut à son auteur le surnom de Messer Millione en raison de ses
exagérations (certains spécialistes contemporains doutent d'ailleurs que Marco Polo soit
jamais allé jusqu'en Chine!).
Une merveilleuse aventure

Marco a 15 ans lorsque son père Niccolo et son oncle
Matteo reviennent d'un long voyage aux confins de la Chine.
Les deux marchands ont pu traverser la Russie méridionale et l’Asie continentale
dans une relative sécurité, toutes ces contrées ayant été conquises et unifiées
quelques décennies plus tôt par Gengis Khan et ses terribles guerriers mongols.
L'empire chinois obéit lui-même à un petit-fils du conquérant mongol, Kubilai Khan.
Celui-ci charge les deux marchands vénitiens de lui ramener des missionnaires chrétiens.
A peine revenus dans leur patrie, les frères Polo repartent donc pour la Chine avec un
message du pape. Ils emmènent avec eux le jeune Marco. Quant aux missionnaires
dominicains, ils n'auront pas le courage de dépasser la Méditerranée.
Kubilai Khan reçoit les trois voyageurs avec les honneurs. Marco Polo devient un familier
de l'empereur et obtient même le gouvernement d'une ville.
Il effectue maints voyages qui lui permettent d'apprécier les richesses de
l'Extrême-Orient et l'art de gouverner des Mongols. Ses souvenirs font état d'un monde
merveilleux où abondent les pierreries, les épices et les soieries mais aussi les belles
dames, les palais rutilants et les bêtes monstrueuses.
Marco Polo dévoile des informations sur des contrées inconnues des Européens de son
temps, comme Cipango (dont nous vient le mot... Japon). Il découvre aussi les
pâtes de blé dur qui seront adoptées avec ferveur par ses compatriotes.
Les Polo quittent enfin l'empereur avec quantité de cadeaux et se rendent en bateau à
Ormuz, sur la côte perse. Ils regagnent Venise en 1295, après une absence de 24 ans.
Il faudra attendre plus d'un siècle avant que d'autres voyageurs ne se lancent sur les
traces des Vénitiens. Mais ces nouveaux aventuriers, comme Vasco de Gama et Christophe Colomb, préféreront la voie maritime à la voie
terrestre.
C'est qu’entre-temps, l'irruption des Turcs et la chute
de l'empire byzantin auront rendu très difficile aux chrétiens de suivre l'antique «route
de laSoie», de Constantinople à Pékin via l'actuel Turkestan.