3 mai 1324

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Naissance des Jeux Floraux

 Les grandes heures de Toulouse:

Brève histoire de la cité

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03/05/1324: naissance des Jeux Floraux

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Pierre de Fermat, un mathématicien de génie

09/03/1762: condamnation de Calas
 

Près d'un siècle après les tourments de la Croisade des Albigeois, Toulouse a retrouvé son antique prospérité et sa joie de vivre.

C'est ainsi que le 3 mai 1324, de riches bourgeois organisent une joute poétique entre troubadours, trouvères et ménestrels de tous pays.

Pour donner corps à leur initiative, ils promettent une violette d'or au gagnant de la joute et donnent à leur groupe le nom de «compagnie du gai savoir». Dans cet intitulé perce déjà l'esprit de Rabelais.

Troubadours et poésie

Les troubadours sont à l'origine de la poésie profane en Occident. Leur nom vient du bas latin trobar, qui signifie trouver ou... composer des vers ou de la musique. Le mot a donné trouvère en langue d'oïl, le français du nord.

En général d'extraction noble ou bourgeoise, ces poètes itinérants originaires pour la plupart d'Aquitaine ou de Provence ont inventé l'«amour courtois», fait de tendresse et de passion.
Le duc d'Aquitaine Guillaume XI en fut l'un des plus illustres représentants et sa petite-fille, Aliénor, ne manqua jamais de leur témoigner son soutien.
 

Ainsi naît le premier cénacle poétique d'Europe, sinon du monde.

Les capitouls, bourgeois qui gouvernent la ville au nom du comte, ajoutent un souci d'argent et une églantine d'or aux prix qui seront décernés chaque année.

En 1515, la compagnie prend le nom de Compagnie des Jeux Floraux. Elle se place peu après sous le patronage de Clémence Isaure, une dame du siècle précédent qui aurait fait don de ses biens à la compagnie.

En 1694, signe des temps, elle renonce à la langue d'oc pour le français et se place sous la protection du roi Louis XIV. Elle prend le nom d'Académie, en référence à une Accademia romaine et sans doute aussi pour concurrencer autant que faire se peut la jeune Académie française.

Le jury des Jeux Floraux a fait la preuve de sa sagacité en récompensant d'un lys d'or le jeune Victor Hugo (19 ans). Chateaubriand a été également couronné. Et bien sûr le poète François Fabre d'Églantine qui nous a légué le calendrier révolutionnaire et «Il pleut, il pleut, bergère...» (la deuxième partie de son nom rappelle l'églantine d'argent remportée aux Jeux Floraux!).

 < L'hôtel d'Assezat (Renaissance) est le siège de l'Académie  des jeux floraux >L'Académie des Jeux Floraux est aujourd'hui hébergée dans le somptueux hôtel d'Assézat, une demeure de style Renaissance, en pierre et en brique, bâtie à la fin du XVIe siècle.

Elle poursuit dans une relative discrétion la promotion de la langue d'oc (ou occitan) depuis qu'en 1895, le poète provençal Frédéric Mistral réintroduisit cette langue en son sein.

Mise à jour le 23 février 2003