22 janvier 1879

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Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Les Zoulous humilient Sa Majesté


Le 22 janvier 1879, une armée zouloue de 20.000 hommes attaque les Anglais à Isandhlwana, au Transvaal, en Afrique australe.

 < guerrier zoulou  > Trop confiants dans leur supériorité, les Anglais ont négligé de fortifier leur campement.

En moins d'une heure, ils perdent dans l'attaque près d'un millier d'hommes (et plus d'officiers qu'à Waterloo!). Les Zoulous eux-mêmes en perdent 2.000. C'est la plus grande défaite coloniale de l'Angleterre.

Quelques années plus tôt, des diamants avaient été découverts dans la région de Kimberley, à la limite de la colonie britannique du Cap, du royaume zoulou et des petites communautés de paysans hollandais (les Boers).

Sous la pression des colons et des prospecteurs, le gouverneur du Cap, sir Bartle Frere, avait décidé de soumettre l'ensemble de la région et il avait lancé un ultimatum au roi zoulou Cetewayo.

Après le désastre d'Isandhlwana, de violents débats s'ensuivent à Londres entre l'austère William Gladstone, chef de l'opposition libérale (whig), et le Premier ministre conservateur (torie) Benjamin Disraeli, au pouvoir depuis 1874 et farouche partisan des conquêtes coloniales.

Piqué au vif, le Premier ministre envoie 10.000 hommes en Afrique australe, pour combattre les Zoulous. Après six mois de campagnes meurtrières, les Britanniques s'emparent enfin du roi Cetewayo, le 4 juillet 1879. C'est la fin des guerres zouloues... et bientôt la fin de l'Afrique indépendante.

Les dirigeants européens rivalisent de vitesse pour planter leur drapeau sur les dernières terres insoumises de la planète, malgré une opinion publique majoritairement opposée à ces expéditions coûteuses et vaines.

A l'exemple de Benjamin Disraeli, le républicain français Jules Ferry, l'empereur allemand Guillaume 1er et le roi des Belges Léopold II s'appuient sur les aventuriers et les militaires pour achever de soumettre le continent africain.  

Drame princier

Le 1er juin 1879, au cours des guerres contre les Zoulous, une patrouille anglaise est assaillie lors d'une reconnaissance à Ulinda, non loin du campement royal de Cetawayo. Les Anglais battent en retraite et abandonnent l'un des leurs, tombé de cheval. Le malheureux ne tarde pas à succomber sous le nombre. 

Le drame serait passé inaperçu s'il ne s'était agi du prince Eugène Louis-Napoléon (23 ans), fils unique de l'ex-empereur Napoléon III et ultime espoir des bonapartistes français. Il s'était engagé dans les troupes anglaises pour servir son pays d'accueil et la reine Victoria, qui lui avait donné toute son affection.  

Sources

Les gravures de cette page et les sources documentaires sont tirées de l'excellent ouvrage de Henri Wesseling: «Le partage de l'Afrique (1880-1914)», (Denoël, 1996).

 

Mise à jour le 24 février 2003