Michel-Ange
rejoint Dieu et ses anges
Le 18 février 1564, Michelangelo
Buonarroti, plus connu sous le nom de Michel-Ange, meurt à Rome
à l'âge de 89 ans.
Sculpteur, peintre, architecte, ingénieur, poète, Michel-Ange
est le plus démesuré des artistes de la Renaissance. C'est aussi
le plus païen des illustrateurs de la foi catholique.
L'énergie et la force vitale qui se dégagent de son œuvre
évoquent davantage la mythologie d'Hésiode que la compassion
évangélique.
Comment ne pas songer à Zeus devant la scène du Jugement dernier,
à la Sixtine ? Et les bustes d'esclaves à demi-ébauchés dan
le matériau, n'est-ce pas l'Homme créé à partir de la Terre
?
Que dire encore des David-Apollon, magnifiques représentations
du corps humain ?
Il n'y a guère chez Michel-Ange que la Pietà douloureuse
de Saint-Pierre de Rome qui échappe au soupçon de paganisme.
Né
à Caprese, près d'Arezzo, l'artiste s'illustre à Florence, à
la cour de Laurent de Médicis, dit le Magnifique.
Après la chute des Médicis, il se réfugie à Rome, auprès du
pape Jules II. On est au temps où triomphent l'humanisme et
l'individualisme.
Avide de somptuosité, Jules II commande à Michel-Ange un splendide
mausolée qui restera inachevé. Il lui impose aussi de décorer
le plafond de la chapelle Sixtine.
Les murs de cette chapelle vaticane ont déjà été décorés par
d'illustres prédécesseurs tels Boticelli ou Le Pérugin. Les
fresques de la voûte demanderont quatre ans de travail éreintant
(au sens propre).
En 1546, le pape Paul III confie à Michel-Ange, architecte
en chef du Vatican, le soin de reprendre la construction de
la basilique Saint-Pierre de Rome,
délaissée depuis la mort de l'architecte Bramante,
32 ans plus tôt.
Michel-Ange remanie les plans de son ancien rival et dessine
une majestueuse coupole (136,50 mètres de hauteur totale).
Jusqu'à sa mort en pleine gloire, à Rome, l'artiste toscan poursuivra
une collaboration âpre et féconde avec tous les successeurs
de Jules II.