|
Victoire de
Septime Sévère à Lyon
Le 19 février 197, deux armées romaines s'affrontent
aux abords de Lyon pour la domination de l'empire. Le vainqueur est le candidat de
l'armée du Danube, Septime Sévère.
Il défait le gouverneur de Bretagne, Clodius Albinus, et pour se venger de Lyon, qui a
soutenu son rival, il brûle la ville et massacre ses habitants chrétiens, au nombre de
18.000.
La capitale des Gaules avait été fondée en 43 avant Jésus-Christ par un lieutenant de
Jules César sous le nom de Lugdunum.
Elle avait bénéficié de privilèges spéciaux du fait de son plus illustre citoyen,
l'empereur Claude, et était devenue une cité prospère d'où partaient cinq voies vers
l'Aquitaine, l'Italie, le Rhin, Arles et l'Océan.
Sur la colline de Fourvière, un superbe musée atteste de cette histoire éminente et
donne à voir le théâtre et les vestiges antiques.
Lugdunum ne se relèvera jamais du sort que lui a fait subir Septime
Sévère, mais ses évêques, en souvenir du rôle éminent que la ville a joué dans l'introduction du christianisme en Gaule, garderont jusqu'à
nos jours le titre de primat des Gaules.
Un empire à la dérive
Le vainqueur de Lyon est un soldat inculte de 47 ans, originaire de la ville de Leptis
Magna, en Libye.
Ses hommes l'ayant désigné empereur à la mort du vieux Pertinax,
il fait égorger le sénateur Didius Julianus, qui avait acheté l'empire à la garde
prétorienne, et se débarrasse enfin de son rival Albinus.
Il devient le premier empereur sans racines italiennes. Avec lui, l'empire change de
nature. Les historiens parlent à son propos de Bas-Empire.
Septime Sévère a pour successeurs ses fils et ses cousins, ceux-là originaires de
Syrie. Les uns et les autres périssent assassinés sous les coups de leurs soldats.
Le deuxième fils de Septime Sévère, Caracalla, se signale par un édit qui octroie en
212 la citoyenneté romaine à tous les habitants libres de l'empire.
Les souverains de la dynastie des Sévères vont traiter avec la plus grande
bienveillance les provinces du sud de la Méditerranée dont ils sont originaires.
C'est ainsi que la province d'Afrique, capitale: Carthage (l'actuelle Tunisie), vit son
âge d'or.
Dans la
ville de Thysdrus (aujourd'hui El Jem, en Tunisie, entre Monastir et Sfax) est construit
à cette époque un amphithéâtre de 40.000 places comparable au Colisée de Rome.
Du fait de son isolement géographique et de sa situation dans une zone semi-désertique
à l'air sec, c'est aujourd'hui l'amphithéâtre romain le mieux conservé qui soit.
Après une «grande crise» dynastique qui durera un demi-siècle et sera
marquée par la nomination d'empereurs selon le bon vouloir des armées, il faudra
attendre les empereurs illyriens et surtout Dioclétien
pour que les institutions romaines retrouvent un semblant de santé.
|