Le coup de
Prague
Le 25 février 1948, le président de la république
tchécoslovaque, Edouard Benes, doit céder tout le pouvoir aux
communistes et à leur chef, Gottwald, après deux semaines de pression intenses des
Soviétiques.
Quelques mois plus tôt, Staline a mis son veto à l'octroi d'une aide américaine à la
Tchécoslovaquie dans le cadre du plan Marshall, isolant celle-ci de l'Occident.
De tous les pays d'Europe centrale qui ont été libérés des nazis et occupés par les
Soviétiques, la Tchécoslovaquie est le seul qui avait une tradition démocratique et un
parti communiste puissant. Celui-ci avait obtenu 38% des suffrages aux élections de 1946
et tenait une place importante au gouvernement.
Par leur «coup de Prague», les communistes de Gottwald mettent la main sur tous
les rouages du pays. Celui-ci plonge dans l'obscurantisme pour quarante ans, sauf une
brève parenthèse à l'occasion du «printemps de Prague» de 1968.
A l'Ouest, le coup de Prague est perçu comme un premier pas vers une troisième
guerre mondiale. En Allemagne, les zones d'occupation alliées évoluent chacune de leur
côté et Staline tente mais en vain d'asphyxier Berlin-Ouest par un blocus terrestre.
Le 4 avril 1949 est signé le traité de fondation de l'OTAN,
alliance militaires de toutes les démocraties occidentales. La guerre froide entre dans une phase active et durera jusqu'à
la fin des années 80.