Exécution
du duc d'Enghien
Le 21 mars 1804, le duc d'Enghien (32 ans) est fusillé
dans les fossés du château de Vincennes.
Louis Antoine Henri de Bourbon, prince de sang royal, est le
dernier rejeton de la lignée prestigieuse des Condé.
Il n'a rien tenté contre la France révolutionnaire sauf que d'émigrer dans le
grand-duché de Bade, un pays neutre.
Mais la police le soupçonne d'avoir organisé le complot du général Pichegru et de
Georges Cadoudal. Ces conspirateurs royalistes étaient venus de Londres avec l'intention
d'enlever le Premier Consul Napoléon Bonaparte.
Sans trop comprendre ce qui lui arrive, le duc d'Enghien est enlevé en pleine nuit, au
mépris du droit international, sommairement jugé et exécuté.
Son exécution est appuyée par celle de Georges Cadoudal et par l'arrestation du
général Moreau, qui n'a pas dénoncé le complot.
A la veille de se faire couronner et d'instaurer l'Empire, le Premier Consul veut de la
sorte terroriser l'opposition royaliste une bonne fois pour toutes.
Il veut aussi convaincre les anciens révolutionnaires qu'il ne restaurera jamais
l'ancienne monarchie et se portera garant des fortunes acquises à la faveur des troubles
antérieurs.
Le meurtre aboutit au résultat escompté, contrairement au jugement cynique de Talleyrand
(«Pire qu'un crime, une faute»).
Le couronnement du nouvel empereur aura lieu le 2 décembre de la même année.