Cavelier de la Salle baptise la Louisiane

Le 9 avril 1682, René-Robert Cavelier de la Salle prend possession du Mississipi au nom du roi de France, Louis XIV.

Avec toute la solennité possible, entouré de ses compagnons français et d'Indiens, l'explorateur fait face à l'embouchure du grand fleuve américain.

Cavelier de la Salle prend possession de la Louisiane (gravure)Il baptise «Louisiane», en l'honneur du roi, la très vaste région qui s'étend du golfe du Mexique aux Grands Lacs.

Né à Rouen 39 ans plus tôt, dans une famille de riches négociants, Cavelier de la Salle était entré au service du gouverneur de la Nouvelle-France, Louis de Buade, comte de Frontenac.

De Montréal, il part sur les traces de Louis Joliet et du père Marquette.

Ces deux missionnaires avaient reconnu le Mississipi, la «Grande Rivière», mais ils n'avaient pas dépassé la région des Grands Lacs.

Robert Cavelier de la Salle, plus chanceux, atteint son embouchure, sur le golfe du Mexique.

De retour en France, il offre la «Louisiane» au Roi-Soleil mais celui-ci hésite à l'occuper, craignant de trop disperser ses forces.

Il obtient de revenir en Louisiane avec quatre vaisseaux et 320 émigrants.

Malheureusement, l'expédition se trompe de route et aborde sur une côte inconnue du Texas actuel.

Après la mort de la plupart des membres de l'expédition, Cavelier de la Salle tente de rejoindre la Nouvelle-France. Il est tué par ses derniers compagnons qui ne supportent plus sa brutalité.

Louisiane mal-aimée


La Louisiane attendra la fin du XVIIe siècle pour recevoir ses premiers immigrants. Sous le règne du Régent Philippe d'Orléans, pendant la minorité de Louis XV, son développement fait l'objet d'une spéculation effrénée.

Le financier John Law collecte l'épargne des riches Français en promettant à ceux-ci une rapide richesse grâce à de mirifiques investissements de la Compagnie des Indes orientales dans la lointaine et mystérieuse Louisiane.

C'est à cette époque, en 1718, qu'est fondée La Nouvelle-Orléans. La capitale de la Louisiane est ainsi baptisée en l'honneur du Régent, le duc d'Orléans.

La faillite du système Law va ramener l'oubli sur la Louisiane.

Avec le désastreux traité de Paris de 1763, la France cède la rive occidentale du Mississipi à l'Angleterre tandis que la rive orientale doit revenir à l'Espagne.

Celle-ci, en perte de vitesse, concède aux jeunes États-Unis d'Amérique le droit d'utiliser le fleuve Mississipi ainsi que le port de La Nouvelle-Orléans.

Arrive Bonaparte. Le Premier Consul se laisse entraîner dans une tentative de reconquête de la colonie d'Haïti. Il rêve bientôt de reconstituer un vaste empire colonial français en Amérique.

C'est ainsi qu'il récupère la rive droite du Mississipi par un traité secret signé avec le roi d'Espagne Charles IV à San Ildefonso, le 1er octobre 1800.

Mais la reconquête d'Haïti tourne au désastre et Bonaparte voit se profiler la perspective d'une nouvelle guerre contre l'Angleterre. Il a besoin d'argent au plus vite.

D'un autre côté, le président américain Thomas Jefferson s'inquiète du retour de la France sur le Mississipi.

Le 3 mai 1803, Bonaparte cède définitivement aux États-Unis sa récente acquisition pour 15 millions de dollars, soit 8 cents l'hectare. 

Avec cet immense territoire à peine peuplé de 50.000 habitants d'origine européenne, non compris les Indiens, les États-Unis doublent d'un coup leur superficie.

De surcroît, ils prennent en tenaille la colonie espagnole des Florides que Madrid se résignera à son tour à leur vendre en 1819.

Entretemps, quelques centaines de Français du Canada se sont établis à l'embouchure du Mississipi pour fuir l'oppression anglaise.

Leurs descendants sont appelés «Cadiens» (en anglais Cajuns), d'après le mot Acadiens qui désigne les habitants de l'Acadie, une terre du Canada. Ces modestes pêcheurs de crevettes ou d'écrevisses établis dans les bayous (marécages du delta) sont les ultimes témoins de la présence française en Louisiane.

L'État actuel de Louisiane conserve de cette lointaine époque un Code civil en langue française (à l'exception des articles introduits après le 20 décembre 1803).

 

Mise à jour le 24 février 2003