Le Grand
Dérangement des Acadiens
Le 28 juillet 1755, le Conseil de Nouvelle-Ecosse, au Canada,
décide de déporter tous les Acadiens de la colonie britannique en Nouvelle-Angleterre,
plus au Sud.
Sa décision est motivée par la crainte que ces colons courageux d'origine française ne
prennent le parti de la France dans la guerre en préparation entre le royaume de Louis XV
et celui de Georges II.
La guerre en question, dite guerre de Sept Ans, se soldera côté français par le
désastreux traité de Paris et la perte de la dernière
colonie française au Canada, la Nouvelle-France (à part le très petit archipel de
Saint-Pierre-et-Miquelon).
Un peuple
courageux
Les Acadiens descendent des Tourangeaux qui peuplèrent la colonie française d'Acadie
avant que celle-ci ne fut cédée à l'Angleterre par le roi Louis XIV, dans le cadre des traités d'Utrecht qui mirent fin à la désastreuse guerre
de Succession d'Espagne.
La population masculine est rassemblée dans les semaines qui suivent et 46 bateaux
transportent les malheureux.
Cet exode appelé «Grand Dérangement» fera 7.000 à 8.000 victimes sur un
total de 13.000 personnes.
Une poignée de déportés du Maryland s'enfuira vers la Louisiane,...
à la veille de son transfert sous souveraineté espagnole.
Ils deviendront les «Cajuns» (une déformation du mot Acadien). On en recense
environ 800.000 aujourd'hui dont très peu parlent encore l'ancien dialecte français.
La canadienne Antonine Maillet a remis à l'honneur cette culture avec son célèbre
roman: «Pélagie-la-Charrette» (1979).