Babur Shah
bat le sultan de Delhi
Le 21 avril 1526, sur le célèbre champ de bataille de
Panipat, près de Delhi, le turc Babur Shah écrase l'armée du sultan de Delhi, Ibrahim
Lodi.
Babur (ou Baber ou Babour) est un chef de bande qui s'est emparé plus tôt du royaume de
Kaboul et arrogé le titre de roi (shah).
Il renverse le sultanat de Delhi, fondé trois siècles plus tôt par l'Afghan Mohammed de
Ghor, et va compléter sa victoire en battant les princes rajpoutes du centre de l'Inde à
Khanoua l'année suivante, le 16 mars 1527.
Il régnera alors sur l'Inde du Nord et fondera la dynastie musulmane des Moghols.
Ce nom étrange vient de ce que Babur Shah est un lointain héritier du conquérant Tamerlan, qui avait déjà remporté une victoire à Panipat
en 1398. Tamerlan se rattachait de façon quelque peu abusive au conquérant mongol Gengis
khan.
Les Moghols règneront en Inde du Nord jusqu'à la fin du XIXe siècle avant de laisser la
place à l'Empire britannique des Indes.
Leur plus illustre représentant, Akbar, sera intronisé
le 27 janvier 1556. Il laissera le souvenir d'un empereur tolérant et éclairé, chose
rare au XVIe siècle.
L'Orient et l'Occident se séparent
L'année même où Babur Shah remporte la bataille de Panipat grâce à son artillerie, un
autre conquérant d'origine turque, Soliman le Magnifique, bat le roi de Hongrie à
Mohàcs et annexe la plus grande partie du pays. Son armée est aussi bien outillée que
celle du roi chrétien.
L'Histoire universelle est alors à un tournant. Du Japon à l'Angleterre, toutes les
régions du Vieux Monde sont à peu près au même niveau de développement technologique.
Ensuite, un fossé de plus en plus profond va se creuser entre l'Occident et l'Asie du
fait de la coupure provoquée par l'empire ottoman d'Istanbul.
En évoluant vers le despotisme, celui-ci limitera les échanges terrestres entre les deux
extrémités de l'Eurasie.
Il faudra attendre la fin du XXe siècle pour que se rétablisse l'équilibre de 1500,
avec l'accès de l'Extrême-Orient et de l'Inde aux techniques les plus avancées.