Le commodore
Perry au Japon
Le 8 juillet 1853, le commodore Matthew Perry
amène à l'empereur du Japon un message d'amitié du président américain (Franklin
Pierce).
Le commodore (contre-amiral en anglais) s'inquiète auprès de l'empereur des
mauvais traitements qu'ont eu à subir des marins américains naufragés sur les îles
japonaises.
Ses quatre «bateaux noirs», qui utilisent du charbon et crachent de la fumée,
provoquent un grand émoi chez les Japonais. Ces derniers prennent conscience de leur
retard sur les «Barbares» d'Occident.

C'est que l'archipel est soumis depuis 1603 aux shoguns de la famille Tokugawa.
Ces maires du palais ont relégué l'empereur, le Taino, dans un rôle religieux
et honorifique.
Ils ont dompté les grands seigneurs féodaux, les daimyo. Ils ont aussi fermé
l'archipel aux influences étrangères, avec interdiction quasi-générale d'entrer ou de
sortir du pays.
Lors d'une seconde visite, le 13 février 1854, le commodore Perry commande sept
navires de guerre, dont quatre à vapeur.
Il se fait menaçant et exige du shogun qu'il ouvre les ports japonais aux
navires de commerce et aux baleiniers américains.
Le shogun s'incline et ses représentants signent un traité le 31 mars à
Kanagawa par lequel ils garantissent le rapatriement des éventuels naufragés mais ils
consentent aussi à ouvrir leurs ports aux navires de commerce battant pavillon américain
et offrent aux États-Unis un statut de faveur.
Dans les années suivantes, le Royaume-Uni et les principales puissances européennes
réclament et obtiennent des privilèges équivalents.
Les Japonais les plus lucides comprennent qu'ils doivent adopter rapidement les principes
et les techniques des Occidentaux s'ils ne veulent pas être colonisés comme leur voisin
chinois.
D'autres préfèrent s'en prendre directement aux Occidentaux et se laissent entraîner à
de sanglantes émeutes.
C'est le début d'un long conflit entre les réformistes et les conservateurs, ces
derniers étant conduits par le shogun. Il se termine en 1867 par la victoire des premiers et le renvoi du shogun.
Le jeune empereur Mutsuhito (25 ans) prend lui-même le pouvoir absolu pour réformer le
Japon. Il va en faire le premier pays industriel non occidental.