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Mort
tragique du roi Henri II
Le 10 juillet 1559, Henri II, fils et successeur de François 1er, meurt après dix jours
de grandes souffrances.
Ce roi de la Renaissance, qui aimait les fêtes et les tournois, avait été
blessé à l'œil par un éclat de bois en rompant des lances contre le comte Gabriel
de Montgomery.
Le tournoi avait été organisé à Paris, rue Saint-Antoine, à l'occasion de deux grands
mariages, dont celui d'Élisabeth, fille du roi de France, avec Philippe II, roi
d'Espagne.
Les meilleurs chirurgiens sont requis pour soigner le souverain. Parmi eux l'illustre Ambroise Paré et le chirurgien attitré du roi d'Espagne,
André Vésale.
Des prisonniers se voient infliger une blessure de même nature que celle du roi pour
guider les chirurgiens dans la voie du traitement. Mais cette cruauté ne suffit pas à
sauver le roi.
Au terme de douze années de règne, Henri II peut éprouver la satisfaction d'avoir mis
fin aux guerres d'Italie par le traité du Cateau-Cambrésis du 3 avril 1559.
Il a aussi repris Calais aux Anglais et occupé les Trois-Évêchés de Metz,
Toul et Verdun.
Mais sa rigidité catholique prépare à de tragiques guerres religieuses entre
catholiques et protestantes.
En mourant à 40 ans, le roi laisse trois jeunes fils qui lui succèderont à tour de
rôle et une veuve, Catherine de Médicis, qui règnera comme régente, sans compter une
maîtresse toujours aimée, la belle Diane de Poitiers, alors âgée de... 60 ans.
Diane de Poitiers, le père et le fils
Diane de Poitiers, née en 1499, devint vers 1536 la maîtresse du
Dauphin, le futur Henri II, sans cesser d'être aussi la maîtresse de son père, le roi
François 1er!
Henri, qui, dans son enfance, a connu la captivité à Madrid
et en a gardé une grande mélancolie, trouve du réconfort auprès de cette femme
supérieure et beaucoup plus âgée que lui.
Peu après la mort du roi François 1er, Diane cherche une revanche sur
la dernière maîtresse du défunt roi, Anne de Pisseleu, duchesse d'Etampes...
Elle monte une dispute scabreuse entre le beau-frère de la duchesse, un frêle
jeune homme du nom de Jarnac, et un colosse réputé, François de Vivonne, seigneur de La
Châtaigneraie.
Puis, elle convainc le roi d'autoriser un duel judiciaire entre les deux rivaux; la mort
devant désigner le coupable devant Dieu et les hommes.
N'ayant rien à perdre, le sieur de Jarnac se fait enseigner quelques bottes secrètes
d'un vieux maître italien. Arrive le jour du duel, un 10 juillet 1547.
Sur la terrasse du château de Saint-Germain-en-Laye, où s'est réunie la cour, Jarnac
frappe sans attendre son adversaire au jarret. D'où l'expression restée fameuse pour
désigner un coup par surprise: «coup de Jarnac».
Le roi, suite aux supplications du vainqueur, consent à accorder la vie sauve à La
Châtaigneraie, qui n'en meurt pas moins pendant la nuit... et les choses rentrent dans
l'ordre.
Châtelaine d'Anet, à l'ouest de Paris, et heureuse propriétaire du château de
Chenonceaux, Diane reçoit plus tard du roi le titre de duchesse de Valentinois.
Ayant arrangé le mariage du Dauphin avec Catherine de Médicis, qui donnera dix enfants
au roi, elle a soin de tenir la Florentine dans l'ombre.
Cette dernière se vengera en chassant Diane de la Cour lorsqu'elle deviendra régente du
royaume.
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