31 août 1823

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Prise du Trocadéro

A la chute de Napoléon, les Bourbons étaient revenus au pouvoir en France mais aussi en Espagne avec le roi Ferdinand VII. Comme Louis XVIII en France, ce dernier avait accordé une Constitution libérale mais il ne s'y était pas véritablement rallié.

En secret, Alphonse VII fait appel à la Sainte-Alliance des monarques européens pour chasser les députés libéraux de l'Assemblée des Cortès et restaurer son pouvoir.

Le vicomte François de Chateaubriand, qui a délaissé le métier d'écrivain pour devenir ministre des Affaires étrangères de Louis XVIII, saisit cette occasion pour offrir à l'armée française un succès facile et aux Bourbons une revanche après les humiliations de l'ère révolutionnaire.

Il vainc les réticences à faire la guerre du roi et du président du Conseil, le comte Jean-Baptiste Villèle.

C'est ainsi que les représentants de la Sainte-Alliance, réunis à Vérone, confient à la France le soin de donner une leçon aux libéraux espagnols.  
 
Le corps expéditionnaire de 80.000 hommes est placé sous le commandement du duc d'Angoulême, neveu du roi Louis XVIII. Ce dernier, qui n'a pas l'expérience de la guerre, est assisté du général Guilleminot, ancien soldat de l'Empire, ainsi que des maréchaux Oudinot et Moncey. 

Comme prévu, l'affaire est une «promenade militaire». Rien à voir avec la guerrilla contre Napoléon 1er ! Tandis que les Français approchent de Madrid, l'Assemblée des Cortès, tenue par les libéraux, transfère la famille royale à Cadix, en Andalousie. 
 
L'armée française traverse la péninsule à leur poursuite. Elle arrive à son tour devant la ville.

             < Prise du Trocadéro (image d'Epinal, cabinet des estampes) >

Le 31 août 1823, le fort du Trocadéro, qui défend le port de Cadix, est enlevé à la baïonnette, à marée basse, par les soldats qui n'ont pas hésité à se jeter à l'eau. C'est le principal fait de gloire de cette expédition.
 
Tandis que Ferdinand VII, de retour sur son trône, met en branle une brutale répression, le duc d'Angoulême se fait acclamer à Paris et se félicite que l'expédition ait «assuré au roi une bonne armée et rendu à la France la considération qu'elle devait avoir en Europe».
 
Le romantique Chateaubriand, dont la modestie n'est pas la qualité première, conclut dans ses «Mémoires d'Outre-tombe»:
«Enjamber d'un pas les Espagnes, réussir là où Bonaparte avait échoué, triompher sur ce même sol où les armes de l'homme fantastique avaient eu des revers, faire en six mois ce qu'il n'avait pu faire en sept ans, c'était un véritable prodige!»
 
Le glorieux ministre n'en sera pas moins exclu du gouvernement par Villèle, qui l'exècre, et passera dans l'opposition libérale.

 

Mise à jour le 23 février 2003