2 décembre 1823

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
L'artiste en famille, par Mme Elisabeth Vigée-Lebrun (France 1755-1842), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

La doctrine de Monroe

 < James Monroe, cinquième président des États-Unis (1817-1825) >Le 2 décembre 1823, le président James Monroe énonce la doctrine qui portera son nom et fixera pour un siècle et demi les fondements de la diplomatie américaine.

Après la guerre qui les a opposés au Royaume-Uni de 1812 à 1814, les États-Unis se sont donnés une diplomatie vigoureuse.

Le général américain Andrew Jackson intervient en Floride, une colonie espagnole livrée à l'anarchie. Les États-Unis acquièrent finalement le territoire en 1819 contre cinq millions de dollars.

A l'extrême-nord du continent, les Cosaques russes traversent le détroit de Béring et s'implantent en Alaska, menaçant de la sorte le territoire des États-Unis.

Au sud, les colonies espagnoles se soulèvent contre la métropole. Le roi d'Espagne appelle à son secours les autres souverains de la Sainte-Alliance.

C'est dans ce contexte qu'est énoncée la doctrine Monroe.

L'Amérique aux Américains

Le cinquième président des États-Unis, élu en 1816 et réélu en 1820, a été très influencé par les idées françaises dans le cadre de son ambassade à Paris, de 1794 à 1796.

Confronté au problème noir, il entérine le compromis du Missouri et prône rien moins que le retour des esclaves en Afrique.

En cette époque qui reste connue aux États-Unis comme l'«ère des bons sentiments» (era of good feelings), une société charitable met en œuvre ses préconisations et installe un premier groupe de Noirs sur la côte africaine.

Les émigrants fondent la ville de Monrovia, en l'honneur du Président, et baptisent Libéria leur nouveau pays. Ce sera le premier État indépendant d'Afrique noire.

Sous l'influence de son secrétaire d'État (le ministre des affaires étrangères), John Quincy Adams, le Président évolue vers une position neutraliste qui s'affirme avec éclat dans son message annuel au Congrès, le 2 décembre 1823.

Dans un long discours en apparence décousu, il interpelle directement les puissances européennes. Il leur déclare:

1) Les États-Unis ayant reconnu l'année précédente l'indépendance des nouvelles républiques latino-américaines, l'Amérique du nord et l'Amérique du sud ne sont  plus ouvertes à la colonisation européenne.

2) Les États-Unis regarderont toute intervention de leur part dans les affaires du continent américain comme une menace pour leur sécurité et pour la paix.

3) En contrepartie, les États-Unis n'interviendront jamais dans les affaires européennes.

La doctrine de Monroe se résume en définitive comme suit: «l'Amérique aux Américains».

Les puissances de la Sainte-Alliance se le tiennent pour dit et renoncent à leurs projets d'intervention en Amérique du sud.

L'année suivante, la Russie signe un traité avec les États-Unis par lequel elle renonce à toute revendication au sud de l'Alaska.

La doctrine de Monroe sera prise en défaut en 1961, lorsque le nouveau maître de Cuba,  Fidel Castro, prendra l'initiative d'un rapprochement avec l'Union Soviétique.

 

Mise à jour le 22 février 2003