2 septembre 1870

Voir le jour précédentavant aprèsVoir le jour suivant
Les deux soeurs à la terrasse (détail), par Pierre-Auguste Renoir (France 1841-1919)
Ce jour-là...

Napoléon III est fait prisonnier à Sedan

 
Le 2 septembre 1870, les Prussiens reçoivent la capitulation d'une armée française enfermée à Sedan, dans les Ardennes.

Ils font 83.000 prisonniers y compris l'empereur des Français. Napoléon III envoie un simple télégramme à l'impératrice Eugénie: «L'armée est vaincue et captive, moi-même suis prisonnier».

Ce désastre signe l'échec de la guerre engagée à la légère par Napoléon III six semaines plus tôt.

L'empereur est le quatrième souverain français capturé au terme d'une bataille.

Le premier fut le roi Louis IX (ou Saint Louis), capturé par les Mamelouks à la Mansourah, en Égypte, le 8 février 1250. Sa capture et sa libération contre rançon mirent fin à la septième et avant-dernière croisade. Le deuxième malchanceux fut le roi Jean II le Bon (ou le Brave), capturé par les Anglais à Poitiers le 19 septembre 1356. Le troisième fut le roi François 1er, capturé par l'empereur Charles Quint à Pavie, près de Milan, le 24 février 1525.

Une guerre mal engagée

Napoléon III a déclaré la guerre au roi de Prusse le 19 juillet 1870 d'une façon pour le moins maladroite et précipitée.

Il ne prend pas la peine de s'assurer le soutien des États rivaux de la Prusse ni de vérifier les dispositions de l'armée.

Le chancelier prussien Otto von Bismarck voit immédiatement dans cette déclaration de guerre l'occasion de faire l'unité de l'Allemagne autour de la Prusse et de son roi, Guillaume 1er de Hohenzollern.

La France n'est en mesure que de mobiliser 250.000 hommes face à la Prusse et à ses alliés allemands qui en alignent immédiatement 600.000 grâce à une organisation bien rodée et à un réseau ferroviaire très dense.

Les armées impériales sont très vite bousculées par la coalition des armées allemandes unies autour de la Prusse.

Les Français subissent plusieurs défaites non dépourvues de panache comme à Wissembourg, le 4 août 1870, et surtout à Frœschwiller-Wœrth, le 6 août.  

Ce jour-là, à deux reprises, près du village de Reichshoffen, les cuirrassiers à cheval chargent sabre au clair dans les houblonnières. Empêtrés dans les piquets et les fils, hommes et chevaux se font absurdement massacrer.

Suite à ces défaites, la première armée française se regroupe au camp de Châlons sous le commandement du maréchal de Mac-Mahon. L'empereur l'accompagne mais, malade et usé, il se garde de diriger les opérations.

L'armée manœuvre alors en vue de secourir l'armée du maréchal Bazaine assiégée à Metz. Elle est battue une nouvelle fois le 30 août à Beaumont et, faute de mieux, se replie sur la place forte de Sedan.

Le 1er septembre au matin débute la bataille décisive. Blessé, le maréchal de Mac-Mahon a laissé le commandement au général Ducrot et celui-ci au général Wimpffen, «le plus ancien dans le grade le plus élevé».

Écrasés par l'artillerie allemande, les Français sont impuissants à desserrer l'étau et le lendemain, l'empereur lui-même se résigne à la reddition. L'acte de capitulation est signé au château de Bellevue, à Sedan même.

À Lyon, Marseille et Paris, sitôt connu le désastre de Sedan, l'empereur est déchu et la République proclamée.

Le gouvernement provisoire poursuit la guerre cependant que les Prussiens se dirigent à marches forcées vers Paris. La capitale va subir un siège éprouvant jusqu'à l'armistice de janvier 1871.

De son côté, l'ex-empereur quittera sa prison de Wilhelmshösse, dans la Hesse, et rejoindra sa femme, l'ex-impératrice Eugénie, à Londres.

C'est là qu'il mourra le 9 janvier 1873, en se faisant opérer de la maladie de la pierre.

Son fils unique, le prince Eugène, sera tué en combattant les Zoulous d'Afrique du Sud au service de l'armée anglaise, en 1879. La mort tragique du Prince impérial laissera orphelin les derniers bonapartistes.

 

Mise à jour le 23 février 2003