Principales péripéties des guerres d'Italie:
14 mai 1509: Venise battue à Agnadel
13 septembre 1515: François 1er bat les Suisses à Marignan
24 février 1525: François 1er prisonnier à Pavie
14 janvier 1526: traité de Madrid
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Le 24 février
1525, François 1er est fait prisonnier en tentant d'assiéger Pavie, l'ancienne capitale
de la Lombardie, au sud de Milan. «De toutes choses ne m'est demeuré que l'honneur,
et la vie qui est sauve», écrit-il à sa mère Louise de Savoie dans la belle
langue de l'époque.
Le maréchal Jacques de La Palice meurt au cours de cette
désastreuse bataille. Ses soldats, orphelins de leur chef, chantent à son propos: «Un
quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie». A leur manière naïve, ils
veulent dire qu'il s'est battu avec la dernière énergie avant de succomber. De là vient
le mot «lapalissade» qui désigne une évidence.
Le vainqueur de la bataille de Pavie est lui-même un Français, le connétable Charles de
Bourbon. Il a servi brillamment François 1er à la bataille de Marignan, dix ans plus tôt.
Après cela, avec une armée de mercenaires, il s'est mis aux ordres de l'empereur Charles
Quint. Il a chassé les Français d'Italie l'année précédente, occasionné la mort du
chevalier Bayard et mis à sac la Provence.
Charles Quint descend des Habsbourg et du duc de Bourgogne
Charles le Téméraire. Il a hérité de l'Espagne, des États autrichiens, des Pays-Bas
et de quelques autre terres européennes sans parler des colonies espagnoles.
Depuis son élection comme empereur d'Allemagne, Charles Quint est devenu le rival du roi
de France et les deux monarques n'en finissent pas de s'affronter autour de l'Italie.
Après sa capture, François 1er est emprisonné à Madrid. Il obtient sa libération en
signant un traité calamiteux et en laissant ses deux fils
en otage. Mais sitôt libéré, il renie le traité et reprend la lutte contre Charles
Quint, n'hésitant pas à s'allier avec les protestants allemands et les Turcs.
Une bataille aux conséquences
lointaines
La défaite de Pavie inaugure une longue
inimitié des Français envers les Habsbourg et une totale incompréhension des
Autrichiens. Elle va perdurer jusqu'en 1918... et au-delà.
C'est ainsi que Voltaire et ses amis «philosophes» appuient le roi de Prusse Frédéric II contre sa rivale Marie-Thérèse de Habsbourg.
De la même façon, Napoléon III encourage l'union de l'Allemagne pour faire pièce à
l'Autriche.
Pendant la guerre de 1914-1918, Georges Clemenceau
rejette une offre de paix séparée de l'Autriche-Hongrie et, après l'armistice, il
n'a de cesse d'affaiblir l'héritage des Habsbourg... pour le plus grand profit du IIIe Reich
allemand.
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