23 septembre 1122

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Le Christ bénissant, par Duccio di Buoninsegna (Italie 1255-1318), National Gallery of Art (Washington)
Ce jour-là...

Concordat à Worms entre le pape et l'empereur

Le 23 septembre 1122, la signature à Worms d'un concordat entre le pape et l'empereur allemand met fin à la querelle des Investitures.

Un demi-siècle plus tôt, en 1075, le pape réformateur Grégoire VII avait publié 27 propositions sous l'intitulé Dictatus papae par lesquelles il tentait d'enlever aux souverains d'Occident le droit de nommer des laïcs de leur choix à des fonctions d'évêque ou d'abbé.

Ces propositions occasionnèrent un violent conflit entre le pape et l'empereur. Il se termina sur le pardon de Canossa et la victoire de l'empereur.

Avec le concordat signé à Worms, en Rhénanie, entre le pape Calixte II et l'empereur Henri V, il est enfin convenu que les évêques du Saint Empire romain (grosso modo l'Allemagne et l'Italie actuelles) ne seront plus désignés par l'empereur mais recevront une double investiture, spirituelle et laïque.

Des accords similaires avaient déjà été conclus quelques années auparavant entre le pape et les rois d'Angleterre et de France.

L'investiture de l'Église «par la crosse et l'anneau» confère désormais aux évêques l'autorité ecclésiastique. Celle de l'empereur, de type féodal, leur garantit la possession d'un fief (il est vrai qu'aucune autorité n'était concevable à cette époque sans une autonomie matérielle).

Cette affaire moyen-âgeuse paraît très éloignée de nos préoccupations. Elle eut néanmoins une certaine importance dans notre Histoire car elle rendit l'Église plus indépendante du pouvoir féodal et elle officialisa en Occident la distinction entre le domaine spirituel et le domaine temporel.

Cette distinction a joué un grand rôle dans la maturation politique des États européens. Elle ne va pas de soi... comme le savent bien les chrétiens orthodoxes et les musulmans.

 

Mise à jour le 23 février 2003