Concordat à
Worms entre le pape et l'empereur
Le 23 septembre 1122, la signature à Worms d'un concordat entre le
pape et l'empereur allemand met fin à la querelle des Investitures.
Un demi-siècle plus tôt, en 1075, le pape réformateur Grégoire
VII avait publié 27 propositions sous l'intitulé Dictatus papae par
lesquelles il tentait d'enlever aux souverains d'Occident le droit de nommer des laïcs de
leur choix à des fonctions d'évêque ou d'abbé.
Ces propositions occasionnèrent un violent conflit entre le pape et l'empereur. Il se
termina sur le pardon de Canossa et la victoire de
l'empereur.
Avec le concordat signé à Worms, en Rhénanie, entre le pape Calixte II et l'empereur
Henri V, il est enfin convenu que les évêques du Saint
Empire romain (grosso modo l'Allemagne et l'Italie actuelles) ne seront plus
désignés par l'empereur mais recevront une double investiture, spirituelle et laïque.
Des accords similaires avaient déjà été conclus quelques années auparavant entre le
pape et les rois d'Angleterre et de France.
L'investiture de l'Église «par la crosse et l'anneau» confère désormais aux
évêques l'autorité ecclésiastique. Celle de l'empereur, de type féodal, leur garantit
la possession d'un fief (il est vrai qu'aucune autorité n'était concevable à cette
époque sans une autonomie matérielle).
Cette affaire moyen-âgeuse paraît très éloignée de nos préoccupations. Elle eut
néanmoins une certaine importance dans notre Histoire car elle rendit l'Église plus
indépendante du pouvoir féodal et elle officialisa en Occident la distinction entre le
domaine spirituel et le domaine temporel.
Cette distinction a joué un grand rôle dans la maturation politique des États
européens. Elle ne va pas de soi... comme le savent bien les chrétiens orthodoxes et les
musulmans.