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Ce jour-là...Chronologie succincte de l'empire
carolingien et des débuts du Saint Empire:
Charles Martel vainc les Arabes à Poitiers le 25 octobre
732
Pépin le Bref, fils de Charles Martel, est sacré roi des
Francs le 27 juillet 754
Charles et Carloman, fils de Pépin, deviennent rois des Francs le 24 septembre 768
Le futur Charlemagne devient seul roi des Francs le 4
décembre 771
L'arrière-garde de l'armée de Charlemagne est attaquée au col de Roncevaux le 15 août 778
Charlemagne est sacré empereur à Rome le 25 décembre 800
Les petits-fils de Charlemagne jurent les serments de
Strasbourg le 14 février 842
Louis le Germanique et Charles le Chauve se partagent la Lotharingie
le 9 août 870
Eudes devient le premier roi français le 29 février 888
Conrad est élu roi d'Allemagne le 24 septembre 911
Henri 1er de Saxe roi de Germanie le 23 décembre 918
Fin de l'empire carolingien en 924, à la mort de
Bérenger de Frioul
Les Hongrois battus au Lechfeld par Otton 1er, fils de
Henri 1er, le 10 août 955
Otton le Grand est couronné empereur à Rome le 2
février 962
Otton II (973-983) succède non sans mal à son père
Otton III (983-1002) est sacré empereur à
Aix-la-Chapelle à 3 ans
Henri II, duc de Bavière, devient empereur (1002-1024)
Conrad II (1024-1039) inaugure la dynastie salienne
An Mil: naissance de l'Europe moderne
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Le
2 février 962, à Rome, le Saxon Otton est couronné empereur d'Occident par le pape Jean
XII.
Il fonde ainsi le 1er Reich allemand, selon la terminologie des historiens
postérieurs.
Otton (ou Othon) a été sacré roi de Germanie à
Aix-la-Chapelle, vingt-cinq ans plus tôt, à la suite de son père Henri 1er l'Oiseleur
(ainsi surnommé parce qu'il aimait la chasse au faucon).
Après avoir brisé les révoltes des ducs et des grands féodaux allemands, il octroie
aux abbés et aux évêques de vastes possessions foncières, s'érigeant de ce fait en
protecteur de l'église allemande.
De la royauté à l'Empire
Otton se rend en Italie et, comme Charlemagne, deux siècles plus tôt, il ceint en
951, à Pavie, près de Milan, la couronne des rois lombards.
Sa victoire sur les Hongrois au Lechfeld, près de Vienne,
en 955, met un terme à la dernière invasion barbare en Europe.
Elle lui vaut un immense prestige auprès de ses guerriers et des clercs d'Occident, qui
songent à ressusciter pour lui le titre impérial.
Justement, Otton reçoit un appel désespéré du pape Jean XII, dont les terres sont
envahies par un seigneur italien, le roi d'Italie Bérenger II de Frioul. Une bonne
occasion pour aller à Rome.
Pour protéger ses arrières, Otton fait reconnaître pour roi de Germanie le fils qu'il a
eu d'une princesse allemande, Adélaïde. Il lui succèdera sous le nom d'Otton II (tous
les futurs empereurs agiront de même avec leur fils à l'instant d'aller en Italie
chercher la couronne impériale).
C'est ainsi que l'infatigable guerrier redescend en Italie et restaure le pape dans ses
possessions.
Il peut enfin se faire couronner à Rome «Empereur et Auguste». Il a 49 ans.
Un Empire virtuel
Otton le Grand marche ainsi sur les traces de Charlemagne, qui avait choisi
Aix-la-Chapelle pour capitale, s'était fait couronner roi des Lombards et empereur
d'Occident... près de deux siècles plus tôt.
Le Saxon prétend restaurer l'empire carolingien dont le dernier titulaire, Bérenger de
Frioul, était mort quelques décennies plus tôt, en 924, dans l'indifférence
générale.
Comme son père et tous ses successeurs, il tient à s'asseoir sur le trône de pierre de
la chapelle palatine d'Aix-la-Chapelle, à la place de Charlemagne.
Mais sans infrastructures ni administration autre que l'Eglise, le nouvel empire est une
pâle copie de l'empire romain, disparu depuis près de
500 ans.
Il couvre le royaume de Germanie, ou d'Allemagne, et le royaume d'Italie, limité à la
Lombardie.
Quelques décennies plus tard, en 1032, il s'adjoint le royaume de Bourgogne. Ce dernier
est issu des partages de la Lotharingie carolingienne. Il
s'étend de la Méditerranée à la Lorraine actuelle en passant par Lyon et la Suisse
actuelle.
Après la rupture entre le pape et l'empereur qui règne à Byzance (l'actuelle Istanbul),
en 1054, l'empire d'Occident se fait appeler «Saint Empire romain» (sacrum
imperium) pour se distinguer de l'empire orthodoxe d'Orient.
Au XVe siècle, avec l'avènement de Maximilien 1er, le titre impérial tombe
définitivement dans la famille des Habsbourg.
En 1486, tandis que se développent partout en Europe les consciences nationales, on en
vient à parler du Saint Empire romain germanique ou mieux encore du «Saint
Empire romain de la nation germanique» («Heiliges Römisches Reich Deutscher
Nation» en allemand). Tout un programme...
Charles Quint, élu en 1519, est le dernier empereur à recevoir la consécration
pontificale. Après lui, l'empire se cantonne à l'Allemagne et l'empereur n'a
véritablement d'autorité que sur les États héréditaires des Habsbourg,
essentiellement l'archiduché d'Autriche et les royaumes de Bohème et de Hongrie.
Le titre impérial devient exclusivement honorifique à partir des traités de Westphalie
(1648). Il sera aboli le 12 juillet 1806 par la volonté de Napoléon 1er.
L'élection et la Diète
d'Empire
Otton le Grand et ses successeurs n'arriveront jamais à affermir leur autorité.
En l'absence de succession héréditaire, à chaque vacance du trône, le choix du
titulaire reste soumis au vote des principaux barons d'Allemagne, réunis en Assemblée
d'Empire (ou Diète).
D'une élection à l'autre, le nombre d'électeurs habilités à choisir l'empereur se
réduit au fil des siècles à sept: les archevêques de Trèves, Mayence et Cologne, le
duc de Saxe, le roi de Bohème, le margrave de Brandebourg (futur roi de Prusse) et le
comte palatin du Rhin.
Tirant parti de leur très petit nombre, ces personnages ô combien influents profitent
des élections pour marchander un renforcement de leurs privilèges et de leur autonomie.
Les empereurs, une fois élus, comptent sur leurs belles et riches possessions italiennes
pour restaurer leurs finances ébréchées par l'élection. Leur autorité en Allemagne
même ne manque pas d'en souffrir.
Le comble des marchandages est atteint pour l'élection de Charles Quint le 28 juin
1519 avec la complicité intéressée du richissime banquier Jacob Fugger.
Affaiblie par ces élections, l'Allemagne attendra 9 siècles avant de devenir un État national.
De dies
en Diète
Les clercs allemands ont pris l'habitude de
désigner la journée de l'élection impériale d'après le mot latin dies qui
désigne tout simplement le jour.
Le mot, transformé en Diète, a fini par désigner l'assemblée électorale elle-même.
Comme le mot latin dies se traduit en allemand par Tag, on a aussi
désigné l'Assemblée d'Empire du nom de Reichstag... de même qu'aujourd'hui,
l'Assemblée législative allemande s'appelle Bundestag (ou Diète de la
Fédération).
Bibliographie
Sur la naissance et les premiers pas du Saint Empire, on peut lire avec profit la très
complète étude de l'historien Francis Rapp: Le
Saint Empire romain germanique, d'Otton le Grand à Charles Quint (Tallandier, octobre 2000, 360 pages, 150 FTTC).
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