Budapest se
soulève au nom de la Liberté
Le 23 octobre 1956, les habitants de Budapest manifestent en masse contre leur
gouvernement.
Celui-ci avait fait tirer quelques jours plus tôt sur des contestataires
estudiantins.
La manifestation tourne rapidement à l'émeute et les symboles de l'État communiste sont détruits.
Cette effervescence puise son origine dans la publication du rapport
de Nikita Khrouchtchev au XXe Congrès du Parti communiste d'URSS, à Moscou, en février,
et la très sévère critique du défunt Staline.
Deux jours avant la manifestation de Budapest, les Polonais ont obtenu le retour au
pouvoir du dirigeant réformiste Gomulka.
À leur tour, les Hongrois réclament le retour à la présidence du Conseil d'Imre Nagy,
un communiste modéré qui avait été expulsé du pouvoir pour avoir dénoncé la
stalinisation et les abus du régime.
L'armée d'occupation soviétique tente mollement d'intervenir avant de se retirer de la
capitale hongroise.
L'ambassadeur d'URSS accepte le retour d'Imre Nagy à la tête de la
Hongrie.
Cet ambassadeur du nom de Youri Andropov deviendra chef du puissant KGB soviétique en
1967 et accèdera au pouvoir suprême en 1982 jusqu'à sa mort deux ans plus tard à 70
ans.
Très vite, Imre Nagy est gagné par l'euphorie du mouvement populaire. Il s'engage dans
la voie de la démocratie, forme un gouvernement de coalition et annonce le retrait de la
Hongrie du pacte de Varsovie.
Les pouvoirs publics commencent de démanteler les barbelés de la frontière avec
l'Autriche...
C'est plus que les Soviétiques n'en peuvent supporter.
Dès le 4 novembre, leurs troupes investissent Budapest et écrasent les insurgés. En
province, les combats se poursuivent pendant deux semaines.
La répression fait environ 200.000 morts tandis que 160.000 personnes se réfugient en
Europe de l'ouest. Le cardinal Mindszenty se réfugie à l'ambassade des États-Unis. Imre
Nagy a moins de chance. Il sera exécuté en juin 1958.
Malgré la violence de la répression, les Occidentaux restent l'arme au pied, empêtrés
par ailleurs dans l'affaire du canal de Suez et la guerre égypto-israélienne.
La révolution avortée de Budapest est la première déchirure dans le voile qui cache le
caractère répressif des régimes communistes. C'est aussi le début d'un processus de
désintégration qui s'achèvera une génération plus tard.
En Occident, un certain nombre de militants communistes perdent leurs illusions sur le
parti qu'ils avaient rejoint à la faveur de la lutte contre les nazis.
Le 23 octobre est aujourd'hui fête nationale en Hongrie.