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Le
26 juillet 1956, Gamal Abd el-Nasser annonce publiquement son intention de nationaliser le
canal de Suez. Il justifie sa décision par le besoin de
ressources financières pour développer son pays, l'Égypte.
Le jeune «raïs» (chef), arrivé à la tête du
pays quatre ans plus tôt, avait demandé aux Américains de l'aider à financer le
barrage d'Assouan, un projet pharaonique destiné à doubler ou tripler les surfaces
irriguées du pays et à fournir de l'énergie hydroélectrique.
Mais le gouvernement américain refuse car il ne fait pas confiance à Nasser et le
soupçonne de sympathies socialistes!
De dépit, le «raïs» décide de se procurer l’argent en
nationalisant le canal de Suez et de faire appel à des experts soviétiques pour la
construction.
Les Français et les Britanniques, qui perçoivent les droits de péage, décident de
riposter.
Les Israéliens se lancent dans le Sinai le 29 octobre et les parachutistes
franco-britanniques sautent le 5 novembre sur Port-Saïd sous le prétexte de protéger le
canal. Mais les uns et les autres doivent se retirer sous la pression des Soviétiques et
des Américains.
La politique de la canonnière telle qu'elle était pratiquée à l'époque coloniale, ne
paie plus. Profitant de l'émoi provoqué par l'affaire, les Soviétiques répriment l'insurrection hongroise sans susciter beaucoup de réactions
en Occident.
Pour Nasser, la défaite militaire prend l'allure d'un triomphe diplomatique.
Son prestige ne va dès lors cesser de croître tant dans son peuple que parmi les
déshérités du tiers monde, malgré (ou à cause) de ses échecs: faillite de l'union
politique avec la Syrie, construction aventureuse du barrage d'Assouan, deuxième défaite
face à Israël dans la guerre des Six jours...
Sous le titre de «raïs», il gouvernera le pays jusqu'à sa mort, le 28
septembre 1970.
L'anniversaire du renversement du roi Farouk 1er est fête nationale en Égypte.
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