9 novembre 1799

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Le temps des Révolutions (1688-1848)
Ce jour-là...

Bonaparte met un terme à la Révolution

Par Gabriel Vital-Durand

 
Le 9 novembre 1799 (18 Brumaire An VII, selon le calendrier républicain), le général Napoléon Bonaparte met fin au régime du Directoire par un brutal coup d'Etat. Il ouvre la voie à sa propre dictature et met fin à la Révolution proprement dite.

Le gouvernement du Directoire était désemparé par les difficultés économiques et militaires, et menacé par un retour prématuré des royalistes. Le Directeur Siyès disait à qui voulait l'entendre qu'il «cherchait une épée» capable de restaurer le régime, au besoin par la force.

Le retour d'Egypte du général Napoléon Bonaparte lui offre l'occasion qu'il cherchait.

Le 18 Brumaire, sous le prétexte d'un complot royaliste, les deux assemblées des Cinq-Cents et des Anciens sont convaincues de se transporter au château de Saint-Cloud et de confier la garde de Paris à Bonaparte. 

Trois des cinq Directeurs, Sieyès, Barras et Ducos, démissionnent. 

Le lendemain, la troupe boucle le château de Saint-Cloud. Réunis dans la salle de l'Orangerie, les élus des Cinq-Cents se refusent néanmoins à modifier la Constitution comme on le leur demande.

 < Bonaparte face aux Cinq-Cents, peinture de François Bouchot (musée de Versailles et Malmaison) >

Pris à partir par les députés et menacé d'arrestation, Napoléon Bonaparte a un moment de faiblesse.

Il est sauvé par son frère, Lucien, qui préside fort opportunément l'assemblée. Celui-ci fait valoir à la troupe que son général et les élus sont menacés d'assassinat. Il demande aux soldats de faire évacuer la salle.

Le soir, le Conseil des Anciens et quelques élus des Cinq-Cents encore présents votent une révision de la Constitution. Ils nomment un gouvernement provisoire en la personne de trois Consuls, Napoléon Bonaparte, Emmanuel Joseph Sieyès et Roger Ducos.

L'affaire est liquidée et chacun rentre à Paris. Napoléon Bonaparte fait rédiger à la hâte une nouvelle Constitution.

Le 12 décembre 1799, il reçoit chez lui les deux commissions constitutionnelles que supervise Sieyès.

Il leur soumet le texte de la nouvelle Constitution de l'an VIII que Daunou a mis au point, écrivant à ce propos: «Il faut qu'une Constitution soit courte et obscure».

Les trois Consuls (détail d'un tableau d'Auguste Couder)

Les trois Consuls Cambacérès, Bonaparte et Lebrun siégeant au Conseil d'état (détail d'un tableau d'Auguste Couder).


Conformément aux dispositions imposées par Bonaparte, le titre de Premier consul et la réalité des pouvoirs sont octroyés au vainqueur du 18 Brumaire. Il a 30 ans.

A ses côtés figurent deux nouveaux Consuls. Il s'agit de Cambacérès, un ancien conventionnel régicide, et Lebrun, un ancien député de la Constituant, aux penchants royalistes.

L'épopée napoléonienne commence. Pour le meilleur et pour le pire.

Premiers effets du coup d'Etat

La République française abordait l’année 1799 en position désespérée. Le régime du Directoire était aux abois, ses ennemis de la deuxième coalition croyaient déjà triompher, les Bourbons étaient persuadés de reprendre bientôt le pouvoir, Bonaparte était hors-jeu en Syrie. Le pape, qui s’était réfugié au Vatican par suite de l’instauration de la République Romaine, s’apprêtait à passer l’Eglise de France par pertes et profits...

Fin 1800, tout a changé. Bonaparte ayant instauré le Consulat et triomphé des Alliés au terme de deux campagnes décisives en Italie (Marengo) et en Allemagne, il prépare le Concordat et le traité de Lunéville avec l’Autriche.

La Russie a rassemblé la Ligue des Neutres contre les prétentions de l’Angleterre qui reste seule en lice. La deuxième coalition a vécu. La France compte 104 départements, contrôle l’Espagne, l’Italie, la mer Adriatique et les Iles ioniennes, la Suisse, la moitié des princes allemands et la Hollande.

Une grande partie de la classe aristocratique s’est même ralliée au régime (Chateaubriand, Montmorency, Ségur)...
 

Mise à jour le 22 février 2003